Aulobiographie, chap. II, p
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bonté et ses manières bienveillantes inspiraient beaucoup d’attachement aux jeunes gens. Plus tard, quand j'étudiai l’économie politique, il m'invita à aller le voir, et à me promener avec lui pour causer sur ce sujet (1). » Au reste, lorsque Mill eût été dégrossi par son père, c’est le traité de Ricardo qu’on lui fit lire (2), ainsi que les brochures publiées par le même auteur à l’époque de la polémique sur les métaux précieux. Et c’est seulement ensuite qu'on lui fit étudier Adam Smith, de telle sorte qu'il put appliquer « aux idées plus superficielles » de Smith les « lumières supérieures » de Ricardo. Assurément James Mill s’efforçait d'amener son fils à critiquer, à se rendre compte, à penser par lui-même. On doit comprendre pourtant combien fut puissante sur un enfant de 13 ans l’action convergente du penseur vigoureux, de l’homme aimable qu'était Ricardo, et du pédagogue méthodique, du terrible précepteur que fut James Mill.
C'est donc au milieu d’un groupe d’économistes que Stuart Mill passa ses premières années, Et lorsqu'à l’âge de 14 ans il fit ce voyage en France qui devait lui laisser de si bons souvenirs, il séjourna à l'aller et au retour à Paris chez J. B. Say (3). Nous savons qu’à Montpellier, où il mena chez sir Samuel
Bentham une vie intellectuelle fort active, il ne dé-