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mière séance de stase : bien avant l’incision de l’abcès, toute sensibilité avait disparu au niveau de la mastoïde.
Des faits analogues sont signalés par /semer dans les observations [IT (1906) et V (1906), dès le lendemain de l’application de la bande, les douleurs cessèrent complètement, et le malade put dormir tranquillement : aucun abcès ne fut incisé : la paracentèse n'avait pas été faite.
Cette influence sédative est parfois même si accentuée que certains malades réclament d'eux-mêmes la reprise des séances de stase qui calment leurs souffrances et leur procurent le sommeil. -
2 L’hyperémie par la bande est une méthode dangereuse qui expose le chirurgien à garder trop longtemps l'expectative. — Ce reproche est le plus grave de tous ceux qui ontété adressés à lastase. /Jeine, Isemmer, Fleischmann et bien d’autres ont insisté sur la gravité de ces mastoïdites qui évoluent sournoisement, provoquant des lésions très graves, parfois même mortelles, alors qu’au lieu d’un traitement d'urgence, on se contente d'appliquer au malade une simple bande autour du cou.
Malheureusement, comme nous allons le voir, ce reproche semble bien fondé : la stase fait souvent perdre un temps précieux et négliger une opération indispensable : lorsqu’enfin on opère, on trouve un os détruit sur une large étendue, des collections purulentes souvent multiples, parfois même un abcès extra-dural. eine a signalé Plusieurs cas de ce genre, Hinsberg a opéré un malade chez lequel la stase avait été appliquée : ilexistait un abcès s’étendant le long du bulbe de la jugulaire. Zsemer, enfin, a publié plusiéurs observations qui montrent d’une facon évidente l'influence de l'hyperémie sur l’évolution des mastoïdites : dans ses différents cas, le même tableau clinique s’est toujours reproduit :
Tue
1° Disparition complète des phénomènes douloureux au bout de quelques heures de stase.
2° Excellent état général persistant pendant de longues semaines. |
3° Aggravation brusque et, au cours de la trépanation, découverte de lésions destructives étendues.
Voici quelques exemples où cette évolution est évidente :
Îsemer (observation III, 1906). — Auguste L...,29 ans,entre à l’hôpital, le 11 mai 1906, sort guéri le 18 juin 1906.
Commémoratifs. — La veille de Noël de l’année dernière, survint sans Cause connue une suppuration de l'oreille droite qui ne dura que quelques semaines : depuis cette époque jusqu’à il y a cinq semaines, l'oreille est restée sèche : à ce moment, à l’occasion d’un coryza, la suppuration reparut ct le malade n'ayant été nullement amélioré par les traitements ordinaires, entre à l'hôpital.
État actuel. — Homme robuste, se plaignant de violentes douleurs dans l'oreille droite et derrière l’oreille: pas de fièvre. Les régions avoisinant l'oreille ne sont pas tuméfiées : la mastoïde est un peu douloureuse à la pression. Le conduit auditif contient une grande quantité de pus non fétide, La paroi postéro-supérieure du conduit est un peu abaissée : le tympan est rouge,le marteau n’est pas visible : dans le segment postéro-inférieur, petite perforation par où s'écoule du pus en abondance.
Traitement et évolution de l’affection. — Nettoyages quotidiens du conduit, repos au lit, stase : 20-22 heures pro die. Le pus contient des diplocoques.
12 mat, — Nuit calme, les douleurs de l'oreille droite ont complètement cessé : le malade s’est très rapidement habitué à la bande et se sent mieux depuis qu'il la porte : dès qu'on l’ôte, les douleurs aiguës reparaissent dans l'oreille droite. Légère tuméfaction rétro-auriculaire, légère douleur à la pression au même niveau. Suppuration très abondante : tympan très bombé; paracentèse.
14 mai. — État général bon : pas de douleurs dans l'oreille droite:
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œdème mastoïdien assez marqué: léger abaissement de la paroi supérieure du conduit : abondant écoulement de pus par l’orifice de paracentèse largement ouvert, Pas de fièvre.
16 mat. — Le malade se plaint depuis cette nuit de douleurs intermittentes irradiant de l'oreille droite vers le vertex: les douleurs augmentent quand la bande est enlevée. Suppuration très abondante : les douleurs à la pression au niveau de la mastoïde ont augmenté : aucune modification à l’examen otoscopique: Pas de fièvre.
17 mai, — Nuit précédente mauvaise par suite de violentes douleurs pulsatiles : la {température est remontée ce matin brusquement à 39: l'écoulement du pus est abondant et facile : pas de frissons : œdème rétro-auriculaire marqué. Douleurs mastoïdiennes très vives à la pression. Pas de modifications à l'examen otoscopique.
Trépanaton au point d'élection: parties molles très infiltrées, très congestionnées : perforation osseuse au niveau de la partie moyenne de la surface de la mastoïde : par cet orifice sort en quantité du pus Jaunâtre. La paroi postérieure du conduit est détruite en partie. Avec le stylet on pénètre dans une cavité remplie de granulations qui saignent beaucoup. L’antre est largement ouvert : nombreux foyers purulents disséminés dans l’os qui est très congestionné : il y a un peu de pus dans l’antre : les parois antrales sont de couleur gris noirâtre ; l’os, jusqu'à\la dure-mère de la fosse cérébrale moyenne est nécrosé : par une large mise à nu de la dure-mère,on évacue du pus pulszltile (diplocoques et quelques staphylocoques): la dure-mère est recouverte de granulations en partie noirâtres, en partie nécrosées. Foyers purulents disséminés jusque dans la pointe Résection de cette dernière ; Drainage. Pansement.
18 juin. — Le malade est guéri.
Isemer (observ. II, 1906). — Guillaume Fr., 9 ans, entrée le 8 mai 1906. Sortie, le 25 juin 1906.
Commémoralifs : Il y.a deux semaines, le malade qui, auparavant, n'avait jamais souffert des oreilles, fut pris de violentes douleurs
dans l’oreille droite qu’il avait essayé auparavant de nettoyer avec
une allumette : les jours suivants, les douleurs s’accrurent : malgré des instillations d'huile chaude dans l’oreille, faites par la mère du malade, ét des compresses humides chaudes, l'enfant continuant à souffrir, on l’amène à l’hôpital.
État actuel : Enfant robuste, bien constitué. Organes thoraciques normaux. Pas de sucre ni d’albumine dans les urines. Température : 3802.
Légère tuméfaction pâteuse au niveau de la mastoïde droite, légère douleur à la pression à ce niveau. Conduit auditif sec,paroi postérieure rouge: tympan très rouge, très bombé dans son segment postéro-supérieur : pas de perforation. à
Traitement et évolution de l’affeclion : Paracentèse du tympan droit ayant pour résultat une abondante évacuation de pus : cessation des douleurs pulsatiles intra-auriculaires. Repos au lit, stase : 22 heures pro die : nettoyages quotidiens du conduit, pansement occlusif les premiers jours.
10 mai. — Nuit très calme : les douleurs d’oreille ont complètement cessé : la tuméfaction rétro-auriculaire ne s’est pas modifiée : vive douleur à la pression de la mastoïde.
Tympan moins rouge : ouverture large de la plaie de paracentèse ; suppuration très abondante : le pus contient des diplocoques et quelques staphylocoques. Pas de fièvre.
11 mai. — L'état général est bon : l’enfant ne se plaint pas : il joue dans son lit. Pendant la nuit, sommeil calme. L'état de l'oreille ne s’est pas modifié.
12 mai. — Ce matin, légère ascénsion thermique, mais état général bon. Conduit large, orifice de paracentèse largement ouvert; tym-: pan de coloration presque pâle : suppuration plus faible. Tuméfaction rétro-aurieulaire légère : pas de fluctuation : douleurs vives à la pression sur la surface de la mastoïde.
13 mai. — Pas de modifications : nuit tranquille : aujourd’hui, pas de fièvre.
14 mai. — Malade agité depuis minuit, Pas de douleurs d’oreille.
Tuméfaction rétro-auriculaire peu marquée : la douleur à la pression
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a augmenté, L’état de l'oreille ne s’est pas modifié : très faible écoulement de pus. Température, ce matin: 385.
15 mai. — Nuit de nouveau plus calme : l’enfant rit et joue dans son lit sans se plaindre, mais comme la température est montée ce matin à 39,8 et qu'aucune autre cause que l’otite ne peut l’expliquer, on pratique la trépanation :
Trépanation au lieu d'élection : Ouverture d’un gros abcès extra-dural : os et parties molles très congestionnés : 08 rugueux sur une faible étendue: quelques gouttes de pus sous le périoste : f>yers purulents disséminés dans l'os : ouverture d’une cellule avoisinant le sulcus sigmoïde ; cette cellule contient du pus crémeux, pulsatile, sous pression (diplocoques), abondant. La paroi du sinus et la dure-mère cérébelleuse sont de couleur jaune verdâtre et épaissies. Drainage. Pansement.
25 juin. — Le malade quitte l'hôpital, guéri.
D’autres cas du même genre ont élé publiés par Isemer cette année : Fleischmann ena cité également quelques-uns : d’autres résultats, plus graves ceux-là, puisqu'ils ont eu une terminaison fatale, doivent être mentionnés : à la Société d'otologie autrichienne (séance du 29 janvier 1906), Lœwy , de Carlsbad, a rapporté l’histoire d’une malade traitée par la stase.
« Chez une fillette de 10 ans, dit-il, avec otite moyenne aiguë gauche non encore arrivée à perforation, avec mastoïdite, je fis la paracentèse du tympan, l’incision de la mastoïde, et fis placer une bande pour la stase, sous la surveillance du médecin de la famille.
«Amélioration au bout de quinze jours : on interrompt la stase. La température monte à 40° ct au delà : douleurs occipilales violentes, J’opère, je mets à nu l’antre, une partie,intacte, de la dure-mère de Ja fosse cérébrale moyenne ; Je trouve que la paroi osseuse de la fosse cérébrale postérieure était atteinte et découvre un äbcès périsinusien : Jenlève la paroi externe, malade du sinus, et j'ouvre le sinus sur
toute sa largeur et sur une longueur de 3 centimètres.
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« Après accalmie de douze heures, la température remonte, la céphalée reparaît : ligature de la jugulaire pleine de sang, La méningite diffuse apparaît. Mort.
« Autopsie : Infiltration très étendue et purulente des méninges (la méningite devait déjà exister au moment de l'opération). Macroscopiquement, il n’était pas possible de trouver la propagation directe
de l’oreille aux méninges, »
L'orateur conclut en disant : « Faites la stase, mais ayez le bistouri en main (1). »
Ce cas malheureux n'est pas le seul : parmi les partisans de la méthodehyperémique, quelques-uns ont eu,à leur passif, d'aussi tristes résultats : voici deux observations de ÆEschweiler que nous reproduisons ici, bien que, d’après l’auteur, elles ne puissent permettre d’incriminer la stase :
Eschiweiler (obs. IX, résumée). — Hubert R.., 53 ans, entre à l’h6pital le 2 juillet ; meurt le 28 juillet.
Le malade vient nous consulter, le 12 juin, pour des douleurs de l'oreille droite. Il s’agissait d’une affection isolée de l'attique : le tympan n’était rouge et gonflé qu’au niveau de son pôle supérieur, si bien que sa petite apophyse était peu visible. Les phénomènes subjectifs étaient très accentués : sensation de plénitude dans Poreille, obnubilation, douleurs empêchant tout sommeil et irradiant vers la région temporale. Je fis le 15 juin une paracentèse dans le segment postéroinférieur du tympan, et le 19 juin, une seconde paracentèse dans le segment postéro-supérieur : elles ne donnèrent que quelques gouttes de sang, pas de pus. La stase fut appliquée 22 heures pro die.
L'élat ne s’améliorant pas par ce traitement, le malade entre à l'hôpital, le 2 juillet. Les épreuves de l’audilion élaient alors les suivantes : voix chuchotée perçue à 0 m. 50. Weber latéralisé du côté droit. Rinne, — perception osseuse non diminuée.
La stase, appliquée strictement et contrôlée, ne donnant pas les
1. Archives internationales d’otologie, janvier. février 1907.