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résultats désirés, l'opération est pratiquée le 6 juillet ; elle permit de constater que la corticale n'était pas perforée : il existait dans la mastoïde une cavité du: volume d’une noix, tapissée de granulations et remplie de pus. Le pus n’était Pas Sous pression. La dure-mère et le sinus ne furent pas mis à nu. L’oreille moyenne ne fut pas ouverte : on avait l'impression d’une limitation nette du foyer purulent. Après curettage de la cavité et recherche soigneuse de fistules et de cellules abérrantes, la plaie fut maintenue ouverte dans sa plus grande étendue et pansée suivant la méthode habituelle. L'état local fut satisfaisant, mais l’état général ne s’améliora pas comme cela se produit d’ordinaire à la suite des trépanations ; il y avait encore, par moments, des douleurs temporales ; rien cependant ne pouvait faire croire à l’existence d’une complication intra-cranienne : ni le pouls, ni la température, ni l’examen oculaire ne donnèrent d'indications à ce sujet, Le 21 juillet, le maladerentra chez lui, ne conservant plus qu’une petite plaie rétro-auriculaire: il revint régulièrement aux pansements et son état semblait s'améliorer. Le 27 juillet (j'avais, deux jours auparavant, constaté que la situation était assez bonne), je fus appelé près du malade: il délirait et se plaignait de douleurs de tête atroces. Il avait de la raideur de ia nuque ; les réflexes étaient normaux. Rien de particulier du côté de l'oreille et de la région rétro-auriculaire. Température : 39°5,
Le diagnostic de Méningite purulente, vraisemblablement par ouverture d’un abcès du cerveau, s’imposait. Quatre heures plus tard, l’opération eut lieu, L’incision fut pratiquée au niveau de l’ancienne plaie; les régions mastoïdienne et temporale furent ouvertes : nulle part on ne trouva de foyer purulent pouvant être la cause de la méningite ; l'oreille moyenne fut alors ouverte, les osselets de l’ouïe paraissaient sains : il n’y avait pas de pus. Enfin, on trépana au niveau du cervelet et du lobe temporal, mais, malgré plusieurs ponctions, aucun abcès ne fut trouvé. Le sinus était normal, non thrombosé.
La mort survint dix heures après l’opération : l’autopsie montra qu’il s'agissait d’une méningite de la fosse temporale, La fosse cérébrale postérieure était indemne. La voie de Pinfection ne fut pas
trouvée,
Pa) bus
Eschweiler (observ. X).—Séverin Sch, ., 45 ans: entre à la clinique le 30 avril 1906, meurt le 7 mai 1906.
La maladie actuelle débuta par des douleurs et un écoulement de l'oreille gauche. Depuis quatre jours, violentes douleurs, sans écoulement, de l'oreille droite. Paracentèse. |
État à l'entrée. — Les deux tympans sont rouges, non bombées :au niveau du tympan droit, orifice de paracentèse dans le segment postéro-inférieur, par lequel s’écoule en abondance un liquide séro-purulent, non fétide. Au niveau du tympan gauche, perforation centrale, de la grosseur d’un grain de millet : de ce côté également existe une sécrétion séro-purulente abondante. La voix chuchotée n’est pas perçue : la voix haute est difficilement entendue et il y a disproportion entre l’état objectif et le trouble auditif.
Rien du côté de la mastoïde.
Râles secs au niveau des deux poumons: murmure vésiculaire très affaibli : Herpès des lèvres : T.: 40° C.
Traitement: Stase: 22 heures par jour : le malade ne peut supporter qu'un léger degré de stase.
2 mai. — Enveloppements humides de la poitrine : la température reste au voisinage de 40°: État subjectif bon : nettoyages quotidiens des deux oreilles : la sécrétion est faible: bien que la bande ne soit pas très serrée, le malade se plaint d’étranglement et dermanque d’air.
3 mai. — Le malade, pendant la nuit, a enlevé son appareil : on le remet à midi. L'état dé l'oreille n’a pas changé : pas de douleurs à la pression au niveau de la mastoïde : écoulement léger : T : 40° C.
4 mai. — Le malade se plaint de dyspnée persistante due à la bande: on enlève l’appareil et la stase est abandonnée : l’état pulmonaire est toujours le même:(bronchite grave avec pneumonie de la base droite) T.: 40° C. Abattement : pas de douleurs de tête : nettoyages quotidiens de l'écoulement qui est très faible.
5 mai. — Le malade est un peu obnubilé.
7 mai. — Mort dans le coma.
Autopsie : Cellules mastoïdiennes remplies d’une bouillie puriforme, épaisse, jaune clair. Thrombo-phlébite du sinus droit. Méningite.
Bronchite généralisée. ;
UMR
Pour clore cette liste funèbre, nous signalerons encore une observation : celle-ci est d'autant plus intéressante qu’elle vient de Bier lui-mème : elle concerne un malade qui, soumis à la stase, succomba par suite d’un abcès cérébral :
Bier (1) (observ. 67). — Un ouvrier carrier, âgé de 20 ans, nous dit que depuis son enfance, il souffre de suppurations intermittentes de l’oreille droite; mais, à part un léger degré de surdité, il n’accusait aucun symptôme depuis. quelques années, Le 6 février 1906 il survient brusquement des douleurs violentes dans l'oreille droite, avec de la fièvre, de violents maux de tête ; les jours suivants, l’état général s’améliore et les symptômes s’atténuent.
Mais, le 11 février, il y a de nouveau aggravation de l'état, avec sensation de faiblesse et vomissements à deux reprises; le malade se décide à entrer à Ja clinique chirurgicale. A l’entrée, il se plaint de nausées et de maux de tête, qu’il ne localise pas exactement,
Le 12 février, l’état du malade est le suivant : pâleur du visage ; de l'oreille droite, s'écoule du pus grisâtre, félide, en quantité abondante. L’apophyse mastoïde Correspondante est sensible à Ja pression, mais n’y a pas d'autres signes d’inflammation.
L'examen otoscopique montre un conduit aaditif externe hyperémié et tuméfié dans son entier: le lympan, qui n'est visible qu’en partie, est également fortement enflammé.
Les nausées et les douleurs céphaliques nous font penser à la possibilité d’un abcès cérébral; mais, comme il n’y avait pas d’autres : symptômes d’abcès cérébral, le diagnostic de probabilité que nous Posons est celui de cholestéatome ancien. Dès Je 12 février, on institne le traïlement par la stase pendant vingt-deux heures.
Dès lors, la température tombe aux environs de 375, tandis que le 11 elle était au-dessus de 39%, Le Jour suivant, le malade est tout à fait à son aise el reste hors du lit, toute la Journée. Il n'y a pas de modificalion de l'état local, non plus que de l'écoulement fétide.
Cet état satisfaisant persiste jusqu’au matin du 17 février, La tem:
1. Bier : L'hyperémie et son action thérapeutique, Traduction de Machard et Valette, Masson et Cie, éditeurs, Paris; Georg et Gie, éditeurs, Genève, p. 339.
pérature est à peu près normale, et le malade circule toute la journée. Mais, le 17 au matin, survient une aggravation frappante de son état. Il paraît accablé, soucieux et accuse une douleur dans la tête, qu’il ne peut pas localiser exactement. La température était normale et le pouls comptait 63 pulsations à la minute.
Bien que nous n’eussions pas d’autre signe d’abcès cérébral, nous nous décidons cependant à opérer, quelques heures après le début de ces symptômes,
La mastoïde est fortement sclérosée, sans cavité ; l’oreille moyenne est envahie par du tissu de granulations purulentes. Le sinus n’est pas modifié. On ouvre la fosse cérébrale moyenne et on évacue un gros abcès dans le lobe temporal. Il s’écoula 20 centimètres cubes de pus vert, fétide. On ouvre largement l’abcès et on introduit un drain.
Le malade meurt le 19, après une forte élévation de température *
383 le matin, 4093 le soir.
A l’autopsie, on ne trouva pas d’autres lésions que la cavité de l’abcès du lobe temporal; elle est bien ouverte et tout à fait vidée.
Bier ajoute : « Je ne crois pas qu’on eût pu affirmer plutôt le diagnostic d'abcès cérébral. Jamais le chiffre des pulsations ne descendit au-dessous de 60 par minute, pendant toute la durée de‘l'observation. Il n’y eut pas d’auires signes d’abcès que les maux de tête et Les vomissements. En outre la stase hyperémique, appliquée durant cinq jours, avait fait disparaître immédiatement tousles symplômes morbides. »
La stase masque par conséquent les graves lésions de la mastoïde: elle leur permet de s'étendre jusqu’à la dure-mère, . jusqu’au sinus, jusqu'aux méninges. Devant de telles constatations cst-il permis de recommander l’hyperémie comme traitement des mastoïdites aiguës ? Les conclusions de Schwartze nous semblent très raisonnables, ce sont elles que nous adoptons : les voici : | |
1. Le traitement de l’olite noyenne aiguë, avec ou sans mastoïdite, par la stase hyperémique, n’est pas encore suffi-
IN RO samment connu pour qu'on puisse recommander au médecin praticien de l’employer dans sa pratique.
2. La stase est dangereuse, car son application trop exclusive et trop confiante peut faire négliger une intervention chirurgicale nécessaire et opportune, ce qui peut ètre néfaste
pour l'issue de la maladie.