‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 63 sur 581 · CHAPITRE m. RÉALITÉ DE LA MÉTAPHYSIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. RÉALITÉ DE LA MÉTAPHYSIQUE

tiam rei, unde et in tertio de anima dicitur, quod objectum proprium intellectus est quod quid est. Et sic convenienter co- ^nitio principiorum, qua' statim innotescunt cognito quod quid est, intellectus nominatur il).

Je pense que le lecteur comprend bien maintenant la signification péripatéticienne du mot « intellect » — intellectus — Ncjç. L' (( intellect » est un trésor actif comme la science — une connaissance habituelle des premiers principes, comme la science est une connaissance habituelle des conclusions (2). Ces deux connaissances persistent dans l'àme et sont deux « vertus » intellectuelles, qui la disposent et l'aident aux actes de connaissance explicite.

5. — La vérité de la science procède de la vérité de l'intellect.

Après ces explications, le texte d'Aristote devient parfaitement clair, et peut se formuler ainsi :

La science, de l'aveu général auquel contredisent à peine quelques sceptiques, est une connaissance vraie et certaine. Or la science s'appuie sur la connaissance des premiers principes. Donc 1' » intellect », habitus principiorum, est plus certain et plus vrai que la science ellemême.

Il faut donc, avant tout, admettre la véracité de l'intellect, puisqu'il est le principe de la science. Sans cette première et principale certitude, la raison n'est qu'une arme inutile. Car la raison considérée comme instrument de raisonnement, la raison « qui fait courir la cause sur l'elfct », la raison ne fait la science qu'en puisant la vérité dans le trésor des principes (3). Avoir pleine contiance dans

(1) s. Thoin.. FAhic. lib. VL lect. 5.

(2) Inlclh'clus, qui est Iiabitns iirinci|)ioriini... scionlia, qii;« l'sl habilus conclusionuin. (\lb. Mag., Siimin. Tlirol., ii, Iract. i. (|. 17.

(.î) Un mathfmalicion, (lu'oii ne traitera pas desprit arriéré, M. J" Bertrand, a rappelé aux };i'0"iî'l>'es, envahis par le scepticisme allemand, cette

Di.S C.VL'SES. 5

G6 LIVRK PRKMIKR. — PRINCIPES DK LOGIQUE.

l'intelligence qui raisonne, et se défier de rintelligence qui voit avec évidence, est une contradiction qui prouve un état morbide.

Aristote, énumérant, dans son Ethique, les vertus naturelles qui font la gloire et la force de Fintciligence humaine, range « l'intellect », vciiv, à côté de la science, de la sagesse et de la prudence, et il prouve que l'intellect est une vertu spéciale par cet argument que nous connaissons : Pour acquérir la science il faut démontrer; pour démontrer il faut raisonner; pour raisonner il faut partir de principes. Or ces principes ne relèvent ni de la science, ni de la sagesse, ni de la prudence. Donc, ils relèvent d'une vertu propre qui est « l'intellect », \zir,z-,y.i vcjv zhy.i twv àp'/wv (1).

Et voilà pourquoi j'ai eu le droit de dire que nier la certitude des premiers principes est le fait d'un esprit malade.

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