‹ La MéthémoglobineChapitre 6 sur 23 · CG. R · texte numérisé non relu

CG. R

? ]/alcool est signalé comme méthémoglobinisant dans la thèse d'A. von Vorkampff-Laue (Med, Dorpat, 1892).

3 Étude faite dans le laboratoire de M. le professeur Ville, et sous sa direction, et que Je résume ici d'après notre cahier d'expériences (hiver 1902).

* Zeitschr. f. physiol. Chem., 2 , 151 (1878-79). « Bringt man ineine verdüunte Lüsung von Oxyhämoglobin in einer ganz damit gefüllten Flasche ein mit Wasserstoff stark beladenes Palladiumblech, so bildet sich sehr schnell Methämoglobin und der ganze Farbstoff wird allmälig in Methämoglobin umwandelt, weun die Memge des Farbstoffs nich relativ zu gross ist; Hämoglobin habe ich daneben zunächst nicht entslehen gesehen ».

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el j'ai opéré avec des lames de Palladium chargées seulement jusqu à ce que l'hydrogène commence à se dégager, ou bien avec les mêmes lames, plongées, après l’électrolyse, dans l'eau distillée et ulilisées quand il ne se dégageait plus spontanément d'hydrogène. Je me suis ainsi rapproché de Paction très rapide signalée par Hoppe-SeyLer. (Les lames étaient toujours bien lavées pour ne pas introduire d'acide; j'ai obtenu, d’ailleurs, les mêmes résultats avec des lames chargées par électrolyse alcaline.)

On sait que le Palladium hydrogéné est formé par la juxlaposition de deux solutions solides ayant en hydrogène une teneur différente, el se dissociant plus facilement l’une que l'autre (Barnuts Roozsoom et Horrsema) ‘. La première, sursalurée dans mes premières expériences, donnerait surtout de l'hémoglobine réduite, et c’est la seconde, correspondant à l'ancien hydrure de Palladium Pd?H de Taoosr et HAUrEFEUILLE qui serait méthémoglobinisante,

Quoi qu'il en soit, ce que je voulais surlout signaler ici, ce sont les différences obtenues dans la rapidité d'apparition de la bande de la méthémoglobine suivant que j'opérais avec des solulions de crislaux d'oxyhémoglobine ou avec du sang défibriné dilué, et suivaut l’animal qui fournissait le sang.

Avec des lames de Palladium identiques, chargées de la même façon, et des dilutions correspondant à une teneur en oxyhémoglobine constante (coloration du sang dilué au 1/100) la bande de la méthémoglobine apparaissait (liquides examinés sous 15%) au bout d'environ :

5 minutes avec les solutions de cristaux d'oxyhémoglobine dechien.

10 — — — — cheval.

3 heures avec du sang défibriné dilué de mouton.

3 — — chien.

9 — — — bœuf.

12 — — — cheval.

Ces différences doivent tenir sans doute à ce que chaque espèce animale a son oxyhémoglobine spéciale, et pour le sang, aussi,à la variabilité de son alcalinité avec les espèces.

1 Cf. Duhem. Thermodynamique et Chimie, Paris, 1902, pp. 174 179.

On n'a pas, jusqu'à ce jour, trouvé de substance méthémoglobinisante nouvelle dont l'action soit comparable à celle d'u ferricyanure de potassium qui reste le méthémoglob'ni sant type.

[Lapicque et Vasr' ont reconnu la formation de méthémo-

globine dans l'action de la to/uylénediamine sur le sang. Gaurier Cl. et Corecier? ont cru devoir signaler récemment l'action méthémoglobinisante des tanins déjà indiquée comme faible par A. vox VorkAMPrF-LAUE (Thèse Dorpat, 1892). BerGezz et Pscnorr* ont montré que l'acide phénanthrène-quinone 3 -sulfonique se comporte comme un toxique du sang qu'il charge de méthémoglobine et qu'il doit sans doute cette action à sa fonction quinonique... Citons enfin l'action méthémoglobinisante de quelques venins, comme le venin de crapaud (A. Pucztese)‘et comme l'échidnase (Puysazix) *.]

En revanche, cerlaines substances méthémoglobinisantes ont élé étudiées de plus près dans leur action sur la matière colorante du sang :

Aclion des ferricyanures alcalins

En 1891, MM.EE. Berrin-Saxs et J. Morressien * montraient que le ferricyanure de potassium transforme la carboryhémoglobine en méthémoglobine ordinaire en libérant l'oxyde

de carbone. Ils en tirèrent un nouveau procédé de recherche de CO dans le sang, mais point de déductions théoriques. ! Soc. biol., 51, 369-70 (1899).

2? Soc. Biol. 57, 433 (1904).

3 Zeitschr, physiol. Chem., 38, 16 (1903).

* Sull'azione methemoglobinica del veneno del rospo[ Arch. di farmac. et'erap. 2 (1894)].

6 G,R., 113, 210 (27 juillet 1891).

— D — On pouvait cependant déjà prévoir que le ferricyanure devait se comporter vis-à-vis de l'oryhémoglobine de la même façon et libérer l'oxygène dissociable, comme il détache l'oxyde de carbone qui remplace cet oxygène dans la carboxyhémoglobine. Ce n'est qu'en 1898 qu’un physiologiste d'Oxford, J. Harpaxe ‘, remarqua le dégagement gazeux qui se fait dans une solution d'oxyhémoglobine lorsqu'on la mélhémoglobinise parle ferricyanure de potassium, et démontra que ce gaz élait de l'oxygène pur et correspon dait quantitativement à l'oxygène labile de l’oxyhémoglobine?. Un peu plus tard, et sans connaître le travail anglais antérieur, R. von ZEyNEr * obtenait les mêmes résultats à l'Institut de chimie physiologique du professeur HürNer (Tübingen) qui les vérifiait ‘. On verra l'importance de cette découverte pour les tentatives théoriques sur la constitution de la méthémoglobine et le mécanisme de sa formation. Il devient donc intéressant d'étudier les dégagements gazeux dans l’action des divers méthémoglobinisants sur loxyhémoglobine. Cette étude est encore incomplète. HALDANE observa un faible dégagement gazeux avec le permanganate de potassium, une effervescence avec le chlorhydrate d’hydroxylamine, mais qui n’est pas seulement due à de l'oxygène, et aucune mise en liberté de gaz avec le nitrite de sodium. von Zeywer * fit des expériences quantitatives avec

1 À contribution to the chemistry of haemoglobin and its immedhats derivatives Journ. of Physiology, 22, 298 (février 1898).

2 HaLDANE appuie sa démonstration justement sur le fait antérieurement décou vert par H. Benrin-Sans et J, Morressie (mais sans les citer) que le ferricyanure libère de même l'oxyde de carbone de la carboxyhémoglobine,.

3 Neue Boobachtungen uni Versuche über das Methämoglobin und seine Bildungsweise. Engel. Archiv. f. Physiol., 1899, 467-190.

4 Nachträgliche Bemerkungen zu D° v. Zeynek's Versuchen, die die Bildung des Methämoglobins betreffen. Engelm, Archiv. f. Physiol., 1899, 491.

ERPoc cit, p481:

ANG le permanganate de potassium et avec le nitrite de sodium.

MnO'K agit tout à fait comme le ferricyanure. NO*Na ne libère aucun gaz.

Action des nitriles

GAMGEE, qui observa le premier (1866) la modification subie par le sang sous l'influence des nitrites, avait d'abord pensé à une combinaison de l’hémoglobine avec l'acide nitreux : la nitrithémoglobine. Selon Horre-SEeYLer, il se ferait sous l’action des nitrites un peu d'hématine en plus de la méthémoglobine'. Ce qui n'empêcha point la plupart des auteurs (Gracosa, Drrrricu, MENZIES, HÉNOCQUE, etc.) de ranger les nitriles parmiles méthémoglobinisants types. HAYEM * observa bien les différences spectrales qui existent entre les solutions sanguines traitées par le nitrite de sodium et celles méthémoglobinisées par le ferrieyanure : il attribuait ces différences à l’alcalinité des solutions de nitrite. J. HA£DANE reprit en 1897 l'étude de cette question en collaboration avec Makaizz et Mavrocorparo *. Les dilutions sanguines traitées par un nitrile sont plus roses que les mêmes méthémoglobinisées par le permanganate, l’iode, le ferricyanure ou les acides dilués. Au spectrossope, la bande dans le rouge est plus faible et les deux bandes entre D et E sont plus accusées. Ces phénomènes ne sont pas dus à la présence de méthémoglobine alcaline, car ils persistent en présence d’un léger excès d'acide acétique. J. Hazpane et ses collaborateurs ont alors remarqué que ces deux bandes entre D et E répondaient à la position des bandes de lazoryhémoglobine (ou

! Th. Bertin-Sans, p. 34, ? P. 877 de son Traité du sang (1899).

* The products formed by the action of nitrites on haemoglobin. J. of Plhysiol. 21, 165.

En cn hémoglobine bioxyazotée) — et ont obtenu un liquide de même coloration et de même spectre que le produit de l'action des nitriles en faisant une solulion mixte de une partie d'azoxyhémoglobine pour trois de méthémoglobine. Sous l'influence . des réducteurs ou de la putréfaction, les dilutions sanguines contenant un excès de nitrite donnent finalement le spectre de l'asoryhémoglobine. Le nitrite d'amyle ‘, s'il n’est pas en {rop grand excès, se comporte comme le nitrile de sodium.

Action des acides

L'action des acides sur la malière colorante du sang est variable suivant la concentration des solutions acides, comme le montra d'abord Ray Lancasrer (1870). On admet généralement que les acides faibles, même C0?, ou dilués, donnent seuls de la méthémoglobine, les acides forts ou plus concentrés décomposant le pigment sanguin en hématine et substance protéique. (Les acides encore plus concentrés arrachent le fer à l'hématine pour donner de l’hématoporphyrine.) Il est probable qu’il existe des zones, dans l’action des acides suivant leur concentration, où ces réactions peuvent s'établir simultanément. C’est ainsi que BerTIN-Sans * observa sous l’action des acides des spectres dus à des mélanges d'hémaline et de méthémoglobine.

En 1895, Menzies * montre que les acides acétique, oxalique, phosphorique, chlorhydrique, nitrique et sulfurique agissent sur l'oxyhémoglobine en donnant d'abord de la méthémoglobine, puis de l’hématine. Le stade méthémoglobine se distingue du stade hématine par la position de la bande dans le rouge et par l’action des réducteurs. Avec Les

1 Haldane, Makgill et Mavrogorda!o, loc. cit., p 174-175.

2 Th. p. 102-103, 8 On the actiou of certain acids on blood pigment, J, of. Physiol,, 17, 415.

a M quantités «minimales » d'acide, la bande dans le rouge est à 2 — 630 (Méthémoglobine), avec des quantités plus considérables, elle recule vers C [1 — 642 avec les acides acétique, oxalique et phosphorique, à — 650 avec les autres acides minéraux].

En 1899, Harnack ' pense établir que la Méthémoglobine formée par les acides très dilués et même CO?, diffère.de la mélhémoglobine ordinaire parce que la bande dans le rouge, au lieu de border C, est à cheval sur GC. Etil en fait un com: posé spécial qu'il appelle Acidhémoglobine. IL ne cite pas le travail antérieur de Menzies, ne détermine aucune longueur d'ondes, et ne donne qu'un simple schéma qui ne saurait entraîner la conviction. L'action du cyanure de potassium sur l'acidhémoglobine n'a rien de spécial, comme il le pense, et la bande quil a confondue avec celle de l’hémoglobine réduite est la bande de la cyanhémoglobine, formée par le peu d'acide cyanhydrique que met en liberté l'acidité de la solution Il suffit d'ajouter quelques gouttes d’eau de laurier-cerise à une solution de méthémoglobine ordinaire pour l'obtenir. HarNack reconnaît d'autre part que son acidhémoglobine est très instable et a une grande tendance à donner de l'hématine*. Comme nous avons vu que le passage de la méthémoglobine à l'hémaline n'est pas total d'emblée, il se peut très bien que la soi-disant acidhémoglohine ne soit qu'un mélange de méthémoglobine et d'hématine, ce qui expliquerait que la bande dans le rouge apparaisse comme ayant une position intermédiaire entre celles des bandes des deux constituants *. Une expérience

! Ueber die Eiuwirkung des H?$S und der £äuren auf den Blutfarbstoff (Zeitschr. [. physiol. Chem., 26, 558), p, 574.

? « Das Acidhämoglobin ist aber ungemein geneigt zu weiterer Zersetzung, wobei zunächst Hämatin auftritt » (loc cit. p. 585).

* On verra dans la troisième partie de celte thèse des phénomènes du même genre pour des mélanges de méthémoglobine et de méthémoglobine fluorée, -

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de Berrin-Saxs ! vient à l'appui de cette opinion : En mêlant une solution de méthémoglobine dont la bande {dans le rouge) couvrait les divisions du micromètre comprises entre 87 et 92, et une solution d'hématine dont la bande était à 85-91, 1l obtint une bande qui s'étendait de 83 à 90 et avait son milieu à 86. 0r, d'après la planche IT de la thèse Berrin- SANS, On voit que la division S6 correspond à la raie C de Frauenhofer. La solulion de méthémoglobine présentait donc bien sa bande bordant C, et le mélange d'hémaline et de méthémoglobine la bande à cheval sur C, donnée par Har- NACK comme caractéristique de l'acidhémoglobine. On comprend donc les réserves qu'ont faites certains auteurs (Lam- BLING *, THIERFELDER*) en rendant compte du travail de Har- NACK, et on ne saurait partager l'empressement avec lequel d'autres (tels O. Connaerm* et R. Kogerr*), peut-êlre sous l'attrait d’un mol nouveau, ont admis l’acidhémoglobine. Mais la question de l’action des acides sur la matière colorante du sang reste encore ouverte. Tout récemment, deux auteurs anglais, C. Ham et H. BALEAN*, critiquant la mélhode de distinction spectroscopique entre l'hématine et la méthémoglobine fondée sur l’emploi des réducteurs, et montrant que, dans l'action des acides sur le pigment sanguin, il ne peut être libéré que la moitié de l'oxygène que dégagerait le ferricyanure, ‘concluent que la méthémoglobine n’est pas un produit intermédiaire dans la formation d'hématine par les acides à partir de loxyhémoglobine,

eo 2p 109

2 Dict. Würtz. 2me suppl. 43° fasc., pp. 64 et 69 (1902).

3 6e édit. de F. Hoppe-Seyler's Handbuch der physiol, u. path, chem. Analyse (1903) p. 357.

4 p. 247 de la 2e édit, de Chemie der Eiweisshürper (1904).

5 Pflüger’s Archiv. f, d. g. Physiol., 82, 603 (1900).

6 The effects of acids upon Blood. Journ. of. Physiol., 82, 312 (mai 1905).

rayer Ce qu'on a pris pour de la méthémoglobine ne serait que des mélanges d’hématine et d'oxyhémoglobine, quelle que soit la dilution de l'acide employé. Malgré la justesse de certaines critiques sur lesquelles je reviendrai à propos de la distinction de la méthémoglobine et de lhématine, le mémoire de Ham et BALEAN ne me parait pas devoir clore définitivement le débat. On pourrait aussi bien, avec les mêmes résultats spectroscopiques el gazométriques, avoir affaire à un mélange de méthémoglobine, d’hématine et d’oxyhémoglobine qu'à un mélange d'hématine et d’oxy-. hémoglobine seulement.

Action des alcalis

L'action méthémoglobinisante de faibles quantités de bases, signalée par BEerTIN-Sans' et LAMBLING?, n’a pas été le sujet d'étude approfondie. La plupart des auteurs pensent qu'il doit se faire facilement de l'hématine. O. ConnaeIm”? fait jouer à la cathémoglobine de vAN KLAVEREN le même rôle intermédiaire dans J'aclion des alcalis qu’à l’actdhémoglobine dans l’action des acides. Mais celte cathémoglobine n'a encore été l'objet que de travaux contradictoires, « hématine neutre » pour ArNoLD*, chromoprotéide contenant moins de fer que la méthémoglobine pour van KLAVEREN*, sou spectre présenterait deux bandes entre Det E pour les uns, rien dans le vert et une bande dans l'orangé pour les autres (Z1EeMkE et MücLer‘). La question réclame évidemment de nouvelles études.

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