Aulobiographie, chap. VI, p
2. A, Comte et le Positivisme, passim, Cf. L. à Richard Congreve (1865), dans The letters of John Stuart Mill, &. IL, p. 42.
= Pi)
ment Adam Smith ; mais il méprisait énergiquement ses successeurs, et il soutint, dans le quatrième volume du Cours de philosophie positive, que l'Économie politique n'avait aucun droit au titre de science ; elle devait ètre absorbée par la sociologie générale. Mill n’accepta jamais cette opinion, mais il resta très convaincu de la solidarité des faits économiques et des autres faits sociaux, sur laquelle Comte avait tant insisté. De plus il accepta toujours, à peu près sans réserves, sa conception de l’histoire de l’humanité, qui se résume dans la loi des trois élats. Il lui emprunta la distinction fondamentale de la statique et de la dynamique, ainsi que l’idée de la méthode déductive inverse. C’est surtout en lui donnant le sentiment de la relativité historique que Comte devait agir puissamment sur Mili ; son influence rejoignait, à cet égard, celle des Saint-Simoniens. Notre auteur s'en est parfaitement rendu compte ; il nous dit dans l’Autobiographie (1) : « Le principal profit que je tirai des idées émises par les Saint-Simoniens et par Comte fut que je possédai une conception plus claire que jamais des caractères d’une période de transition dans l’opinion, et que je cessai de prendre les caractères moraux et intellectuels de cette période pour les attributs normaux de l'humanité. »
Ainsi il paraît bien clair qu'à l’époque de la pu-
blication de la Logique, Mill avait subi deux sortes
1], Autobiographie, chap. V, p. 158.
oo
d’influences divergentes : celle des doctrines psychologiques et économiques de James Mill et de ses amis, celle des conceptions historiques et sociologi-
ques des Saint-Simoniens et d’Auguste Comte.