‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 83 sur 581 · Le premier principe est le principe de contradiction · texte numérisé non relu

Le premier principe est le principe de contradiction

Quel est donc ce premier principe? C'est, nous dit Aristote, le principe de contradiction, c'est-à-dire l'impossibilité de la vérité simultanée de deux contradictoires. Tb ''àp œj~z à\}.y. 'jr.y.^'/tvi ~z v.y}. '/r, 'j-y.ç,yzv* àsjva-cv tw ajTw 'A7.~x -z aj-i, Impossibile est idem slmul esse et non esse seciindum idem.

Ce principe s'étend à tout, est conuu de tous, et s'impose par sa nécessité absolue. Il possède donc les trois caractères requis.

« Par sa définition même, il est le plus ferme de tous les principes :aut7) 8/1 Traff'ov sctti risSaioTotTr, twv àp/ôiv. Car il n'est possible àpersonnede concevoirqu'unemème chose en même temps soit et ne soit pas. Certains le font dire à Heraclite. II est vrai qu'on ne pense pas nécessairement tout ce qu'on dit. Mais, s'il est impossible qu'un môme sujet contienne à la fois les contraires, et si d'autre part, une opinion et la négation de cette opinion sont choses contraires, il est manifestement impossible qu'un même sujet admette, d'une même chose, tout à la fois qu'elle est et qu'elle n'est pas. Car, par cette erreur, il posséderait simultanément deux croyances contraires.

« Yoilà pour(juoi ceux qui démontrent, forcent l'adversaire à se placer en face de ce principe, et c'est là leur dernier mot. Car ce principe est par nature le principe même de tous les

autres axiomes, (ûÔcei yàp àp^Yj xal twv «XXwv àçiwjjiaxojv auTT) TrâvTODV (1 ). »

(1) Arist , MctapJiys., liv. IV, chap. ui.

CFIAPITRK V. 1)1 PRK.MIKR PRlXCIPi:. 93

Nous ne suivrons pas Âristote dans les développements qu'il a consacrés à l'explication et à la défense du principe de contradiction; mais j'engage à lire ces belles pages (1), car elles semblent écrites d'hier pour réfuter Hegel.

Cet homme, on le sait, doit sa célébrité de mauvais aloi à l'effronterie avec laquelle il a nié le principe de contradiction. Pourtant ses sophismes et sa fameuse théorie du « perpétuel devenir » n'ont rien de jjien nouveau. En effet, Albert le Grand résume, comme il suit, la doctrine d'Heraclite :

Ilœc omnia dixit Heraclitus : quoniam ille dixit verius nihil esse quam non esse, et nihil verius dici de rébus qiiam quod simul sunt et non sunt, proptermotum continuum quem videbat in eis; et ideo dixit omno esse continue non esse '2).

Ne croirait-on pas entendre le résumé des erreurs d'Hegel? Aussi bien, ce dernier se déclare ouvertement le disciple du sophiste païen : « Il n'est pas, dit-il, une seule proposition d'Heraclite que je n'admette dans ma logique (3). » Mais, si l'erreur est ancienne, il y a longtemps qu'elle a été réfutée par Aristote réduisant au silence les anciens sceptiques.

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