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DE LA MATIÈRE

Telles sont les conclusions que nous a suggérées l'étude de l'idée de force. Il faut maintenant étudier la seconde des deux notions dans lesquelles se résume l'observation du monde, la notion de matière. Ici la science devient d'un assez faible secours, car si elle a réuni beaucoup de renseignements sur la force, elle n'en possède presqu'aucun sur ce second élément. Les savants croient volontiers, ainsi que nous l'avons indiqué, que la matière est spécifiquement une ; mais leur opinion n'est fondée que négativement sur ce que, après avoir fait abstraction de toutes les forces et de tous les mouvements, on ne peut plus rien distinguer dans le substratum qui leur sert d'appui. Nous verrons plus loin jusqu'à quel point on peut accepter cette manière de voir.

Pour approfondir l'idée de matière, nous sommes donc obligés de recourir à la métaphysique. Nous sommes ainsi amenés à l'étude de questions à la fois plus faciles et plus difficiles : plus faciles, par-

ce que nous n'avons pas besoin pour les résoudre de recherches nombreuses et d'expériences compliquées, les éléments de la solution sont en nousmêmes ; plus difficiles, parce que, l'expérience ne nous guidant plus que de très-loin, il faut y suppléer par un redoublement d'attention, et que Fattention aux notions abstraites est précisément ce qu'il y a de plus rare : « Les notions générales, dit Leibniz, qui devraient être les mieux connues de toutes, sont devenues par la paresse et la légèreté de l'esprit des hommes ambiguës et obscures ^ » Dans ce labyrinthe des idées abstraites, un seul guide absolument sûr se présente à nous, c'est le principe de contradiction. De même qu'il n'y a point de fait absolument certain en physique s'il n'a été expérimenté, de même il n'y a point de théorème absolument irréfragable en métaphysique, si la contradictoire n'est pas conçue comme impossible.

Quoi qu'il en soit, il faut aborder maintenant cette région des notions métaphysiques, et d abord il est indispensable de savoir clairement ce qu'on entend par ce terme de matière, point de départ de notre étude.

Les anciens ont appelé matière tout ce dont on

• Réforme de la philosophie première.

fait quelque chose et spécialement cet élément informe dont ils croyaient que l'auteur du monde s'était servi pour former les êtres.

Les scolastiques, admettant la création totale des substances, n'ont pu conserver à celte expression toute sa valeur ; mais ils ont appliqué le mot matière à ce quelque chose de mystérieux, à ce premier fond passif qui se retrouve dans tous les corps, quelle que soit leur nature.

Les savants d'aujourd'hui, fort étrangers à ces distinctions, appellent simplement matière les sujets étendus des forces qu'ils étudient.

Nous acceptons ce dernier sens pour le moment. Il en résulte que pour bien connaître l'idée de matière, telle qu'on s'en sert dans la science contemporaine, il faut éclaircir les deux notions dans lesquelles elle se résout : la notion d'étendue et la notion de sujet.

Certains savants semblent considérer ces deux notions comme identiques en fait. Ainsi M. Dubois Raymond soutient que des atomes inétendus ne pourraient être points de départ de force, par conséquent sujets *. C'est une singulière confusion entre les apparences sensibles et la conception

1 Rev. scient., 1874, a* 9

vraie et légitime des choses. Il est bien certain que toutes les forces, matérielles, par conséquent accessibles aux sens, s'exercent dans l'étendue et que leur sujet nous apparaît comme étendu. Mais estce donc en raison de cette étendue qu'il est sujet ? nullement, car le sujet, s'il était connu, devrait expliquer toutes les propriétés dont il est le principe ; or on sait assez que l'étendue n'explique aucune force. Ce n'est donc point parce qu'il est étendu que le corps est sujet; mais, suivant l'opinion de Leibniz et des meilleurs scolastiques, rétendue est simplement une propriété du sujet au même titre que toutes les autres *. Telle est aussi notre pensée.

En quoi consiste cette singulière propriété, véritable énigme proposée à l'esprit métaphysique et qu'il n'a pu encore résoudre d'une manière sûre? C'est ce qu'il faut ici rechercher.

DE l'étendue.

Rien n'est plus certain que l'étendue : nous la voyons, nous la touchons ; il nous serait impos-

' Lettre à Aruaud.

sible de révoquer en doute son existence. Elle est au fond de toutes nos sensations, et nous ne pouvons rien nous représenter d'une manière saisissable sans y supposer l'étendue. Bien plus, de grandes et belles sciences dont la clarté est un modèle sont fondées sur les propriétés de l'étendue. Cependant, si nous venons à étudier l'étendue en elle-même, nous nous heurtons à une contradiction fondamentale. L'étendue, en effet, nous apparaît comme essentiellement divisible : il en résulte que ses parties sont ou inétendues, ou divisibles aussi, et cela à l'infini. Or il est absurde que les parties donnent au tout ce qu'elles n'ont pas, et il n'est pas moins absurde qu'elles existent en nombre indéfini. « Tout nombre réel, dit Leibniz, est fini et assignable * » ; un nombre indéfini est simplement un nombre indéterminé et qui par conséquent ne peut exister comme tel.

Ces difficultés ont été très-exploitées par les sophistes grecs. Zenon en avait fait la base de son argumentation contre le mouvement. Socrate répondait en marchant : c'était alors la seule réponse possible et en tout temps la meilleure.

Les scolastiques ont tenté de grands efl"orts pour

1 Théodicée, discours sur la conformité de la raison et de la foi, n» 70.

expliquer la notion de l'étendue en conciliant la raison et l'expérience. Ils admettaient que l'étendue est indéfiniment divisible, mais seulement en puissance*; ils concevaient, dans un espace quelconque, un nombre indéfini de parties, non séparées en fait et n'ayant point une existence actuelle isolée.

Ils croyaient par cette solution respecter le principe que l'indéfini en acte est impossible; mais leur hypothèse me paraît reposer sur une équivoque. On y confond la séparation matérielle des parties comme individus isolés, avec la distinction qui doit exister entre elles pour qu'elles servent à concevoir l'étendue.

Les scolastiques avouent eux-mêmes que les parties doivent avoir un ordre entre elles et être chacune hors de la partie voisine *. Elles existent donc réellement distinctes; Suarez le reconnaît expressément '. Dès lors, si elles sont en nombre indéfini, nous sommes, quoi qu'on dise, en pré-

1 Omne contiiiaam est unam actu et multiplex in potentia. (S. Th. De Natura materix, 9.)

* Ad hoc quod quantitas habeat positionem requiruntur tria... secundo quod secundum banc sigunbilitatem habeat partes inter 9P, ordinatas, unam videlicet post aliam (S. Th. De Piedicamenlo qnanlttatis, 4.)

' Partes continiii quamvis sint unitœ distinguuntur realiter non solum quoad desifznatioupm ut quidam loquuntur, sed etiam quoad parlialem entitatem uniuscujusque. (Disp. met., VU, sec. I.)

sence d'un nombre indéfini de réalités actuelles. La difficulté n'a été écartée qu'en apparence.

Cette difficulté qui arrêtait les scolastiques est peut-être susceptible aujourd'hui d'une solution plus approchée, et cela grâce aux progrès de la science, bien que la plupart des savants ne paraissent guère se douter du genre de secours qu'ils peuvent nous offrir en cette circonstance.

Nous avons vu, d'après les expérimentations faites par les physiologistes, qu'il n'y a aucune nécessité de supposer que nos sensations aient un rapport de ressemblance avec les objets externes. Mais d'où vient la notion d'étendue? Est-ce d'une pure intuition ou d'une sensation ? D'une sensation évidemment, car sans les sens nous ne pourrions l'avoir, au moins dans la forme oh elle nous apparaît : « la notion d'espace, dit Reid, ne semble pouvoir s'introduire dans l'esprit qu'à la suite de celle des corps *, » Or nous ne connaissons les corps que par les sens.

La notion de l'étendue est même différente suivant le sens par lequel elle a pénétré dans notre esprit. On distingue l'étendue tangible qui a trois dimensions et l'étendue visible qui n'en a que

> Essais sur les facultés intell., p. I4i.

deux *. Il faut que nous apprenions par l'expérience à établir le rapport de l'une à l'autre. Une certaine éducation physique est nécessaire pour reconnaître à la vue les objets les plus familiers au toucher et réciproquement *.

A Dieu ne plaise que nous voulions en conclure, comme l'a fait Kant, dépassant la mesure, qu'il n'y a rien d'objectif dans la notion d'étendue '. Néanmoins les considérations précédentes nous mettent fort à l'aise. Si nous devons la notion d'étendue aux sens, il n'y a pas de raison de penser qu'elle nous représente l'état des corps plus exactement que toute autre donnée sensible. Noua devons donc rechercher, non comment cette donnée doit s'appliquer aux corps, mais quelle nature doivent avoir les corps pour la produire dans notre sensation.

A ce point de vue nous comprendrons qu'il n'est nullement nécessaire, pour que l'étendue nous apparaisse indéfiniment divisible, que la matière ait effectivement cette propriété. Il suffît de remarquer que tout acte de sensibilité est essentiellement multiple comme répondant à un ensemble de mouvements simultanés. L'ébranlement d'un seul point nerveux ne produirait pas dans l'organe un

» Reid. Essai, u, p. 147.

' W. Carpenter. Her. scient., 1872, u" 9.

) Critique de la raison pure, p. 37.

changement suffisant pour causer une impression appréciable. Si donc nous avons affaire à une sensation qui se compose d'un grand nombre d'impressions coexistantes, comme la vue et le tact, toute impression élémentaire que nous voudrons nous figurer sera nécessairement complexe, et si, en la décomposant, nous descendons au-dessous d'une certaine limite, l'impression cessera d'être saisissable, et nous ne trouverons plus rien, bien que nous soyons loin encore de la limite de la complexité réelle des mouvements qui occasionnent la sensation. Il faudra que l'imagination nous vienne en aide pour grossir la dernière partie qui alors apparaîtra divisible. Ainsi nous sommes dans l'impossibilité de sentir ou d'imaginer une partie simple.

Mais que supposent ces phénomènes dans la matière objective? Ils supposent. seulement que le nombre des derniers éléments des corps soit supérieur à la limite que nos sens peuvent apprécier *.

Voyez ces blancheurs qui brillent ça et là dans le ciel. Ce sont des soleils séparés par des espaces

* Sensus autem de continuitate accusata judicare omnino non possunt, cum minima intervalla suh sensus non cadant. (Boscowich. Philos, naturalis theoria, p. 80.)

EN PRÉSENCE DES SCIENCES. iéH

énormes ; cependant leur multitude et leur éloigneraent les font apparaître à nos yeux comme des lâches uniformes. De même les derniers éléments de la matière semblent à nos sens un tout continu, parce que leur nombre et leur petitesse échappent à nos eflorts pour les distinguer.

Leibniz est, je crois, le premier qui ait émis l'opinion que l'étendue réelle des corps ne consiste que dans la multiplicité et dans l'ordre de leurs éléments : « L'étendue, disait-il, est un ordre de coexistences... Pour avoir l'idée de la place et par conséquent de l'espace, il suffit de considérer ces rapports et les règles de leur changement sans avoir besoin de se figurer ici aucune réalité absolue *. » Malheureusement Leibniz a plutôt indiqué que développé sa manière de voir. Il a légué un sujet de réflexion à la méditation des philosophes, plutôt qu'il n'a présenté une théorie complète.

Celte théorie a été formulée par un célèbre jésuite, le P. Boscowich : « Nous ne devons point, disait ce savant, nous figurer les points matériels d'après les idées que nous fournissent nos sens, mais seulement d'après la réflexion '. » Il n'ad-

• Lettre à Oarke.

3 Qaamobrem ad coucipiendum punctum in(Jivisihile et ioexteusuDi nou dtibciuus cousulere ideas quas immédiate

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mettait donc aucun continu réel ' tel que les sens nous le représentent, mais seulement des points inétendus et indivisibles dispersés dans le vide *, Aucun de ces points ne toucherait l'autre, car deux points indivisibles se touchant n'en feraient plus qu'un ', mais ils seraient séparés par des intervalles susceptibles d'augmentation ou de diminution.

Tel est le point fondamental de la théorie de Boscowich. Bien que cette théorie déroute absolument toutes les habitudes de notre esprit, elle est si rationnelle, qu'elle a été adoptée par plusieurs mathématiciens '', et entre autres par l'illustre Cauchy.

On croira peut-être qu'en refusant l'étendue continue aux corps, Boscowich l'a mise dans le vide oti il place les atomes et dans les intervalles qui les séparent. Ses expressions sembleraient en effet se prêter à cette interprétation ; mais il a soin

per sensus hausiinus, sed eas nobis debemus efformare per reflexioneni. {Philos, naiur. Iheoria, p. 67.) 1 Continuum nullum agnosco coexistens. {Id., p. 71.)

* Prima eleinenta luateria; mihi sunt puncta prorsus indivisibilia et inextensa quse in immenso vacuo ita dispersa sunt ut bina quœvis a se iuvicem distentper aliquod intervalluni, quod quidem indefinite potest augeri vel minui. {Id., p. 4.)

' Cum duo continua indivisibilia et inextensa haberi non possint sine compenetratione et coalescentia quadam in unum. (Id., p. 25.)

* P. Carbonelle, Éludes relig., mars 1870.

de la repousser expressément. Le vide continu n'est à ses yeux qu'une donnée imaginaire ' . Quant aux intervalles entre atomes, il entend désigner par là non un espace interposé, non une étendue quelconque, mais des relations réelles, bien que cachées à notre esprit ', existant entre les atomes et établissant entre eux, non point un ordre purement idéal ou logique, mais un ordre physique fondé sur leur nature et leurs rapports réciproques '.

Ces rapports sont réglés par les forces attractives et répulsives dont nous avons parlé ailleurs et qui fixent l'équilibre des atomes. Ils ne sont à vrai dire qu'une application et un mode d'exercice de ces forces. Ils sont l'expression actuelle et pratique du lien établi par le créateur entre les éléments de la matière, lien qui peut se resserrer ou s'étendre

1 Nec spatium reale mihi est uUum continuum sed imaginarium taDtummodo. {Phil. nal. theor., p. 71.)

* Consequitur nec absolutas distantias nec immédiate cognoscere omnlno non posse. {Phil. nat. theor., p. 320.)

' Spatium constat per me non solis pnnctis, sed punctis habentibus relationes distantiarum a se invicem : eae relationes in mea theoria non constituuntur a spatio vacuo intermedio, quod spatium nihil est actu existeu.*, sed est aliquid possibile a nobis indefinite conceptum, nimirum est possibilitas realium modonim localium existendi cognita a nobis secludentibus neste omnem hiatum; constituuntur a realibus existendi modis qui realem utique relationem inducunt, realiter et non imaginarie tautum diversam in dïTersie distan- UiB. (/d., p. 190.)

suivant que l'attraction ou la répulsion domine.

Ainsi la matière n'est étendue que parce qu'elle est à la fois active et passive *, parce que chaque partie subit une action de la part d'autres parties et exerce une action sur elles, et cela dans un ordre fixe, bien qu'il puisse changer suivant certaines lois, de manière que chaque partie agit immédiatement sur un nombre déterminé de parties qu'on appelle voisines et médiatement par elles sur toutes les autres.

On voit que les scolastiques avaient approché de la vérité, quand ils avaient affirmé que l'étendue est la première manifestation de la matière ou puissance passive actualisée par la forme ou puissance active '.En efTet, sans action et passion réciproque, il n'y a plus de base au fait de l'étendue. C'est là ce qui distingue la coexistence des corps de la coexistence des esprits, et fait que la première seule engendre la notion de l'espace.

Si une semblable théorie n'explique pas d'une manière adéquate l'étendue sensible, parce qu'elle ne peut tenir compte des conditions particulières

« V. Leibniz, édit. de Foucher-Careil, t. I, p. 208.

* Sciendum est crgo quod dimensiones omnes sunt accidentia quœ sequuntur materiam in ordine ad formam cpiam primo materia nata estinduere. (S. Th. De Nal. mater., G.)

fournies par les sens dans toute sensation, elle explique suffisamment, dit Boscowich, le mode de continuité existant entre les êtres réels '.

Explique-t-elle le continu mathématique? Il faut reconnaître qu'elle ne lui est pas applicable directement ; mais elle peut servir à l'expliquer indirectement, si l'on fait attention qu'en entrant dans le monde des mathématiques, on sort du réel et du concret pour entrer dans le domaine du possible. Toute la géométrie est une science idéale ' ; les mathématiciens reconnaissent eux-mêmes que les figures réelles ne sont que des approximations de leur type idéal.

Or dans l'idéal le champ est ouvert aux possibilités'. Nous pouvons donc, en considérant l'étendue idéale, supposer dans toute portion de matière autant d'alômes que nous jugerons convenable , rien dans la nature des atomes ne limitant leur multiplication. L'étendue idéale est donc conçue

1 Porro si quis dicat puncta inextensa et bosce existendi modos inextensos non posse constituere extensum aliquid, reponam facile non posse constituere extensum mathematicum, sed posse extensum pbysice continuum quale ego unicum adniitto. (l'hi/. nat. theor,, p. 190.)

3 Geometria tota imaginaria est et idealis. (Phil. nai. theor. ^ p. 191 )

^ In existentibus limes est semper certus, certus punctoruin nuluerus, certus iutervallorum ; in po&sibilibus nullua est ânis. (/d., p. ;}09.)

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Comme pouvant contenir un nombre indéfini de parties, par conséquent comme indéfiniment divisible. On ne pourrait môme objecter qu'un espace comprenant un plus grand nombre d'atomes serait par là même conçu comme plus grand, car toutes les grandeurs que nous connaissons ne sont que relatives et il suffirait de supposer une égale multiplication dans les atomes de toutes les parties de l'univers, pour que les relations des grandeurs ne fussent pas changées.

L'étendue idéale nous offre ainsi à un autre point de vue, comme une vérité abstraite, la divisibilité indéfinie, que l'étendue sensible nous ofi'rait • comme une apparence.

La théorie de Leibniz et de Boscowich rend donc raison d'une manière satisfaisante de tous les caractères que présente la notion d'étendue. Je n'oserais dire toutefois qu'elle est absolument démontrée, car elle ne peut être vérifiée par l'expérience directe et il n'est pas prouvé que toute autre interprétation soit impossible. Mais on peut affirmer qu'elle est la seule solution sérieuse et complète qui ait été présentée de la singulière antinomie que la notion de l'étendue contient en ellemême. Elle a donc un haut caractère de vraisemblance, et, si elle est acceptée, il devient plus

impossible que jamais de considérer l'étendue comme identique à l'essence de la matière ou d'un sujet quelconque, puisqu'elle n'est en définitive qu'une conséquence du mode de balancement des forces élémentaires.

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