III. — VALEUR DE LA MÉTHODE
Quelles conclusions peut-on tirer de ces documents ? A un premier examen, il semble difficile de se faire une opinion nette, étant donné la diversité des résultats obtenus. Le désaccord est constant et porte sur tous les points : qu'il s'agisse de l'influence de la stase sur tel ou tel symptôme ou sur le résultat final, ou qu’il s'agisse des indications à poser suivant telle ou telle forme de mastoïdite, les contradictions sont nombreuses. Celui-ci refuse à la slase tout rôle analgésique ; pour celui-là, une des principales qualités de la méthode est son influence calmante. Xeppler apportera des résultats également favorables, quelle que soit la forme de mastoïdite traitée. Heine préconisera la méthode dans les cas compliqués d’abcès sous-périosté, Eschweiler, dans ceux qui sont caractérisés par une tuméfaction diffuse de la région mastoïdienne, Fleischmann, au contraire, dans les cas sans abcès. Pour Keppler, le résultat est d'autant meilleur que
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l'affection est traitée plus tôt; Stenger pense que la stase convient mieux aux cas soignés tardivement.
Voyons donc s’il est possible, étant donnés les résultats énumérés plus haut, d'établir nos conclusions sur quelques faits précis. Pour cela, envisageons à nouveau l’influence de
la stase dans les cas aigus et dans les cas chroniques.
Cas aigus.
Olites aiguës non compliquées. — Les otites aiguës simples traitées par l’hyperémie semblent, en général, avoir guéri le plus souvent : la disparition des phénomènes douloureux fut signalée à plusieurs reprises, mais, chez la plupart des malades, la paracentèse et le repos au lit furent combinés à la stase : il est donc difficile de dire si cette dernière constitue le principal facteur du succès. D’autres expériences pourront peut-être préciser ce point; mais leur utilité est-elle bien évidente? Le traitement, aujourd’hui classique, des otites aiguës suppurées par les pansements secs aseptiques donne de si bons résultats (M. Lermoyez a récem. ment insisté sur celte question) (1) que la méthode byperé. mique peut sembler vraiment le compliquer inutilement. Cette méthode n’abrège pas la durée de l'affection : si quelques otites guérissent en dix jours, d’autres persistent plusieurs semaines : enfin, les échecs ne Sont pas rares, comme le prouvent les résultats de Heine et de Fleischmann.
Olites aiguës compliquées de mastoïdites. — L'application de l'hyperémie aux mastoïdites a donné lieu à deux criliques, l'une, sans importance, l’autre capitale :
1° L'hyperémie par la bande ne calme pas les phénomènes douloureux. |
1. Lermoyez. Annales des maladies des oreilles, etc., 1908, ne 72