‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 62 sur 581 · Interprétation du mot : >oy; — latellecLus · texte numérisé non relu

Interprétation du mot : >oy; — latellecLus

Cette interprétation est plus délicate que la première, parce que le mot à expliquer prête à l'amphibologie. Le mot grec vcj; signifie ou Lien la pensée, ou bien la faculté de penser, ou bien la substance pensante. Le mot latin Intellectus peut être pris dans les mêmes acceptions. Quant au mot français Intellect, il n'exprime d'ordinaire que la faculté de penser (1). Or, dans le passage qui nous occupe, Aristote donne au mot Ncjç une quatrième signification difïérente des précédentes. Par cela môme qu'il oppose Yintellect à la science, il considère ces deux choses comme deux dispositions, habitus, llziq, c'est-à-dire, comme deux états habituels et permanents. L'intellect, pris dans ce sens, n'est donc pas une faculté, une puissance; c'est un trésor, un avoi?' acquis, dont la faculté peut disposer, comme elle dispose de la science.

Saint Thomas explique parfaitement cette signification du mot Nojç à propos d'un autre passage d" Aristote :

Accipitur hic Intelleclus, non pro ipsa intellectiva potentia, sed pro habitu quodam, quo homo, ex virtute luminis intellectus agentis, naturaliter cognoscit principia indemonstrabilia; et satis congruit nomen. Hujusmodi enim principia statim cognoscuiitur cognitis terminis ; cognito enim quid est totum et quid pars, stalim scitur quod omne totum est majus sua parte. Dicitur autem Intellectus, ex eo quod intus U'git, intuendo essen-

(I) Intellecl : Faculté de l'âme qu'on nomme aussi eniendemen?. [Dictionn. de l'Acadéinie.)

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