‹ La méthode chrétienne considérée dans ses avantages et sa nécessité et réponses à certaines difficultés [microforme] (volume 2)Chapitre 15 sur 19 · PIÉTÉ EST · texte numérisé non relu

PIÉTÉ EST

La sortie que nous venons de faire contre le beau latin du |

siècle d'Auguste rend nos adversaires de fort mauvaise humeur: ils n'aiment pas qu'on dirige les attaques de ce côté. Aussi méditent-ils de terribles représailles, et les voici qui s’avancent avec un argument tellement décisif en leur faveur, qu'ils sont persuadés qu’il ne nous laissera plus rien à répondre. «Tous vos coups portent à faux, disent-ils ; le Canada n’est pas la France. n’est pas l’Europe. Notre société ne présente pas, il s’en faut, les même caractères que la veille société européenne; elle n’est pas comme elle profondément imbue de principes faux et subversifs, minée jusqu’en ses fondements par les eaux croupies d'une longue corruption. Par conséquent nous n'avons pas besoin de recourir aux moyens extrêmes.

« De plus, l'éducation en Europe est aux mains des laïques ; ici elle est surtout dirigée par le clergé; différence essentielle dont vous ne tenez pas compte et qui devrait modifier considérablement vos conclusions. Enfin, vous ne voyez pas qu’il faut non seulement former des ecclésiastiques, mais aussi des citoyens ; les auteurs chrétiens iraient bien pour les premiers : mais pour ceux-ci il faut de toute nécessité se servir des auteurs paiens»

Nous allons essayer de repondre à ces graves objections ; nous nous flattons même que notre réponse sera plus que suffisante pour faire disparaitre tout doute et détruire toute hésitation.

D'abord ce qui a été ditde l'étude du latin vaut pour le Canada comme pour la France et l'Europe entière: rien de plus clair, de plus évident N'y eut:il pour déterminer un changement de système que cette seule raison, qu’il faut bien employer le temps, rendre les études fortes et profitables, elle suffirait et au-delà, à notre avis. Mais il v a beaucoup d’autres raisons encore à faire

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N'estil pas vrai, demanderons-nous d'abors, que le système d'études en vigueur dans nos colléges ou maisons d'éducation est le mûme que celui que l'on à généralement suivi en Europe

PER la Renaissance ? La réponse ne peut-être qu'affirmative, ‘ar tout le monde sait que depuis longtemps on tient à honneur de marcher à la remorque des grands établissements européens, de lPUniversité de Paris surtout, vieille bicoque où domine l'esprit antichrétien. Le système que l’on suit en Canada est donc celui qui fait des livres païens la base de l'éducation de a jeunesse, Or, comme il a déjà été dit, la transmission des idées se fait principalement par les livres qu'étudient les enfants ; l'éducation se fait par cette transmission des idées ; l'éducation, c'est l’homme ; et l’homme enfin, c’est la société. Ces principes sont vrais et incontestables, quelle que soient la latitude sous laquelle on respire. Donc, l'éducation qui se donne dans notre pays étant en grande partie paienne, le virus païen s'infiltre peu à peu dans le cœur de notre société, et conséquemment nous verrons tôt ou tard se produire des fruits qui révèleront toute la grandeur du mal qu'on s'obstine à nier aujourd'hui. Ne seraitce pas faire preuve de bon sens et de sagesse que de profiter des terribles lecons . Dieu nous a données en flagellant les peuples qui ont voulu se faire à l'image de ceux de l'antiquité paienne, ,! par suite de l'éducation qu'avaient reçue les classes lettrées ? Parceque l'Europe n'a ouvert les yeux sur les causes qui la conduisait à l’abime, qu'après avoir été bouleversée par des révolutions sans exemple dans le passé, faudra-il attendre, comme elle, à faire l'expérience du feu pour dire que le feu br ûle ?

Notre société, dit-on, ne renferme pas encore en son sein tous les principes dissolvants des sociétés européennes. Mais ne remarquons-nous pas cependant qu'il y en a plusieurs qui ont obtenu le droit de cité parmi nous, que les autres viennent tout doucement frapper à notre porte et que: bientôt ils jouiront des mêmes droits que les premiers ? Les idées démocratiques et socialistes, par exemple, ne marchent-elles pas déjà la tête haute, et, sans parler de plusieurs autres erreurs qui bourdonnent chaque jour autour de nos oreilles, n'entendons-nous pas dire et affirmer que la religion n’a rien à faire avec la politique.

{il Ne remarquons-nous pas encore cette tendance qu'a notre | société de se faire toujours à l’image des vieilles sociétés européennes? La facilité qu’elle a de se mettre en rapport avec elles, depuis quelques années, ne favorise-t-elle pas cette tendance, et HE ne devient-elle pas une cause nouvelle de dégénération rapide ? fix Tous ceux qui ont des yeux pour voir, voient le mal et les dangers que nous signalons ; l'avenir leur i inspire de l’effroi. Qu’ allons-nous donc opposer à ce torrent dévastateur qui chaque jour va se grossissant ? La foi, la raison, l’histoire interrogées nous répondent. La seule digue qui puisse arréter ce torrent dans sa marche, c'est la religion connue dans ses dogmes, dans sa morale, dans s sa nécessité comme principe Civ ilisateur et conservateur de tout ce qui fait la vie des sociétés, Or, cette

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