‹ La Méthode d'influence de Saint François de SalesChapitre 7 sur 22 · FORMATION DE SA MÉTHODE · texte numérisé non relu

FORMATION DE SA MÉTHODE

bien d’autres encore. Il avait done puisé aux meilleures sources les principes de l’ascétisme et de la mystique (1).

Cependant, s’il était heureux de coopérer à une telle rénovation religieuse, saint François de Sales était trop avisé pour ne-pas en apercevoir les dangers. Il est si facile de s’égarer en ces démarches, où l’âme tend à s’unir à Dieu par un élan d’amour, à se perdre, à se « liquefier en Lui » : les causes d’illusion et d'erreur s’y rencontrent à chaque pas. Le désir d’en préserver les fidèles détermina saint Françcois de Sales à écrire son Traité de l'Amour de Dieu.

Il y tracera done Îa voie, par où «l'âme des-Ja devote » (2) se rapprochera sans cesse de son Dieu ; il lui décrira les moyens, qui la conduiront à toujours plus de lumière et d'amour. Mais en même temps, il aura aussi pour objectif de «ramener au bercail les brebis égarées » (3). Ses manuscrits originaux en font foi.

$ II. — Sa méthode.

Sa méthode d’ailleurs sera la même dans les deux cas. En ce début elle est éminemment une pratique, une action et au sens étymologique de ce mot un «ascétisme », c’est-à-dire une série d'exercices au moyen desquels l'âme s’élèvera vers ce Bien suprême, dont le désir la travaille alors même qu’elle ne le soupçonne pos encore. En réalité, c’est le fruit de son expérience qu'il nous apporte, car cette ascension à laquelle il convie son ami lecteur, il l’a lui-même exécutée au

(1) Cf. Dom Macxey, Œuvres de Saint François de Sales, t. IV, introduction, p. LITLet LIII. — Cf. PETIT DE JULLEVILLE, Histoire de la Langue el de la Littérature française, t. III, p. 360, Paris 1896.

CDETTaitlEAPré Et IN p.13:

(3) Cf. Dom Macxey, Introduction, t. IV, p. XLII.

préalable. Aussi, est-ce dans le geste de sympathie, qui est au fond de toute influence efficace, qu’il nous prend par la main afin de nous conduire d’étapes en étapes vers le but suprême et de rendre notre âme semblable à la sienne.

«Tel un géant, qui ayant gravi d’un bond les sommets les plus élevés redescend vers le voyageur attardé au milieu de la plaine, et l’entraîne dans la rapidité de sa course, ainsi notre Docteur, après avoir atteint les cimes de l’amour divin, redescend, pour ainsi dire, vers l’âme chrétienne désireuse de fournir le même parcours : 1l l’exeite, la soulève et l'emporte jusque dans le sein de la charité incréée » (1).

(1) Cf. Dom MAcKEey, Introduction, t. IV, p. VIII.

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