XXIV PREFACE
OU pour uuc autre, l'ont défaut à la dialecti(|uc qui entraîne la pensée humaine vers son but. Mais il n'en reste pas moins vrai que eelte dialectique est la loi de tout esprit bien fait.
L'esprit de ce livre est tout entier dans le titre : métaphysique positive. C'est dire que je crois à la métaphysique, sans croire aux abstractions réalisées qu'on nous a trop souvent présentées sous ce nom. Je ne suis ni empiriste, ni idéaliste, dans le sens historique du mot. Je crois à la raison, à sa portée transcendante, à son objet propre. Mais je liens qu'elle ne va pas plus sans Texpérience que l'imagination et l'entendement, et qu'en dehors de la réalité son objet n'est jamais qu'un idéal delà pensée. Imagination, entendement, raison, c'est toujours la même fonction deTespril opérant par analyse et par synthèse sur deséléments divers, perceptions, notions, jugements. Tout s'explique, à mon sens, par cette double opération, la matière étant invariablement donnée par l'expérience, source unique, je ne dis pas de nos conceptions, mais de nos connaissances. Pour moi, la raison n'est point celte faculté mystérieuse dans son mode d'action, divine dans son origine, que la philosophie idéaliste célèbre plutôt qu'elle ne la décrit. Si la fausse et superficielle analyse âe Locke et de Condiilac n'a pu Tatteindre et la définir, la véritable analyse reprend ses droits aujourd'hui. Elle montre les conceptions rationnelles se dégageant des données de l'expérience par nne nécessité logique fondée sur le principe d'identité. C'est ce qu'un jeune philosophe de 1 école critique, M. Taine, a fait voir avec une force d'analyse et une netteté d'expression qui ont singulièrement éclairé les esprits libres, et qui auraient dû foire réfléchir les idéalistes les plus obstinés. Peut-être un succès plus complet eut-il été obtenu, si Tau-