‹ La méthode concentrique dans l'étude des psychonévrosésChapitre 3 sur 17 · SI · texte numérisé non relu

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agitant ses liras, ses jambes, on poussanl quelques cris, on cassant un objet. Il faut un degré de civilisation beaucoup plus élevé pour faire comme M. Bergeret, qui, surprenant sa femme en conversation trop in lime avec M. Roux, so contenta dignement de prendre sur la table un numéro de la Revue des deux Mondes. Mais je crois que celle absence de réaction musculaire est une erreur physiologique. Ainsi, ce bon M. Bergeret. dériva sur son système sympathique l'influx nerveux, qui se sérail épuisé normalement dans son système musculaire strié, et il dût ressentir quelque temps des manifestations en rapport avec ce refoulemnt.

Quoi qu'il en soit, voilà les principales manifestations grossières des quatre émotions fondamentales : plaisir, douleur, peur, colère.

Mais, après les agitations viscérales de ces émotions-chocs, s'établit un état relatif d'apaisement, qui se caractérise par V émotion senti nient. Et beaucoup d'émotion sont une émotion, choc très légère, et se développent surtout dans l'émotion sentiment. Il en est ainsi de l'émotion tendre, sur laquelle j'aurais longuement à m'étendre, mais je ne le veux pas, car je toucherais ainsi au domaine de l'amour... et vous savez qu'il est infini !

Dans ce domaine de l'émotion tendre, on peut avoir des émotions-chocs : c'est le coup de foudre, e1 aussi des manifestations mêlées de l'instinct génital cl de l'instinct social. Je ne veux pas insister.

Je veux seulement retenir de ces premières constatations très rapides la nécessité de faire une analyse plus poussée des différents éléments, que l'on constate dans l'émotion, et que nous allons ranger, si vous voulez, en trois chapitres : d'une part, l'élément psychique, en second lieu, Y expression

de V émotion , et en troisième lieu, les concomitances somatiques. Je vais passer très vite sur les éléments psychiques. Simplement ce que je veux retenir, c'est que les instincts, les tendances ont toujours un versant émotif, et qu'il y a un parallélisme très net entre la facilité des émotions et la prédominance des instincts dans le domaine psychique. Si, par exemple, vous suivez l'évolution de la psychologie humaine, de la naissance à la mort, d'abord les instincts dominent, parce que les facultés synthétiques supérieures ne sont pas encore développées. C'est la grande période de l'émotivité. A l'automne et à l'hiver de la vie. les facultés supérieures ont tendance à s'endormir : il y a réapparition des prédominances instinctives, apparition d'une émotivité sénile. Il y a donc un rapport très net entre les deux et ceci explique qu'un auteur très distingué ait pu donner, d'une manière humoristique, de l'émotion, cette définition : « C'est un raté de l'instinct ».

Je passe maintenant à Y expression de Vémotion. Cette expression s'étudie, dune part, au niveau du visage : c'est l'étude de la mimique, qui a été poussée si loin par Darwin, et par Duchenne. de Boulogne, et d'autre pari, l'étude de la mimique générale de l'individu, avec son attitude, son comportement, son « hehaviour », comme disent. les Américains.

Je n'insiste pas sur les modifications du tonus de la musculalure striée: je veux simplement vous rappeler qu'il n'y a pas de proportionnalité entre l'intensité de l'expression émotive et la profondeur du ton affectif. Il y a même souvent un rapport inversement proportionnel. Ce ne sont pas toujours les eaux les plus profondes qui sont les plus agitées à la surface.

El j'arrive an troisième élément : Y élément concomitant somatique. On a remarqué depuis longtemps la constance,

au cours de l'émotion-choc, des manifestations somatiques portant particulièrement sur le domaine fin sympathique. Ce soni des réactions vaso-motrices, d'une façon plus jïénérales : lisso-motriees (intestinales ou pulmonaires) et, d'autre part, des réactions sécrétoires, enfin, des modifications du métabolisme général entraînant des modifications des humeurs.

J'ai étudié ailleurs ces réactions sympathiques et pratiquement, je ramène, d'après les tracés des réflexes oculo-cardia- <|iies cl oculaires, les sujets examinés à quatre grands types réactionnels : les vagotoniques purs, chez qui le réflexe oculocardiaque est seul exagéré, les ortho-sympathiques, chez qui le réflexe solaire est seul exagéré, les hyperolosympathiques chez qui le réflexe oculo-eardiaque et le réflexe solaire sont exagérés, et les hyposympathiques chez qui les mêmes réflexes sont moindres que chez les sujets, dont les variations peuvent être considérées comme oscillant dans une marge normale.

Ceci dit, je reviens aux concomitances somatiques de l'émotion.

Ces concomitances somatiques avaient beaucoup frappé les auteurs anglo-saxons et particulièrement Lange, qui avait constaté les variations vaso-motrices, les modifications du tonus musculaire, les manifestations sécrétoires et qui avait cru pouvoir arriver à une véritable discrimination des différentes émotions, selon les constatations des perturbations sympathiques.

Ainsi, il avait dit : « Le désappointement est fonction d'un tonus musculaire diminué. Ce tonus musculaire étant diminué, s'il s'y ajoute de la vaso-constriction, c'est la tristesse. Si, à ce tonus musculaire diminué, avec sa vaso-constriction, s'ajoutent des spasmes organiques, c'est la peur. Au contraire, y a-t-il simplement, avec le tonus musculaire diminué, de l'incoordination des réactions viscérales, c'est Yembarras. A l'opposé, le tonus musculaire étant augmenté, s'y ajoute-t-il des spasmes organiques ? C'est Yimpatience. Et au tonus

musculaire augmente'', s'ajoute-t-i] de la vaso-dilatation : e'esl la joie. Au contraire, au tonus musculaire augmenté et «à la vaso-dilatation s'ajoute-t-il de l'incoordination ? C'est la colère ».

C'était trop beau el trop simple. Ce fut un grand succès : c'est la théorie vaso-motrice de Lange, qui a d'abord le gros tort de réduire les réactions concomitantes sympathiques aux simples réactions vaso-motrices; la vaso-motricitê nest pas le tout du sympathique. Et en second lieu, de ne voir, en quelque sorte, que l'envers e1 qu'une partie des manifestations émotives.

Néanmoins, le philosophe William James, fut tellement séduit par les inductions de Lange, qu'il fonda sa fameuse théorie, que l'on apprend toujours dans les Lycées, pour la plus grande joie des potaches, et qui s'exprime par ces trois phrases, si vous voulez : « Je suis affligé, parce que je pleure ; je suis irrité, parce que je frappe ; je suis effrayé, parce que je tremble ». .Mais le grand expérimentateur anglais Scherrington a pris un chien, lui a coupé la moelle à la partie inférieure de la région cervicale, de manière à laisser indemnes les connexions avec le système sympathique, et il a étudié les réactions émotives ds ce chien, qui, pourtant, était séparé de toute la partie inférieure de son corps, sauf par les connexions sympathiques. Les réactions émotives sont restées celles d'uai chien normal. Alors, chez ce même chien, il a coupé les sympathiques cervicaux, pour que le cerveau soit isolé du reste de l'organisme : le chien a continué à avoir les réactions de peur et de colère, comme un chien normal. Alors, Lloyd Morgan fait l'objection suivante. Il dit : « Votre chien a conservé la mémoire, par conséquent les associations mnésiques permettent de faire encore naître les réactions émotives de l'extrémité céphalique, sans que pour cela forcément, il ait les complexes émotifs vrais ». Mais Scherrington répond :

« .T'ai fait mes opérations chez un chien de neuf semaines : à ce moment-là, il n'avait pas encore acquis toutes ses qualités affectives ». Par conséquent, les observations de Scherrington ont nue grosse valeur el montrent que la théorie de William James ne répond pas à la réalité. Elle est incomplète.

Nous voyez l'intérêt des concomitances somaliques. Les auteurs anglo-saxons sont allés trop loin ; mais ce n'est pas une raison, parce qu'ils ont voulu tout expliquer par des manifestations physiologiques, pour nier le rôle de celles-ci ; il s'agit seulement de savoir les remettre à leur place.

Il n'y a pas, d'ailleurs, que les manifestations lisso-molriees et vaso-motrices, dont je vous ai parlé. Il y a de grosses manifestations sécrétoircs. Elles ont été très bien étudiées par Pawlow, et là. nous allons remettre en place le phénomène de conscience.

Vous connaissez Ions l'expérience du chien de Pawlow. avec un petit estomac, qui permettait d'étudier les réactions sécrétoires. Si on met des aliments dans cet estomac, sans que le chien l'ai vu, on a un suc très pauvre, qui résulte de l'excitation directe de l'estomac par l'aliment considéré. Si, au contraire, on montre au chien un aliment, qu'il aime bien, sans le lui donner à manger, simplement en le lui montrant, le chien sécrète un suc d'appétit infiniment plus riche en substances digestives que le sue primitif. < )r, dans le premier cas, on avait eu un réflexe à point de départ local somatique ; dans le second cas, on avait eu un phénomène de conscience, qui était le désir de manger la bonne chose aperçue.

Ceci vous montre la sagacité de cet excellent Brillai - Savarin, qui fut un bon psychologue et psycho-physiologiste, et que la médecine ne saurait trop admirer ; et combien, au contraire, le vers de Musset est erroné : «Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse ! » 11 fallait qu'il fnl d'une jeunesse

un peu infantile pour prononcer un vois de celle sorle! Ceci vous prouve l'importance de la gastronomie.

.Mais ce n 'esl pas tout. Les réactions sécrétoires doivenl être étudiées dans leur ensemble, cl X émotion est une réaction de poly-motricitê comme elle l'est en quelque sorte de polyendocrinie. Les réactions sécrétoires ne sont pas seulement externes : elles sont aussi internes. Les réactions externes ont été très bien étudiées par mes deux amis, le Professeur Georges Dumas et Maloisel, qui, à propos de sa thèse de doctoral es sciences, sur les glandes salivaires, a examiné les réactions des glandes salivaires au cours des émotions.

Toutes les glandes sécrètent de façon variée, selon les émotions; ces réactions glandulaires ne sont pas seulement externes, elles sont aussi endocriniennes. Ces sécrétions internes varient. Cela a été le grand mérite de Camion d'insister sur cette importance. Il a constaté que les gens, qui assistent à une journée sportive, comme celle de Montlhéry aujourd'hui, — et qui me prive de quelques-uns de mes auditeurs — il a constaté, dis-je, que les jeunes gens en présence d'une pareille séance de sport d'automobile, etc., au cours des émotions passionnées qu'ils ressentent, ont des augmentations de leur glycémie, qui peuvent même aller jusqu'à la glycosurie. Et cette glycosurie émotive est liée en même temps à des modifications de l'adrénalinémie.

On a beaucoup discuté sur l'existence de l'adrénalinémie physiologique, c'est-à-dire de la présence de certaines quantités d'adrénaline chez tout le monde, et des variations de ce taux d'adrénaline. Et M. Gley, parce qu'il n'avait pas confirmé les observations expérimentales de Tournade et Chabrol, ne voulait pas les admettre. Mais il ont su avoir recours à de nouveaux dispositifs expérimentaux. Ils sont arrivés à avoir un chien transfusé, n'avanl aucune connexion nerveuse avec

le chien transfuseur, et ils oui vu, dans ce cas-là, que l'augmentation du taux do l'adrénaline, riiez le chien transfuseur, étant due à l'excitation du boul périphérique du splanchnique, il y avail apparition de réaction vaso-motrice, caractérisée par de l'hypertension, avec de la vaso-constriction, chez le chien transfusé. Par conséquent, l'excitation <ln grand splanchnique, déterminanl une augmentation de la sécrétion d'adrénaline, vous pouvez arriver à déterminer îles réactions sympathiques chez le chien transfusé.

C'esl la démonstration qu'une excitation du splanchnique Millil à déterminer de l'hyperadrénalinémie.

Vous savez les relations liés étroites, <[ni existent entre l'hyperadrénalinémie e1 l'augmentation de la glycémie. Ce sont deux choses parallèles e1 Maranon a montré qu'une émotion détermine une augmentation de l'adrénaline par l'intermédiaire des splancHniques.

Ceci ne me paraîl pas douteux, e1 pourquoi ? Pourquoi nue émotion-choc détermine-t-elle nue augmentation de l'adrénaline ? Pourquoi l'émotion-choc retentit-elle particulièrement suc la surrénale, plutôt que sur d'autres glandes endocrines ? C'est parée qu'il y a une disposition spéciale du sympathique. Les neurones du grand splanchnique n'uni pas de synapses mi niveau des ganglions de la chitine: ils vont directement du tractus intermedio-lateralis jusqu'au niveau de la surrénale. C'est là nne disposition remarquable, qui l'ait du grand splanchnique un système sympathique hiérarchisé intermédiaire entre le système vagal et les autres systèmes sympathiques fédéraux, qui répondent, eux-, alors, à une république un peu lâchement l'édéraiivc. tandis qu'au contraire le système spla nchnique allant aux surrénales représente un gouvernement beaucoup plus fortemenl hiérarchisé et plus rapproché de la t èi e.

Est-ce toul ! Non. Il n'\ ;i pas <( m ♦■ ces manifestations liées à des modifications nerveuses. Il y a plus : des variations dans la tension superficielle des humeurs, des variations colloïdales sous l'influence de l'émotion-choc. Le choc émotif, comme tous les chocs, que Ton étudie maintenant en pathologie, détermine des modifications du milieu sanguin, au point de vue de son index réfractométrique, (Je sa viscosité, de sa richesse en colloïdes, cl de sa dissociation en ions. De telle sorte qu'il y a là, véritablement, un choc psychvclasique, el cela a clé le mérite de M. Joltrain, au cours de la guerre, de constater que, che/ les émotifs, il n'existait pas seulenieni des manifestations nerveuses, mais des modifications humorales, cl que [a vieille expression populaire : « J'ai eu les sangs tournés », répond à une réalité. Ou connaît la formule colloïdoclasique de M. Widal avec ses modifications de l'index réfractométrique, la diminution des leucocytes, l'abaissemenl de la pression, les variations de la tension superficielle, de la viscosité, de la richesse en acide carbonique, et t\r l'ionisation. El uaturellement, les modifications de l'acidité ionique, sur lesquelles j'aurai à revenir. Vous voyez la justesse de l'expression, que j'employais, il y a déjà longtemps, quand je remplaçais le Professeur Dupré à Sainte- Anne, qu'à côté de la psychiatrie physiologique nerveuse, il y a une psychiatrie colloïdale, que c'est de ce côté qu'il l'aul se diriger pour arriver à se rendre compte de beaucoup de manifestations, lani normales que pathologiques.

.Mais je me laisse entraîner. Nous voyez ce que l'on observe lorsqu'on étudie les émoi ils. non pas seulcmcnl d'une manière unipolaire, mais dans leurs manifesta! ions psychiques d'expression striée, et, d'au Ire part, dans leurs concomitances somaliques.

Puisque, maintenant, nous connaissons l'émotion des émotifs, voyons l'aspect de Pémotivité.

\J émotivité est celte variété du coefficient réactionnel individuel qui se caractérise par V intensité, la facilité et la fréquence des émotions-choc. Donc, d'abord, la description de l'émotivité avant de passer à l'élude de ses éléments.

Les descriptions seront rapides : il l'aul, néanmoins, distinguer l'émotivité normale, et l'émotivité morbide. L'émotivité normale est variable selon les âges. Uêmotivitê infantile tient, d'une part, à la prédominance des instincts, d'autre part, à la prédominance des réactions vago-sympathiques, type 3 (fig. 14). Uêmotivitê juvénile est, en somme, du même ordre que l'émotivité infantile, avec l'apparition de cet agent perturbateur qui est l'éveil de l'instinct sexuel avec ses variations dans ses sécrétions, qui sont déjà importantes chez l'homme, et encore plus chez la femme.

Et ceci m'amène à Yémotivité féminine, qui est incontestable. Elle tient — je ne veux pas le dire — peut-être à la persistance de la prédominance des instincts du fait d'un développement moins parfait des connexions inter-neuronales de la couche grise, et certainement à une augmentation de l' excitabilité vago-sympathique, du fait surtout «les hormones ovariennes et thyroïdiennes.

Enfin, l'émotivité sénile ne tient pas à une augmentation des sécrétions, mais à un déficit des fonctions synthétiques supérieures. Et ceci m'amène à Yémotivité morbide, et là, i faut distinguer, selon qu'on se contente de la clinique de surface, ou selon qu'on l'ail de la clinique profonde.

La clinique de surface a été bien faite par Ernest Dupré, lorsqu'il a décril la constitution émotive, qui répond à une chose que l'on voit couramment, e1 qui. au point de vue pathologique, constitue tout un ensemble, qu'on peut synthétiser

sous le nom de psychonêvrose émotive, se compliquant de manifestations anxieuses paroxystiques, mais qui sont contingentes.

Si, au lieu de la clinique de surface, on fait de la clinique

profonde, on s'aperçoit que ees individus émotifs sont extrêmement divers dans leurs mécanismes, et qu'il y a lieu de distinguer, d'une part, les réactions de la zone psychique — où existent des insuffisances variables de la personnalité qu'on étudie — , les manifestations de la zone nerveuse — avec les variations du tonus de relation, et surtout avec les diffusions des modifications sympathiques — , les perturbations de la zone endocrinienne — , caractérisées souvent au point de vue morphologique, par la persistance d'un état juvénile, juvénilisme lié souvent à l'hyperthyroïdie et, d'autre part, au point de vue humoral, par la facilité des chocs colloïdoclasiques et la labilité du pH, c'est-à-dire par l'acidité ionique, qui varie chez eux avec une très grande facilité — , et dans la zone viscérale par la fréquence des altérations mécaniques telles que les ptôses, par exemple, et des modifications en rapport avec des lésions liées aux maladies antérieures. Et enfin, si on étudie le noyau morbifique, on s'aperçoit d'une morbidité constitutionnelle, qui traduit soit des intoxications : intoxications externes comme l'alcoolisme, intoxications internes comme l'hyperthyroïdie, soit enfin des traumatismes : traumatisme unique tel que les accidents de chemin de fer qui déterminent une émotivité morbide qui persiste plusieurs mois ou années après l'accident, soit des traumatismes successifs, ayant entraîné un état chronique d'émotivité, comme on l'a vu souvent pendant la guerre, où des capitaines, on ne peut plus braves au feu, finissaient par se trouver mal à la détonation d'une bouteille de Champagne. Il y a là une peur morbide acquise, qui a été étudiée

par M. Broussaud dans sa thèse, où il a montré le rôle très important de la peur morbide acquise, qui n'est pas seulement psychogenétique, mais que nous nous expliquons parfaitement en raison des modifications des sécrétions internes déterminées par l'émotion et par la facilité des perturbations surrénales entraînant de l'hyperadrénalinémie sous l'influence des chocs émotifs.

Vous voyez l'intérêt de l'étude de cette émotivité morbide» et si, au lieu de nous placer au point de vue de la clinique profonde, nous nous plaçons au point de vue étiologique, nous distinguons une émotivité artério-scléreuse, une émotivité alcoolique, une émotivité périodique liée à des perturbations thyroïdiennes, une émotivité traumatique toile que celle de la guerre.

El j'arrive maintenant à la paiho génie, de manière à voir commenl on peut grouper les différents éléments, qui jouent un rôle dans l'émotivité. pour les hiérarchiser.

Nous voyons que, d'abord, il y a possibilité d'un élément défie taire des fonctions synthétiques supérieures, et. d'autre part, des modifications endocriniennes caractérisées par de l'hyperthyroïdie.

Passons en revue ces différents éléments. Au point de vue psychologique, prédominance de col aines tendances qui sont davantage en quelque sorte à la surface de la conscience, du fait d'une diminution ou d'une agenésie des fonctions synthétiques supérieures. D'autre part, possibilité du refoulement de certaines tendances avec des agitations viscérales secondaires. Tous ces troubles du refoulement sont particulièrement étudiés par L'École Freudienne, ('/est là que l'on pourrait revenir à la définition, que je vous donnais tout à l'heure, des émotions, qui sont des v;\\r< de l'instinct.

Viennent ensuite les éléments sympathiques. Ces éléments sont des éléments ortho-sympathiques, avec ataxie vasomotrice, et des éléments vagaux, en rapport avec l'anxiété continue ou paroxystique, ou des éléments endocriniens, surtout dominés par l'augmentation de fonctionnement de la thyroïde, et des surrénales, et perturbations dans le fonctionnement ovarien.

L' émotivité de la ménopause a entraîné le type de la bellemère, classique dans les comédies. Cette émotivité, en rapport avec 1'insunïsance de la chalone ovarienne, entraîne une exagération des fonctions thyroïdiennes. Il y a aussi une émotivité en rapport avec un mauvais aboutissement des sécrétions ovariennes. Il existe des cas où les tendances n'aboutissent pas à l'apaisement, et alors, l'endocrinologue peut quelquefois avoir recours à des ersatz; certains produits rendent des services en arrivant ainsi à calmer des agitations psycho-viscérales spéciales, lorsqu'elles ne peuvent pas trouver mieux...

Puis viennent les manifestations humorales, consistant surtout dans l'hyperadrénalinémie, les variations de la glycémie, le choc colloïdoclasique, et les variations de l'acidité ionique.

Les variations de l'acidité ionique se caractérisent par la labilité, c'est-à-dire la très grande étendue des variations, et ceci permet de distinguer l'hyperémotivité de l'anxiété. Lorsqu'il y a réaction anxieuse, somato-genétique, il y a toujours une exagération du pH, qui arrive à dépasser 7. 11 y a donc, dans ces cas-là, l'expression urinaire d'une alcalosc profonde, qui m'a permis de dire qu'il y avait une anxiété névrose alcaline. Mais beaucoup d'émotifs ont seulement des variations selon les heures et les jours. El c'est ainsi que chez plusieurs émotifs post-traumatiques, que j'ai observés, il y avait des variations de pli allant de 4 jusqu'à 7 1/2.

Kl eniin, les modifications «le la fibre musculaire lisse. La libre musculaire lisse est constamment excitée chez les émotifs, qui ont des modifications des poils, des exodes en rapport avec les contractions rapides des fibres intestinales, des réactions violentes vaso-motrices et sudorales. Pourquoi la fibre musculaire lisse est-elle excitée ? Est-ce que c'est seulement sous la dépendance de certains territoires sympathiques ? Mais non, car nous voyons des réactions lisso-motrices aussi bien dans le domaine vagal que dans le domaine orthosympatique. 11 faut donc chercher plus loin. On trouve quelque chose de remarquable. M. et Mme Lapicque ont constaté des modifications dans la l'acuité d'imbibition des libres musculaires. Et cette facilité d'imbibition retentit sur la chronaxie. Je vous rappelle que la chronaxie est définie par la rhéobase. La rhéobase est la quantité d'électricité, mesurée au courant galvanique, nécessaire pour produire, aussi longtemps que l'on veut, la contraction. C est la moindre quantité d'électricité nécessaire pour produire la contraction liminaire, pour avoir le seuil de la contraction. Par conséquent, c'est l'intensité minima du courant continu, passant aussi longtemps que l'on veut, pour déterminer le seuil liminaire de la contraction. Vous doublez la rhéobase, c'est-à-dire que vous prenez une intensité double, et alors vous calculez le temps minimum pendant lequel passe le courant continu pour produire la contraction liminaire. Et vous obtenez ainsi la chronaxie, qui est donc le temps minimum pendant lequel passe un courant continu, dont V intensité est double de la rhéobase, pour obtenir le seuil de la contraction.

Les choses étant établies ainsi, vous remesurez la chronaxie relativement aux variations de l'imbibition, et qu'est-ce que vous voyez ? La chronaxie est d'autant plus courte que les qualités d'imbibition sont plus grandes. D'autre part, vous

voyez que Vimbibition est d'autant plus grande que la température est plus élevée, et alors, vous ne pouvez pas immédiatement ne pas établir un rapport entre ce que je disais hier à mes élèves, de l'allongement de la chronaxie, de la lenteur de la contraction à la réaction d'Erb, chez les individus restant extrêmement longtemps plongés dans l'eau ou dans le froid, et présentant les syndromes physiopathiques de Babinski. Par conséquent, vous voyez comme les choses s'enchaînent.

D'autre part, qu'est-ce que vous voyez également ? C'est que si nous perfusons des fibres musculaires lisses avec un liquide de Ringer, dans lequel nous faisons varier soit les ions calcium, soit les ions potassium, il y a une diminution avec les ions calcium et augmentation avec les ions potassium. Or, nous savons que les choses sont les mêmes pour la chronaxie, de telle sorte que nous voyons un parallélisme extrêmement étroit, et que nous arrivons à ébaucher l'idée d'une théorie physique de Vémotivité, théorie physique basée sur les qualités d'imbibition de la libre musculaire lisse, permettant ainsi d'entraîner des variations de la chronaxie, jouant un rôle considérable dans les manifestations du comportement émotif des individus.

Évidemment cela n'expliqué pas tout, mais nous savons ({ne chez les jeunes, la chronaxie est courte, qu'il y a facilité d'imbibition ; par conséquent, on ne peut pas s'empêcher de remarquer qu'il y a là des faits très intéressants, et qui nous permettent de nous évader de divisions trop étroites, du domaine psychique, neurologique et même endocrinien, et au lieu de nous épanouir dans le domaine des manifestations de surface, de pénétrer dans le domaine de cette vie psychophysico-chimique, qui tend à tenir la première place dans les explications biologiques, que nous recherchons.

Ainsi, vous voyez où aboutissent nos observations. Nous

.i\ mus déjà un certain nombre de nuits qui permet I enl de caraetériser ces types cliniques différents selon le point de vue. Les psychologues parlent de Yhyperêmotif avec les névroses d'angoisse à la Freud. Les sympathologues parlenl de type vaso-moteur sympathique. Les endocrinologues parlenl d'hyperthyroïdie. Les physiologistes, à tendances physiques, parlent d'hyperlissomotricité. Enfin, d'autres cliniciens à tendance, physiques, parlent de diathèse colloïdoclasique.

Tous ces syndromes sont extrêmement rapprochés les nus des autres. Ils ressemblent un peu à ces guerriers qui combattaient l'un contre l'autre, parce que leurs écus n'avaient pas la même couleur d'un côté, mais quand ils retournaient ces écus, ils s'apercevaient qu'ils étaient colorés les uns en ronge en avant, et les autres en bleu de l'autre côté, et qu'il sullisail de les retourner pour les avoir pareils. Là, c'est la même chose. Néanmoins, comme je ne veux pas être simpliste, je ne veux pas dire qu'il y a identité entre tous ces types : hyperémotivité, type vasomoteur sympathique, hyperlhyroïdie et hyperlissomotricité, diathèse colloïdoclasique. Je dis simplement qu'ils se rapprochent beaucoup, quoique vraisemblablement ils ne juxtaposeraient pas exactement leurs franges, si on les appliquait les uns sur les autres pour établir leurs contours à la manière de la méthode de Gallon. Néanmoins, je crois que ceci a un certain intérêt, et vous voyez comment on peut se rendre compte de l'émotivité et des facteurs qui jouent un rôle dans son déterminisme, d'où découlent, naturellement, des conclusions pratiques et théoriques.

Conclusions pratiques relativement à la thérapeutique, qui devra être complète, envisageant l'individu dans tout son ensemble : thérapeutique éducative du caractère, du self-contrôle, hydrothérapie. D'autre part, thérapeutique réduisant au minimum le refoulement, en sachant faire en quelque sorte

de la sublimai ion dos émotions instinctives, et en sachant peut-être également se servir des rêves, car le rêve a une fonction cathartique, et le grand rêveur peut ainsi se débarrasser de beaucoup d'idées ei d'émotions pendant la nuit, ce qui le dispense, quelquefois, de faire des bêlises pendant le jour.

Puis j'insiste sur la thérapeutique agissant sur le sympathique, avec certains sédatifs, et incontestablement l'opium à peliles doses; le laudanum à doses de 15 ou 20 gouttes est quelquefois un frein remarquable de certaines émotivités, et je connais des malades, qui ainsi peuvent arriver à avoir un seuil d'émotivité suffisant pour leur permettre une vie normale.

El du côté glandulaire, je cite l'atropine ou l'hémato-élhyroïdine, diminuant l'hyperexcitabilité thyroïdienne, e1 enfin au point de vue du fonctionnement des fibres musculaires lisses, pour fortifier la hiérarchie de l'organisme, l'ion calcium, qui, certainement, est un neurotonique merveilleux, qui resserre les fonctions hiérarchiques des individus.

Au poinl de vue pratique encore, à côté de la thérapeutique, se place la déduction médico-légale. Autrefois, avec la division de Charcot, quand on ne constatait pas de signes physiques du système nerveux, on disait : « C'est un hystérique, ei on avait tendance à vouloir constater que l'indemnité élail réduite à zéro. Ce fut le mérite de vieux médecins légistes de montrer qu'à la suite d'accidents de chemins de fer, entraînant une commotion sérieuse, il y avait souvent la persistance d'une tachycardie, et on avait mis à part la neurasthénie avec tachycardie. Aujourd'hui, nous l'expliquons parfaitement avec les perturbations du côté de la thyroïde et des surrénales; par conséquent, à côté des manifestations organogenétiques, sont, les manifestations physio- génétiques qui doivent être distinguées des modifications purement psycho-

génétiques, et qui doivent entraîner, en même temps qu'une diminution de la capacité de travail, une indemnité corrélative.

Et enfin, la conclusion théorique : c'est que vous voyez l'intérêt de ces questions, qui sont en quelque sorte au carrefour d'une série d'avenues, qui s'élancent vers de grandes idées générales.

C'est toujours un plaisir de jouer avec les idées générales dans les jardins d'Academos. Et je crois que vous pourrez retenir de cet entretien, beaucoup trop long à mon avis — mais enfin je vous remercie de votre remarquable attention — vous pourrez retenir de cette conférence, comme bouquet spirituel, en quelque sorte, que Xèmotivitè pourrait être appelée les flammèches du cœur, mais que Y affectivité sans émotivité est encore meilleure, et qu'on pourrait l'exprimer par la comparaison de Yignis ardens sans fumée.

Mardi, 12 Janvier 1928.

concentrique dans le diagnostic des psychonévrosés

« Les Burgraves avaient trois armures : la première était faite de courage, c'était leur cœur ; la deuxième d'acier, c'était leur vêtement ; la troisième de granit, c'était leur forteresse. »

Victor Hugo.

Je désire vous parler aujourd'hui de la Méthode concentrique dans le diagnostic des psychonévrosés Je vous rappelle que l'autre jour j'ai divisé les psychonévroses en quatre variétés, en me basant simplement, peut-on dire, sur le diagnostic desurface. Nous avons ainsi reconnu Y hystérie, avec prédominance de la suggestion et de la mythomanie; la neurasthénie avec prédominance de la dépression ; la psychasténie avec prédominance de doute anxieux; la psychonévrose émotive avec prédominance de l'émotion et des agitations viscérales qui l'accompagnent.

A propos des quatre malades répondant à ces quatre types, que je vous ai présentés, je vous ai dit qu'en creusant un peu, chacun .d'eux pouvait être ramené à des processus beaucoup plus complexes, où il y avait toujours un élément viscéral. En particulier, j'avais terminé en vous montrant une malade qui était la synthèse de ces quatre types, où l'on retrouve les éléments hystérique, neurasthénique, psychasténique et l'élément de la psychonévrose émotive.

Ceci montre la nécessité pour chaque psychonévrosé de

faire ce que j'appelle le diagnostic en profondeur, au lieu de se contenter d'un diagnostic de surface.

Pour saisir l'intérêl de ce diagnostic en profondeur, il faul d'abord que je vous rappelle quelle est la règle classique pour établir un diagnostic. Je l'ai déjà dit, mais ceci est si important qu'il faut toujours y revenir.

Faire un diagnostic consiste à ramener chaque cas particulier clinique aux descriptions générales de la pathologie. Soit, par exemple, une femme essoufflée, à lèvres cyanosées, présentant de l'œdème des membres inférieurs, une augmentation de la matité cardio-hépatique, avec des urines rares. un pouls petit, rapide. On fait le diagnostic du syndrome: dans ce cas c'est une asystolie, expression d'une perturbation de la fonction cardiaque. On ausculte le cœur, on trouve un souffle systolique apexien se propageant dans l'aisselle : dia" gnostic, insuffisance mitrale ; c'est le diagnostic de l'affection, c'est-à-dire la localisation morbide.

Puis on interroge la malade : on apprend qu'elle a eu du rhumatisme articulaire aigu : c'est donc une maladie infectieuse qui a causé les manifestations. Si on pense en clinicien, on va du cas particulier aux descriptions générales : c'est la méthode indurtù'e, et du syndrome, expression des perturbations de fonctions, on passe à l'affection, localisation morbide sur un organe et à la maladie, c'est-à-dire à l'agent causal, intoxication, infection, cancer ou même avitaminose.

Dans l'exemple choisi, nous aurons donc le diagnostic suivant : asystolie par insuffisance mil raie d'origine rhumatismale.

Si vous êtes pathologisle. vous suivez la voie déductive, et ayant étudié maladie, affection cl syndrome, vous voyez comment s'est produite la maladie en regardant la descente de celle-ci dans les Localisations viscérales, et vous voyez que

les localisations viscérales s'expriment par des syndromes.

Mais en plus, en psychiatrie, il y a non seulement un diagnostic syndromique, mais encore un diagnostic pittoresque résultant des réactions sociales. C'est que le cerveau n'esl pas un organe comme les autres ; il a une fonction spéciale dans les rapports d'interpsychologie. (-'est ainsi qu'en psychiatrie vous décrirez un individu, qui est mégalomane, ou persécuté, avec déficit intellectuel, démence, en rapport avec une méningo-encéphalite diffuse, une paralysie générale, liée à la syphilis.

Mais ce n'est pas tout. Quand on donne à un individu un coup de massue, quelle que soit son individualité, il tombe dans le coma, et la cause choquante es1 si intense qu'il n'y a pas de réactions résultant de la personnalité, qui diffère cependant d'un individu à l'autre.

Au contraire, à mesure (pic la cause traumatisante est moindre, les réactions individuelles prendront une part plus grande au tableau clinique, de telle sorte que le diagnostic n'est complet qu'à la condition de le terminer en disant : type pittoresque avec syndrome, affection, maladie, chez un individu qui a telle constitution, tel tempérament, tel caractère, la constitution étant l'expression morphologique, le tempérament l'expression physiologique, et le caractère l'expression psychologique du coefficient réactioimel individuel. C'est seulement une l'ois qu'on a parcouru ces sept chapitres qu'on a fait uji diagnostic clinique complet.

Mais si cela est facile dans beaucoup de cas, bien souvent, en raison de, l'intrication des symptômes chez les individus particulièrement nerveux, il est impossible à priori de ramener le syndrome à une perturbation de fonctions et de le lier à une affection. Il faut donc avoir une méthode plus prudente, où on classe tous les symptômes qu'on recueille dans certaines

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zones. J'ai été amené à cet le méthode par l'étude des accidentés du travail, et dans une leçon de 1919 sur les réactions nerveuses et psychiques chez les accidentés du travail, j'ai montré qu'en présence d'un accidenté du travail il fallait d'abord appliquer la méthode de Babinski : chercher si oui ou non il y avait des signes physiques d'affection lésion nelle organique du système nerveux. Voilà d'abord le premier noyau : le noyau central organique lèsionrwl.

D'autre part, il fallait rechercher si les manifestations de la conduite présentées par le malade étaient en rapport avec un processus organique, ou si elles n'étaient pas seulement liées à un intérêt particulier, à un intérêt « égoïste ». En effet, ce qui a frappé tous les observateurs, depuis la loi de 1898 sur les accidents du travail, c'est que pour un même accident, quel qu'il soit, il y a une différence considérable dans la longueur du temps nécessaire à sa consolidation, selon que l'individu peut tirer de son accident un bénéfice ou selon qu'au contraire il ne peut en tirer aucun. C'est la grande constatation qu'a faite Brissaud et qui montre qu'il y a des réactions de l'esprit chez les accidentés, et qu'autour de ce noyau central organique lésionnel avec signes physiques fonctionnels, existe une atmosphère plus ou moins étendue en rapport avec les réactions dues à l'intelligence et à l'esprit de l'individu en vue de tirer le meilleur parti possible de la situation.

Mais, direz-vous, ce n'esl pas nécessaire de reprendre toute cette théorie pour redire ce qu'on disait déjà du temps de Charcot, où l'on parlait des associations hystériques dans les manifestations organiques.

C'est utile, parce qu'entre ce noyau organique et cette sphère des manifestations procédurières, selon le terme de Lacassagne, il y a une autre zone, zone qui n'avait pas échappé

à Vibert. En effet, parmi les individus atteints de psyehonévrose traumatique, qu'on avait rangés soit dans l'hystérie, soit dans la neurasthénie traumatique, on avait remarqué qu'il y en avait certains qui avaient une tachycardie, que rien ne pouvait faire cesser; qu'il y avait en même temps un degré d'émoti- \ité dépassant considérablement ce qu'un individu est capable de déterminer lui-même, et que cela ne pouvait se calmer qu'après 1res longtemps. Le pronostic apparaissait différent pour les cas de tachycardie anormale et les cas où il n'y avait pas ces mêmes manifestations.

L'expérience chez les animaux, faite par Camion, déterminant des manifestation psychiques particulières à la suite d'injection d'adrénaline, et, inversement, les observations faites par certains auteurs de décharge d'adrénaline chez des individus très émus, ont montré que cette observation de Vibert répondait à quelque chose de juste, et qu'il y avait un processus fonctionnel qui n'était pas psycho génétique, c'est-à-dire qui n'était pas lié à des phénomènes dus à l'intelligence ou à un désir ou à l'intérêt, mais qui était physio génétique, c'està-dire dû à des perturbations de l'organisme en lui-même.

Cette sphère physiogenétique est très importante, parce qu'elle est liée essentiellement à la symptomatologic sympathique cl endocrinienne. Indépendante d'une altération organo-lésionnelle, et de troubles psychiques, elle est liée à des perturbations organiques fonctionnelles ; c'est donc, peut-on dire, une sphère de perturbations dynamiques, ce qui me faisait dire que, dans les accidents du travail, l'individu réagit avec tout son être, avec son corps (lésion organique), avec son cœur (trouble organique dynamique) et avec son esprit (perturbations psychogenétiques). Et ceci m'a amené à la méthode concentrique dans le diagnostic des psychonévroses, où il y a lieu de distinguer cinq zones.

Fie III Schéma concentrique de l'accidenté du travail

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