Aulobiographie, chap. V, p. 149 sqq
2, Essais poliliques el philosophiques, p. 399 sqq.
Re
énergique, vivant, limpide. Peut-être devait-il en outre, malgré une certaine « inconvenance de ton » (il est très dur pour James Mill), plaire à notre auteur par certaines des doctrines qui y sont défendues : Macaulay se montre fermement partisan du suffrage des femmes, que Mill devait défendre avec l'énergie que l’on sait (1). L'article en question est intéressant pour nous, il permet de reconstituer l’athmosphère dans laquelle allaient se former les idées de Mill. Nous retrouvons la raideur dogmatique de James Mill, l’enthousiasme aveugle avec lequel les benthamistes accueillaient ses écrits, l'espèce d’agacement et de mauvaise humeur fort explicables avec lesquels leurs adversaires engageaient la discussion. C’est en pleine bataille que les idées de Mill arrivèrent à maturité: entre les deux méthodes, a priori et a posteriori il semblait qu’il fallait faire choix.
Mill fut tiré d’embarras, il nous l’explique (2), par une distinction qu’il avait déjà trouvée, tout jeune, dans le Système de chimie de Thomson: la distinction des phénomènes chimiques dans lesquels on ne retrouve pas l’effet séparé de chaque cause, et des phénomèpes mécaniques, qui sont la somme algébrique des effets de chaque cause. Les propriétés de l’eau ne se laissent pas déduire de celles de l’oxygène et de l’hydrogène. Au contraire il suffit de connaître les forces qui entrent en composition pour calculer leur résultante. « Celte distinction, nous dit Mill, éclaircit tout d’un
1, Mill professait cette opinion dès 1824: Belot, Introduction, p. XV.