Aulobiographie, chap. I, p
laissa pas l'Économie politique (1) : il y compose un dialogue sur la question de savoir si les grands établissements commerciaux et industriels favorisent le bonheur général ; il commence aussi à écrire sur la question qu'il devait traiter quelque dix ans après : la définition de l’économie politique. C’est, nous dit-il, à la suggestion de son hôtesse, Lady Bentham, la belle-sœur de Jeremy, qu'il s'était mis à ces travaux.
Bentham est assurément un des hommes qui exercèrent la plus durable influence sur Stuart Mill, Dans son enfance, c’est lui qu’il voyait le plus, grâce à l’intimité qui l’unissait à son père (2). De 181% à 1817, il avait passé la moitié de chaque année dans la compagnie de Bentham, à Ford Abbey, dans le Somersetshire. Toute son éducation d’ailleurs était, en un certain sens, « un cours de benthamisme » ; et plus tard la lecture des ouvrages même de Bentham lui fit grande impression (3). Cette influence devait s’ajouter à toutes celles qui conduisaient Mill à expliquer toute la vie sociale selon les principes de la psychologie utilitaire. Mill devait s’éloigner plus tard du benthamisme, juger trop étroites ses conceptions psychologiques et morales, trop exclusive sa méthode « géométrique » (4) ; mais pendant son enfance et