CHAPITRK V. DE LA LIBERTÉ. G
devenu terme formel d'une intention. En un mot, l'acte délibéré n'est que Facte indélibéré activement consenti.
2" Le patient est modifié par la passion qu'il subit, mais l'agent reste le même, ([u"il agisse ou n'agisse pas. Donc le motif reçu modifie l'état de la volonté, mais cet état reste le même, que la volonté pose son intention ou ne la pose pas. En d'autres termes, l'acte indélibéré est une nouvelle réalité physi([ue surgissant dans la volonté, mais l'acte délibéré n'est pas, en lui-même, une nouvelle modification do la volonté, et le consentement n'est pas, en luimême, une réalité particulière.
3° De là résulte que, si l'on considère les deux actes au point de vue de la réalité physique, ils ne diffèrent pas: ils ne forment ([u'nnc seule et même réalité physi([ue, mais ils se distinguent l'un de l'autre, comme dans la volonté on distingue la passivité et l'activité. L'acte délibéré est l'acte indéliljéré consenti, c'est-à-dire un acte qui, sans altération, passe de la volonté passive dans la volonté active.
Ces conclusions peuvent paraître étranges et paradoxales. Il peut sembler, au premier abord que la conscience des états de l'âme ne les confirme pas. Mais ici je ne m'occupe pas de psychologie; je poursuis uniquement des déductions métaphysi([ues. J'ajoute cependant que j'en appelle à une analyse plus délicate des faits de conscience, tant je suis certain que les lois psychologiques sont subordonnées aux lois métaphysiques.