‹ La méthode chrétienne considérée dans ses avantages et sa nécessité et réponses à certaines difficultés [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 19 · ET RON MAR · texte numérisé non relu

ET RON MAR

couraissance de la religion, absolument nécessaire pour conjurer les maux qui nous menacent, elle ne s'acquiert pas par l'é tude de Virgile, d'Horace ou de Cicéron. Pour l'avoir, il faut puiser aux véritables sources qui sont les Livres Saints, les écrits que nous ont légués nos Pères dans la foi.

Et qu'on ne dise pas que les élèves complèteront leurs études religieuses plus tard, lorsque leur cours hasique sera terminé. C'est une sotte raison inventée pour pallier une conduite plus sotte encore. Rien dans le passé d'abord ne justifie cette espérance. Ensuite comment espérer qu'au sortir de leurs classes, les jeunes gens, nourris de frivolités pendant de longues années, se sentiront de suite pris d’une telle passion pour les choses sé. ricuses, qu’ils consacreront plusieurs heures chaque semaine ou mème chaque mois, à l'étude de la religion ? Mais pour cela il faudrait qu'ils fussent dans des conditions tout autres que ceux où les a placé le système actuel d'éducation. IL faudrais u'abord qu’ils soupçonnassent au moins la nécessité de pareilles études, ensuite qu’ils eussent de l'estime et du goût pour elles; enfin qu'ils sussent où puiser pour les faire.

Or, les élèves peuvent ils soupçonner leur ignorance en matière de religion lorsqu'ils ont suivi un cours complet dans des maisons où l’on prétend ne leur laisser rien ignorer de ce qui leur est indispensable, et que l’on proclame de plus que la religion a occupé dans deurs études la place qu'elle était en droit de revendiquer. Peuventils estimer et goûter une matière qu'ils n'ont guère vu traitée ailleurs que dans des maigres abrégés de doctrine chrétienne, par demandes et par réponses ; quandils sont de plus sous l'impression que tous les livres sortis de la plume des Pères de l'Eglise ou des docteurs catholiques, sont écrits dans un style barbare ? Peuvent-ils enfin savoir où puiser quand bien loin de connaître les noms des grands écrivains formés par le Christianisme, ils savent à peine ceux des apôtres !

Dans une discussion sérieuse, comme l’est celle-ci, et qui doit surtout avoir un but pratique, il faut prendre le réel de la vie. les hommes tels qu’ils sont, tels que notre éducation les fait, el partir ensuite de là pour raisonner contre la thèse que nous défendons. Mais il est souverainement ridicule de nous objecter perpétuellement un idéal qu'on à jamais et qu'on ne verra Jamais réalisé.

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Dans l'ordre de choses qui règne en Canada, la méthode chrétienne est un des principaux moyens de salut.

Notre société, dit-on toujours, ne renferme pas encore dans son sein tous les principes dissolvants de la société européenne,

Mais c'est unc raison de plus pour ne pas perdre de temps.

La bonne semence que l'on répandra croîtra plus facilement, rencontrant moins d'obstacles ; elle ne courra pas le danger d’être étouffée par les ronces et les épines. C’est lorsque le mal n’a pas encore jeté de profondes racines qu'on l’arrête plus efficacement dans ses progrès. Pourquoi différer et différer toujours ? N’avons-nous pas tout à perdre en temporisant et tout à gagner en nous hâtant. L'ennemi, soyons en sûrs, profite de nos retards et de nos lenteurs pour se fortifier. Faut-il attendre qu'il soit devenu maître de toutes les places fortes pour le combattre ? Faut-il attendre que pas un bon principe ne reste debout poursentir la nécessité d'affirmer la vérité ? Les intelligences ne doiventelles pas toujours être nourries de la vérité, d’abord pour vivre de la vie qui leur est propre, ensuite pour reconnaitre l'erreur sitôt qu'elle se présente, la combattre et la repousser? Est-ce le résultat que l’on obtiendra en soustrayant l’âme de l'enfant à la continuelle influence de la vérité chrétienne, pour la mettre en contact journalier avec l'esprit de mensonge qui parle dans les livres païens ? Reconnaissonsle avec douleur: nous lui laissons ignorer le christianisme ; il ne connait guère la religion que par certaines pratiques extérieures qui agissent sur ses sens plutôt qu’elles ne parlent à son esprit. Les convictions, qui naissent d'une étude longue, sérieuse et approfondie, peuvent seules faire contrepoids aux dangers de toutes sortes qui assiégent le jeune homme à son entrée dans le monde.

On à beau dire, il en est dans notre pays comme partout ailleurs: ce sont les classes instruites qui battent la marche et forment opinion. La perte de la foi, la corruption ne montent jamais d'en bas, elles descendent toujours d’en haut. Si nos classes lettrées sont croyantes et religieuses, le peuple tiendra à sa foi, à sa religion, il respectera l'autorité sacerdotale ; conséquemment tout ira mieux, même au point de vue purement humain, car là où la religion a le plus d’empire, là aussi l’ordre civil est le plus stable, et le pouvoir peut agir avec plus d'empire et d'efficacité. Aujourd'hui que la religion a encore de l’ascendant sur un certain nombre d'esprits, qu’elle exerce encore un peu de son ancien prestige, que ceux même qui n’ont plus la foi sont en quelque sortes forcés de la respecter extérieurement, il faut en profiter pour la réintégrer dans tous ses droits. L'impiété, de timide et craintive qu’elle était d'abord, devient bientôt audacieuse, exigente et tyrannique.

Et puis, dans un pays comme le nôtre où règne le parlementarisme, où nous sommes exposés à tout moment à avoir pour législateurs ceux qui hier encore étaient sur les bancs de collége, ne devrions-nous pas donner par tous les moyens possibles une éducation profondément religieuse, foncièrement catholique aux élèves qui nous sont confiés? A l'heure qu'il est, c'est le cri -

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