‹ La Méthode de l'Économie PolitiqueChapitre 57 sur 102 · Logique, 1. III, ch. X, $ 2, t. I, p · texte numérisé non relu

Logique, 1. III, ch. X, $ 2, t. I, p

SUR te

effet: À peut avoir été produit par C dans le premier cas, et par E dans le second. Ce que l’on sait seulementen pareil cas, c'est que l’effet peut se produire sans telle circonstance ; cela ne veut pas dire que, lorqu’elle existe, elle n’y contribue pas.

IV. — L'emploi de la méthode des variations concomitantes se heurte à la même objection. Comme tous les éléments sociaux réagissent les uns sur les autres, tout ce quiaffecte un élément important retentira sur tous les autres ; et la concomitance des varialions ne nous révèlera aucune relation causale ; elle sera pour ainsi dire le cas normal.

V. — Quant à la méthode des résidus, Mill reconnaît qu’elle peut sembler ici plus convenable : onsait qu'elle intervient lorsqu'il s’agit d’exptiquer des phénomènes complexes, dus à une mutiplicité de causes. Mettant à part les effets assignables à telles causes connues, elle énonce que le résidu des effets est elfet du résidu des causes. On voit que cette méthode ne se suffit pas ; elle suppose déjà connues certaines relations causales, qui ne pourront avoir été connues, d’après l'argumentation qui précède, par induction; elle suppose donc un emploi préalable de la déduction. Comme d’ailleurs on ne réussira jamais, en matière sociale, à éliminer l'effet de toutes les causes sauf une, la méthode ne pourra servir à établir une relation bien définie.

Telle est l’argumentation : Mill l’a développée longuement ; il la considère comme importante, car

elle répond, selon lui, à une erreur fort répan-

due (1). Noustrouvons le résumé de sa pensée dans le passage suivant (2) : « Dans les sciences ayant pour objet les phénomènes dans lesquels l’expérimentation est impossible (l'astronomie par exemple) ou n’a qu'une part très restreinte (comme, dans la physioogie, dans la philosophie mentale et dans la science sociale) (3), l'induction de l'expérience directe est d'une pratique si fautive qu’elle est généralement impraticable ;d'où il suit que les méthodes de ces sciences doivent, sinon principalement, du moins en grande partie, être déductives pour arriver à des résultats de quelque valeur. C’est, on l’a reconnu déjà, le cas de l’astronomie ; et c’est probablement en partie parce que les autres sciences n’ont pas été généralement mises aussi au mème rang qu’elles sont encore dans leur enfance. » La doctrine de Mill est très forte ; elle est restée classique ; et l’on a pu dire récemment (4) que l’on n’avait pas trouvé d'autre objection contre l’emploi de la méthode expérimentale dans les sciences sociales.

Aujourd’hui, pourtant, cette doctrine nous cause une sorte de malaise. M. Fernand Faure(5)en donne, avec beaucoup de mesure, l'explication : « Sa faiblesse

tient à une exagération des ditficultés que rencontre

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