‹ La métaphysique et la science; ou, Principes de métaphysique positiveChapitre 3 sur 29 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

point à liro. On va droit aux conclusions du livre; et, pour peu qu'elles aient Tair de choquer les opinions reçues, le livre est classé, jugé et condamné sans appel. On en fait justice avec un mot. C'est ainsi que le libre penseur de nos jours est matérialisle^ iK)ur ne pas croire sans réserve à la doctrine plîitonicienne ou cartésienne des deux substances; athée^ pom ne pas se prosterner devant les idoles de la théo \og\e vulgaire; panthéiste^ pour comprendre la distinction de Dieu et du Monde, de Dieu et de l'homme autrement que l'imagination ne l'entenrl.

11 est même fort rare que justice soit rendue à la sincérité des sentiments de l'auteur. Il ne vient guère à l'esprit des lecteurs surpris et froissés qu'il ait pu écrire tout simplement pour la vérité. On se demande quel intérêt de parti, quel sentiment de vanité ou d'orgueil, quel esprit d'indiscipline a pu le porter à troubler la paix des intelligences et des âmes. Tout devient matière à scandale dans ce pays de discipline et de consigne, non point parce que l'audace de la pensée individuelle y est grande, mais parce que l'empire du mot d'ordre et de Texemple y est prodigieux. Tel est le caractère même de l'esprit français. Il ne pense qu'en fiice du public; il n'est jamais seul cl libre devant le problème qui fait l'objet de ses recherches. Le |)ublic est toujours là, qui le conseille, l'inspire, lui fait modifier le développement ou l'expression de sa pensée. Il ne voit jamais la vérité qu'à travers le prisme de l'opinion. Nous sommes, nous autre» Français, gens de discipline avant tout, dans la pensée, comme dans la bataille. De même que nos soldats, nos penseurs s'éveillent, s'animent, s'exaltent sous les regards et les applaudissements de la foule. Leur verve est celle furie fnmraise qui a besoin du bruit et du Fuccès ; l'ombre l'cngounlil,

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