Du choix en présence du motif
Dans l'exposé précédent, nous avons étudié la liberté du choix, en la rapportant à V intention de la fin, et en écartant de propos délibéré la considération du motif. C'était étudier la liberté dans la volonté en tant qu'elle active, sans tenir compte de sa passivité. Et cependant toute volonté créée est une cause seconde, mue et mouvante, agissant à la fois ])oiir une intention et par un motif. Il y a donc lieu de rechercher si notre théorie du choix, établie sur la seule considération de l'intention, reste applicable en présence d'un motif. En d'autres termes, la volonté est poussée physiquement, réellement, effectivement, vers un objet déterminé; reste-t-elle libre de vouloir ce bien ou de ne le vouloir pas?
Remarquez le point précis de la difficulté :
La liberté ne peut se rencontrer que dans une puissance active; c'est une des noblesses de l'acte. Quanta la puissance passive, elle ne tient rien d'elle-même et, par conséquent, elle est essentiellement esclave; elle obéit toujours et ne commande jamais.
Or la volonté humaine est à la fois active et passive, active par rapport à son intention, passive par rapport à son motif. Peut-elle donc être à la fois libre et nécessitée?