CHAPITRE III. RKALITK DE LA MÉTAPHYSIQUE
Pourquoi, dites-moi, la physique et la chimie font-elles de si rapides progrès? N'est-ce pas parce qu'une expérience bien faite leur suffit pour une conclusion générale? N'est-ce pas parce que, dans ce phénomène singulier, qui s'est produit hic et nunc, tcsj y.yX vjv, elles voient le même phénomène, dans les mêmes circonstances, se produisant iibique et semper, àsl -/.a- 7:avTa-/oj? Que le physicien se dise admirateur de Kant, que le chimiste se prétende positiviste, peu m'importe. Ce que je constate, et cela me suffit, c'est que, si le savant ne portait en soi la conviction qu'il existe réellement une loi, c'est-à-dire, un principe réel de l'universel, il n'oserait pas, après mille expériences concordantes, affirmer d'avance le résultat de l'expérience suivante.
Oui, la science actuelle est féconde, elle marche hardiment en avant, parce qu'elle a conscience que dans le singulier elle atteint l'universel, dans le fait individuel la loi générale, et parce qu'elle croit que l'universel et la loi répondent à des réalités objectives. La science est essentiellement fondée sur le réalisme.