‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 80 sur 581 · Ce qu'on entend par premier principe · texte numérisé non relu

Ce qu'on entend par premier principe

Une erreur dans laquelle plusieurs modernes ont été en traînés par un excessif amour de la voie démonstrative, est de croire qu'on peut construire rédifice de la philosophie sur une seule assise. On a bien tenté, en ce genre, certains tours de force et certains équilibres ingénieux. Mais conniient espérer qu'un tel édifice ne chancellera pas ou n'écrasera pas sa base trop étroite? Ce n'est pas la manière naturelle de construire. Nos pères, désireux d'élever à la science un temple large, spacieux et solide, l'appuyaient sur des colonnes, partout où ils trouvaient le roc. Dès qu'ils l'cconnaissaient un principe évident, ils y jetaient une fondation et la reliaient aux autres fondations, pour tout prendre dans une même niasse dont les diverses parties se soutinssent mutuellement. C'est donc en vain que l'on chercherait dans les nnciens, par rapport aux vérités philosojïhiques, cette classification linéaire dont les sciences naturelles ont eu tant de mal à se débarrasser.

Cependant il y a lieu de considérer un ordre hiérarchique parmi les principes.

Kn effet, il y a subordination entre les sciences; hi [►hysiologic emprunte quelques-uns de ses principes à la physique, d'autres à la chimie. La physique s'appuie sur la géométrie, et toutes les sciences ont leurs racines dans

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la plus générale de toutes les sciences, la science de l'être en tant qu'être, c'est-à-dire dans la métaphysique.

Il y a donc subordination des sciences, parce qu'il y a subordination de leurs principes, et de là nous avons déjà conclu que les premiers de tous les j^rincipes sont les principes métaphysiques : principes immédiats, principes évidents par eux-mêmes, principes qui se voient et ne se démontrent pas.

Mais tous les principes de la métaphysique elle-même n'ont pas une application également générale ; tous ne brillent pas avec le même éclat. On peut donc encore là opérer un classement, et rechercher s'il n'y a pas un premier principe parmi tous les principes premiers.

" 11 convient, dit Âristote, à quiconque est bien versé dans une science particulière, de montrer les principes les plus fermes de cette science. Tl faut donc que celui qui s'occupe de l'être en tant qu'être, montre les principes les plus fermes de lous les principes. C'est là le rôle du philosophe (t). »

Certes, Aristote a dignement rempli ce rôle; car la détermination du premier principe n'est pas son moindre titre de gloire.

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