‹ La Méthode de Bier: Dans les Suppurations Otitiques et MastoïdiennesChapitre 44 sur 49 · XI. — Tuberculose · texte numérisé non relu

XI. — Tuberculose

Comme mon confrère Heermann me l’'annonçait, il n avait pas considéré cette otorrhée comme primitive, et, en raison des antécédents syphilitiques du malade, il l’avait mis au traitement mercurieletioduré; le résultat fut négatif. Comme les renseignements ci-dessus le prouvent, il avait alors songé aussi à une affection d’oreille de nature tuberculeuse.

Je n’ai malheureusement pu avoir aucun détail de la part du collègue qui avait soigné le malade dans les deux mois et demi suivants.

Résumé.— Chez un homme, ayant eu autrefois une audition absolument normale, apparut en peu de jours une surdité accentuée avec bourdonnements intenses, douleurs violentes dans l’oreille droite, l'oreille gauche restant indolore. L’écoulement d’une grande quantité de pus crémeux, la formation de grosses granulations dans la caisse des deux côtés, en peu de mois, le tout survenant chez un malade ayant comme antécédent une affection pulmonaire, me fit penser à

une suppuration de la caisse de nature tuberculeuse.

État au début de mon traitement

(Milieu de janvier 1905).

Conduit auditif des deux côtés en forme de fente (Abaissement de la paroi postérieure ?), Pus très abondant, non fétide, non mélangé de mucosités. Ce pus étant enlevé, on ne peut apercevoir le tympan, la partie profonde du conduit étant encombrée de masses de granulations ; le stylet pénètre très loin dans ces masses. La surdité est très accentuée, le malade ne perçoit que les sons élevés, très près de l’oreille ; du côté droit, la pression provoque de la douleur au voisinage de la mastoïde. La trompe n’est perméable ni d’un côté ni de l’autre.

Diagnostic clinique. — Tuberculose de l'oreille moyenne, bilaté-

rale. État des poumons : des deux côtés, matité nette aux sommets, râles secs.

Rhino-pharyngite chronique simple, non tuberculeuse.

Microscopiquement, une granulation enlevée de l'oreille droite, est démontrée de nature tuberculeuse (Prof. D' Beneke, Kônigsberg).

Traitement. — Je proposai au malade, qui n’avait aucune confiance dans les traitements usuels, et qui refusait toute intervention opéra-

toire, de me laisser faire un essai avec la stase hyperémique, tout en le prévenant de la durée plus longue du traitement. Pour des raisons qu’il est aisé de comprendre, je crus devoir m’abstenir du traitement par la bande de stase.

Je fis fabriquer une ventouse qui, privée d’air,s’adaptait au conduit: puis, le conduit étant détamponné, je fis,tous les deux jours d’abord, avec une forte poire en caoutchouc, une stase d’une demi-heure, avec des pauses fréquentes pendant la séance. Plus tard, je remplaçai la

} Extrémité pour.

le conduit

Extrémité pour le tube

poire en caoutchouc, incommode, par une boule de verre léger, dans laquelle le vide était obtenu àu moyen d’une pompe aspiratrice : la: boule étant reliée à la ventouse par un tube muni d’une pince, la ventouse tient d’elle-même le léger ballon qu’il est facile d'enlever. Je - Jaissai la ventouse en place d’un quart d’heure à une demi-heure, deux ou trois fois par semaine, sans pauses. Malgré ce perfectionnement d’appareil Je n’améliorai pas la méthode de stase : le principe de Klapp :

« que l’on doit, au bout de cinq minutes d’aspiration, enlever la ventouse pendant trois minutes », était alors inconnu pour moi. Ayant lu

le travail de Kiapp, je suivis ses conseils et constatai l'influence favo-

table sur la marche de la maladie : l'écoulement de pus qui était abondant, crémeux et non fétide diminua, lentement il est vrai. A droite, un reste de marteau, à gauche un séquestre long de 5 millimè- | tres environ, et large de 3 millimètres, s’éli. minèrent : “enfin les granulations légèrement sanguinolentes au début, semblèrent plus tard teintées seulement d’un peu de sang, laissèrent écouler une sérosité claire et l'examen au stylet permit de constater leur consistance dure ; elles subirent enfin la transformation scléreuse et se recouvrirent d’épiderme. Je constatai alors l’exactitude de ce précepte de Bier : « On

observe aussi dans les processus tuber-

culeux un durcissement des granulations

tuberculeuses molles et leur transforma-

tion en tissu de sclérose, phénomèné qui,

d'ordinaire se produit très lentement, »

Fig. 7 (1).

J’excisai, au niveau de l’oreille moyenne gauche, une granulation dure de ce genre (août 1906). Le processus tuberculeux de l'oreille droite était complètement guéri depuis un ar». Caractères Anatomo-Pathologiques.— Professeur D' Beneke(K6nigsberg), Marbourg. | Htat microscopique, le 24 août 1906.

Conclusion: Granulation tuberculeuse guérie (Professeur D' Beneke) État clinique à la fin du traitement. e Conduit auditif normal des deux côtés, pas de pus, pas de granulations dans la profondeur. Destruction tympanique totale et bilatérale. Absence de marteau des deux Eat Loue juni du stylet ne pénètre pas dans le récessus hypo-tympanique qui est comblé par du tissu cicatriciel. L'épiderme du conduit recouvre ce tissu

de sclérose et vient former au niveau du promontoire un revêtement

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