‹ La méthode chrétienne considérée dans ses avantages et sa nécessité et réponses à certaines difficultés [microforme] (volume 2)Chapitre 10 sur 19 · RE PROS · texte numérisé non relu

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et parlé la langue latine du siècle d'Auguste. S'ils ne l'ont pas fait, ce n'est pas parce qu'ils ne l'ont pas pu, mais parce qu'ils ne l'ont pas voulu; et ils ne l'ont pas voulu parce qu'ils ont compris qu'il fallait une langue nouvelle à une société nouvelle. Nous avons là-dessus le témoignage irrécusable de Saint Augustin luimême. ($S. Aug. opp. t. iii, part. 1, pag. 129, De doct. Christ, lib. iv, €, 14, n. 31)

Qu'on ne croie pas, du reste, qu'en repoussant, en élaguant de l'idiome latin toute cette mollesse, toute cette surperfétation de formes, de mesure et de sonorités païennes, les fondateurs de la langue .atine chrétienne aient négligé la propriété et le choix des termes, l'élégance même et le nombre, Au contraire, ils donnaient à tout cela un soin particulier, comme le témoigne encore Saint Augustin. Mais cette propriété et ce choix des mots, cette élégance, ce nombre qu'ils recherchaient étaient appropriés à la langue latine chrétienne, dont le but principal est, non de flatter les sens, mais d'exprimer clairement, fortement, noblement la vérité. Comme le précédent, nous devons ce nouveau secret de leur travail au grand évèque d'Hippone.

Ainsi, les expressions et les termes sont communs à l’une et à l’autre langue ; mais le cachet, le génie, l'ordre et la signification d’un grand nombre de mots sont totalement différents. Cette différence entre les deux idiomes est tellement réelle que les plus habiles dans la latinité païenne ne le sont pas pour cela dans la latinité chrétienne ; et celui qui en prose se flatte d'imiter Cicéron, et Horace en vers, n’est pas pour cela capable d'écrire un discours qui sente saint Léon ou saint Grégoire, ni un hymne qui rappelle saint Ambroise ou saint Thomas. L'expérience en est faite. Vainement un homme se sera pour ainsi dire approprié la manière des auteurs profanes, et connaitra parfaitement la latinité du siècle d'Auguste ; s’il ne fait pas une étude approfondie des princes de la latinité chrétienne, il se trouvera embarrassé et même incapable d'écrire et de parler correctement et convenablement du dogme, de la discipline, en un mot, des choses chrétiennes. Sa composition pourra se distinguer par l'élégance et le choix des mots, par le nombre de la phrase ; mais elle manquera de précision, de gravité, de clarté ; elle sera vide de choses, misérable et souvent ridicule. l'expérience est là pour dire que celui qui veut écrire ou raisonner des choses chrétiennes uniquement avec la langue du siècle d'Auguste, commet de pernicieuses erreurs, donne à la religion une physionomie païenne, tombe à chaque pas dans des inconvenances de langage, dans des vanités de pensée, souvent même dans des inexactitudes de croyance qui ouvrent la porte à l'hérésie. Cest ce dont nous avons de nombreux et tristes exemples dans Laurent Valla et dans Erasme, appelés non sans raison, par des hommes très-judicieux, les précurseurs de Luther.

PA Ajoutons encore qu'on nous fait étudier la langue latine ! M paienne, c'est-à-dire la langue d'une société qui n'a nul rapport * un avec la nôtre ; une langue dont la marche transpositive ne ‘ la P ressemble en rien à la marche logique de notre langue mater: * dom nelle ; une langue dont le fond se compose d'idées, de faits, de ” refu choses à l'intelligence desquels rien ne nous a préparés, De là, à suivi » l'extrème difficulté d'apprendre ; de là, l'imparfaite connaissance “ fecti ,)! que nous acquérons de cette langue, pour ne pas dire l'ignorance * ce D ‘dans laquelle nous restons. Ë le m Il en était autrement avant le règne du paganisme classique. * rail | On étudiait d'abord la langue latine chrétienne, Ce seul mot les laisse entrevoir combien de difficultés de moins s'opposaient aux Cicé {| ee de l'enfant, Mère de nos langues modernes, la langue ôtre atine chrétienne offre des rapports frappants et nombreux avec chré l'idiome maternel, En ouvrant son livre latin, le jeune élève leme retrouvait la même marche simple et naturelle ; peu ou point Or, d'inversions ; ie même fond d'idées qu'il avait acquises dans son N phil éducation première, Son intelligence chrétienne devinait sans + impd eine une partie des pensées cachées sous une forme étrangère, “ en ri M Ï s'orientait facilement dans ce monde qui n'était plus nouveau Nd pour lui. A chaque pas il rencontrait des noms, des faits, es “ paro choses avec lesquels ses premières lectures, la conversation de “ gran sa mère, les instructions du prètre l'avaient familiarisés depuis " mûôm longtemps. L'étude du latin n'était presque plus pour lui qu’une " «E affaire de mémoire. Bientôt le plaisir s’attachait au travail, … nese parce que l’intelligence était facilement äe moitié ; et il appre- “ mots nait rapidement la langue latine chrétienne, la parlait sans * autet

peine et l’écrivait correctement. Voilà ce qu'attesiwni tous les * barb: monuments de cette époque. Voilà pourquoi avant ia Renaïis- * mot, sance on parlait et on écrivaitle latin avec tant de facilité, tandis i ne tr

qu'aujourd'hui, loin de le parler et de l'écrire, nous ne pouvons surto

mème Je comprendre parfaitement à la simple lecture, philo

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Beauté du latin chrétien non inférieure à la beauté du latin païen. … écriv | … les ri

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Nos adversaires frémissent à l'idée qu'il faut, pour savoir le latin, étudier le latin chrétien, tel que parlé par les grands génies de l'Eglise, Suivant eux, ce latin ne peut être que barbare.

«Pour réaliser le beau dans sa perfection, disentils, il faut (a © prendre l’idée dans le christianisme et la forme dans le paga- chré! nisme, » + pour

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