‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 562 sur 581 · De la contingence du choix · texte numérisé non relu

De la contingence du choix

Résumons cette discussion.

Lorsque deux moyens A et B sont, individuellement et indépendamment l'un de l'autre, capables de procurer une fin F, chacun d'eux contient une raison de finalité, et par suite de bonté; par conséquent il peut être compris dans l'intention quia pour terme la réalisation de la fin F. Pour chacun de ces deux moyens, celte raison d'être voulu est

(1) Cuin proportio sil inter causam ol efTectum, crit cfTeclus par accidens causa logilima causa per accidens, cflcclus per se erit causa lesiliina causa per se. (Ail). Magn., Pfiysic, lib. Il, Ir. 2, cap. xxi.)

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une raison suffisante, mais elle n'est pas une raison nécessaire. Chacun d'eux peut être voulu ou non-voulu.

A peut être voulu; cette volition est un acte positif, qui a une raison positive, à savoir, la relation positive entre A et F. — A peut être non-voulu, mais ce n'est là qu'un acte négatif, c'est-à-dire une simple négation d'acte. Pour cet acte négatif, il suffit donc dune raison négative, et cette raison n'est autre chose que la relation de B à F qui, par là même qu'elle est affirmée de B, est niée de A.

Quant à l'exclusion de B par le choix de A, elle n'a pas de raison propre, ni positive ni négative; elle se réduit à la volition de A.

Pour mieux comprendre encore cette importante considération, exposons -la sous une autre forme.

On sait que la question : Pourquoi? correspond à la cause finale et à l'intention de la volonté. Épuisons les « pourquoi » relativement aux moyens A et B.

D'abord, pourquoi A peut-il être voulu ou non-voulu? — Parce que A est un moyen suffisant et non-nécessaire pour atteindre la fin F. — Pourquoi A est-il voulu? — Pour sa relation à F, car il y a là une raison suffisante de le vouloir. — Mais pourquoi A est-il voulu plutôt que nonvoulu? — Parce qu'il est voulu. On ne peut pousser plus loin les pourquoi.

Et maintenant, pourquoi B pouvait-il, lui aussi, être voulu ou non-voulu? — Parce que B est, lui aussi, moyen suffisant et non-nécessaire pour atteindre F. — Et pourquoi B n'est-il pas voulu? — Parce que A est voulu. On ne peut pousser plus loin les pourquoi.

Donc, de quelque manière que l'on s'y prenne, tout se résout dans la volition actuelle de A par l'intention de F, Il n'y a hors de là aucune raison à donner, aucune raison à chercher, et l'on devait s'y attendre. Car dire que le moyen. A peut être voulu ou non-voulu, c'est dire qu'il est le terme d'une volition contingente, et cette contingence n'ajoute aucune réalité positive à la possibilité

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