‹ La Méthode d'influence de Saint François de SalesChapitre 17 sur 22 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

La discussion que nous venons de suivre au sujet du terme où peut nous élever l’investigation philosophique secondée par la pratique morale (1), permet à saint François de Sales de dégager l'idéal, auquel il prétend légitimement conduire l’âme en quête de sa fin et de son bonheur.

# Ce n’est rien moins qu’une union avec Dieu par un amour d’amitié consommé en une mutuelle bienveillance. Plus encore, c’est une « amitié de dilection, par laquelle nous faysons election de Dieu pour l’aymer d’un amour particulier » (2). — Mais comment acheminer notre cœur vers une telle sublimité, lui qui est « couvé, nourri et eslevé emmi les choses corporelles, basses et transitoires, et, par maniere de dire, sous les aysles de la nature ? » (3) — Une longue éducation est nécessaire pour cela. Elle sera éclairée et dirigée par la loi de la logique morale, que nous avons entrevue dans le mouvement spontané qui nous entraîne vers le souverain Bien (4). Et tout son effort consistera à mettre en valeur l'aptitude constitutive, qui sous forme « d’inclination naturelle d’aymer Dieu sur

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(2) Traitté, liv. IL, ch. 22, — t, IV, p. 164. (O) MERE A NN 0 VÈE (4) Cf. supra, 2e P., ch. IT.

toutes choses » nous oriente dès notre point de départ vers notre destinée (1).

Comment Saint François de Sales en sa synthèse pratique dirigera-t-il le disciple, qui accepte de se mettre à son école ? Comment le fera-t-il passer de la possession idéale à la possession réelle de ce Bien, dont l'analyse précédente vient d’aviver encore en lui l’impérieux désir ?

[Il n’y a qu’une méthode efficace pour y réussir : guider l’âme humaine dans la mouvante synthèse, qui constitue sa vie. Cela se fait par l’éveil de ses énergies intimes, par leur développement grâce à des adaptations voulues et choisies, jusqu’à leur union définitive avec leur sublime objet en une assimilation aussi parfaite que possible. L’amoir, en effet, est « comme un bel arbre duquel la racine est la convenance de la volonté au bien, le pied en est la complaysance, son tige c’est le mouvement ; les recherches, poursuites et autres effortz en sont les branches, mais l’union et jouissance en est le fruit » (2).

() CF ESHpr A 2e BEA ch AT (2) Trailté, liv. I, ch. 7, — t. IV, p. 41.

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