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l'application de l'observation et de l'expérimentalion aux phénomènes sociaux. Il serait facile de prouver par de très nombreux exemples, que non seulement l'observation, mais l’expérimentation porlaut sur des phénomènes sociaux fournissent, quoi qu’en dise Mill, des résultats d’une incontestabe valeur. » C’est la complexité de la vie sociale qui consütue, pour Mill, l’insurmontable obstacle à la pratique des méthodes inductives. Cet obstacle ne lui aurait peut-être pas paru insurmontable, s’il n’avait pas choisi, pour discuter, le déplorable exemple que lui fournissaient les discussions des « practical men» : l'influence du protectionnisme sur la richesse nationale. En raisonnant sur une question aussi compliquée que celle-là, sur une notion aussi grossière, aussi rebelle à l'analyse que la notion de richesse nationale, Mill se rendait vraiment la tâche trop facile. Il pérdait de vue ce qu'il nous a dit lui-même, que la science doit oublier les préoccupations pratiques. Il se trahit lui-même, au cours de l'argumentation qu’il dirige contre l’emploi de la méthode de concordance ; il nous dit en effet (1) : « Infiniment nombreuses sont les causes des phénomènes sociaux auxquels nous nous intéressons le plus, la sécurité, la richesse, la liberté... » [Les italiques sont de nous.] Voilà bien l’erreur: on veut aborder,sans préparation suffisante, les questions les plus intéressantes prati-
quement, qui sont aussi les plus complexes. Au con-