‹ La MéthémoglobineChapitre 7 sur 23 · RS LES · texte numérisé non relu

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Actions méthémoglobinisantes sur lhémoglobine réduite et la carboxyhémoglobine

Dans tout ce qui précède il n'a été question que des actions méthémoglobinisantes sur l'oxyhémoglobine. La méthémoglobinisation de la carboxyhémoglobine el de l’hémoglobine réduite à fait l'objet de bien peu de travaux. Weyz et Anrep avaient montré ' que la carboxyhémoglobine se méthémoglobinise beaucoup moins rapidement que l’oxyhémoglobine (1880). H. Berrin-Saxs et J. Morressier * prouvèrent qu'il s'agit bien de méthémoglobine ordinaire et non de carboxyméthémoglobine, -— au moins sous l’action du ferricyanure.

V. Zeyxer * dit avoir vérifié une expérience de HENnin- GER sur laquelle on avait conservé quelques doutes et démontrant la méthémoglobinisation directe par le ferricyanure de l'hémoglobine réduite. Le permanganate agirait de même. Le nitrite de sodium serait sans action. Hammarsrex “ a fait observer que seuls les agents oxydants peuvent donner de la méthémoglobine à partir de l’hémoglobine réduite, et à l’abride l'oxygène. J'ai déjà signalé que le Palladium hydrogéné ne peut donner de la méthémoglobine qu'à partir de l’oxyhémoglobine.

J'ai bydrogéné fortement une lame de Palladium et l'ai plongée dans une solution d'oxyhémoglobine contenue dans un tube à essais. Celui-ci élait hermétiquement bouché et muni d'un pet tube à dégagement plongeant dans l’eau distillée bouillie, Le dégagement de l'hydrogène balaie lout l'oxygène, y compris celui de

1 Les méthémoglobinisants employés étaient MnO!K, CIOŸK, IH-IK. 2C:R..113, 210, (1891).

3 Engelmann’s Archiv. f, Physiol. 1899, 490.

4 Lehrb. d. physiol, Chem, 5°édit., Wiesbaden, 190%, p. 171,

PSE

l’oxyhémoglobine et la solution ne présente plus que la bande de Slokes. Quand le dégagement a cessé, on ferme à la lampe. Le Palladium ne contient plus alors que l'hydrogène méthémoglobinisant. Plusieurs lubes conservés ainsi plusieurs mois n'ont jamais donné

au spectroscope que la bande de Stokes.

Il conviendrait, comme le dit LamBcinG ‘, de refaire pour chaque agent méthémoglobinisant celte élude parallèle de son action sur l’oxyhémoglobine et sur l’hémoglobine réduite.

c. — Agents biologiques

J'examinerai sous cette rubrique les faits concernant l'action des microbes et de certaines conditions physiologiques.

Aclion des microbes

Hoppe-SeyLer (1865) avait déjà indiqué l’action méthémoglobinisante de la putréfaction. M. Lasgé * étudia l’action de différents microbes sur le pigment sanguin. Les cultures étaient faites sur du sang défibriné aseptique, et les modificalions étaient observées au spectroscope à travers le tube de culture. On pourrait ainsi dislinguer trois catégories principales de microbes: 1° ceux qui donnent rapidement et constamment de la méthémoglobine, comme le bacille de la diphtérie ; 2° ceux qui sont très réducteurs et ne donnent que tardivement de la méthémoglobine (B. coli, Eberth, pyocyanique, proteus, staphylocoque, vibrion cholérique) ; 3° ceux qui jouissent de propriétés intermédiaires, sont moins

12° suppl. du Dict, de Wür(z, article Hémoglobine, p. 67. ? Archives de méd, expérimentale, 15, 364, (1903).

ARE réducleurs et moins mélthémoglobinisants que ceux du deuxième groupe (bactéridie charbonneuse, tétragène, subtilis). L'action méthémoglobinisante des microbes est-elle due à leurs toxines ? Pour M. Lassé, les toxines agiraient dans le même sens que les microbes correspondants, mais d'une facon moins intense. Cependant la toxine diphtérique ne serait pas méthémoglobinisante alors que, selon M. Lapné, le bacille de Lôffler est un « puissant producteur de méthémoglobine ». Cette discordance entre le bacille de la diphtérie et sa toxine amène à penser que l’action méthémoglobinisante des microbes est plus complexe, qu’elle est sans doute aussi en relation avec leurs propriétés fermentatives vis à-vis des hydrates de carbone ou des graisses du sang; fermentations d’où résultent des acides. Ces propriétés sont en effet très accusées pour le bacille de Lôfiler, tandis que la diphtérotoxine résulte, comme on sait', de la filtration d’une culture sur bouillon lorsque celui-ci est devenu alcalin. Ce qui peut expliquer les différences d'action sur l'apparition dela bande dans le rouge. Il se pose donc ici le même problème que pour les acides sur la part que prend l'hématine dans la formation de cette bande. L'action protéolytique des microbes est encore une raison de plus pour se mettre en garde contre l'intervention d’hématine. M. Lagsé a d’ailleurs noté la présence de l’hématine dans ses tubes de culture au bout d'un certain temps.

Aclion du laquage

Jusqu'ici celle revue critique n'a considéré que la méthémoglobinisation de la matière colorante du sang à l'état soit de sang dilué, soit de solutions de cristaux d'oxyhémoglo-

1 Cf. Courmont. Précis de bactériologie, 29 édit.; p. 824.

ROUE bine, c’est à-dire séparée de son support physiologique, le | globule rouge.

Il résulte des travaux de v. Meri@ et de Haye (cf. Thèse Berrin-Saxs) que le pigment du globule rouge résiste mieux aux agents méthémoglobinisants que l’oxyhémoglobine libérée du complexe globulaire. On connaît à ce point de vue la classification de Have ‘ et les lois qu'ilen a déduites sur la formation de la méthémoglobine dans l'organisme.

On à voulu interpréter ces faits en faveur de l'hypothèse de HoPpe-SeyLer, que la matière colorante du globule diffère chimiquement de l'oxyhémoglobine qui en dérive. Hoppe- SeyLer indique en effet, dans son traité classique, que les pigments sanguins existent sans doute dans l'hématie à l’état de combinaison avec d’autres substances du stroma, avec de la lécithine ou de la cholestérine : 1l désigne ces combinaisons sous le nom d’artérine pour le pigment du sang artériel, et de phlébine pour le pigment du sang veineux. On à donc pensé * que, lorsque sous l'influence de cerlains méthémoglobinisants (ceux de la 1" classe de Havem),il se fait de la #é{hémoglobine intraglobulaire, on n'a pas affaire à de la méthémoglobine ordinaire, mais à de la Metphlébine. On expliquerait ainsi les observations de Havyeu : cette melphléhine ferait plus facilement retour à l'artérine où à la phlébine que la méthémoglobine, à l'oxyhémoglobine ou à l'hémoglobine.

Ces différences entre les pigments globulaires et les pigments extraglobulaires ressortiraient encore de leur action comparée sur l’eau oxygénée *. L'arlérine décomposerait énergiquement H°0?, tandis que l’oxyhémoglobine n'aurait

! Hayem. Du Sang. Paris, 1889, pp. 366-369.

2? Kobert. Pflüger's Archiv. f. Physiol., 82, 603 (1900).

* Alex. Schmidt, Cf, Henninger. Soc. Biol., nov. 1882, et Hayem, (oc, cil., p. 308

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