‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 82 sur 581 · CHAPITRE IV. — DU PRKMIKR PRINCIPE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — DU PRKMIKR PRINCIPE

qu'on porte partout avec soi. Qu'un tel principe soit le plus ferme de tous, c'est évident [i). »

Ainsi le premier principe se distingue par trois caractères que saint Thomas résume ainsi :

Manifestum est ergo quod certissimum principium sive firmissimum taie débet esse, ut circa id non possit errari, et quod non sit suppositum, et quod adveniat naturaliter (2).

En effet, si nous réfléchissons que ce principe doit dominer la science de l'être, nous reconnaîtrons qu'il doit satisfaire à trois conditions.

D'abord, puisqu'il a pour objet l'être en tant qu'être, il doit être aussi universel que l'être. Or toute condition, toute hypothèse est une délimitation particulière qui laisse quelque chose en dehors; une proposition, par là même qu'elle est conditionnelle, est restrictive et n'atteint pas l'être dans son universalité. Donc le principe premier doit être totalement absolu.

Kn outre, un principe qui a pour objet l'être on tant qu'être ne doit rien emprunter en dehors de l'être en tant qu'être. Il faut que le sujet, le prédicat et le lien entre eux deux soient tirés de l'être en tant qu'être. Une tel principe est donc notoire par lui-même à toute intellig-ence sachant ce qu'est l'être; c'est dire qu'il doit être naturellement connu.

Conditio est, ut non acquiratur per demonstrationem, vel alio simili modo, sed adveniat quasi per naturam habenti ipsum, quasi ut naturaliter cognoscatur et non per acquisitionem (.'{).

Enfin, il faut que la connaissance de ce principe soit tellement intrinsèque à la notion de l'être qu'on ne puisse

(1) Arist., loc. citnt.

(2) S. Thom., Métnpinjs., lib. IV, lect. G.

(3) S. Thomas, loc. citato.

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affirmer l'être sans affirmer le premier principe, et qu'il soit impossilile d'ignorer ce principe sans ignorer la notion de Fctre. D'où résulte que personne ne peut errer à son égard.

En résumé : — universalité objective, — universalité subjective, — nécessité absolue ; telles sont les trois conditions auxquelles doit satisfaire le premier principe.

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