Logique, 1. VI, ch. XI,$1, 6. IL, p. 533 sqq
3. Dans la Préface des Essais, p. 5, Mill nous dit : « en 1899 ot 1830 » ; dans l'Autobiographie, p.171, Millnousdit : çen 1830 ou 1831, »
4, Aulobiographie, chap. V, p. 172,
minster Review (1). Mill nous dit, dans la préface de 1844, qu'il n’a fait à cette époque que quelques changements de forme sans importance. Mais d'autre part, dans une lettre à Auguste Comte (2) il dit à son correspondant, en lui adressant les Essais, qu'il a fait quelques suppressions motivées par le progrès de ses conceplionslogiques, « progrès essentiellement dû au grand ouvrage» de Comte. En ce qui concerne le cinquième essai, la comparaison des deux texles ne laisse apparaître que des variantes presque insignifiantes (3).
Le fait même que Mill a pu publier, aussitôt après la Logique et sans changement sérieux, son Æssai, redigé bien des années auparavant, prouve que ses idées principales sont restées les mêmes ; pourtant le texte de l’Æssai nous révèle dans une certaine mesure un état antérieur de sa pensée : il a été écrit avant la mort de James Mill, et avant que Comte ait exercé son influence sur notre auteur. Il fant ajouter qu'il présente pour nous un intérêt d’un autre ordre : il traite spécialement de la méthode de l’'Eco nomie politique, tandis que le VI: livre de la Logique est consacré, de façon générale, à la méthode des
sciences sociales.
1. London and Weslminster Review, vol. IV, 1837, p. 1 à 29. —Nous tenons à remercier ici M. G. Davy, agrégé de philosophie, qui est actuellement à l’Institut français de Londres, et à qui nous devons les renseignements relalils à la première édilion de l'Essai.
2, Lettres à Comte, p 321 (6 juin 1841).
3. C'est ainsi que le mot « truth » est mis à la place du mote prin-
ciples ».
To
Mill n’ayant pas été seulement un méthodologiste, mais un savant, il est tout naturel de chercher dans ses Principes d'Economie politique des éclaircissements sur sa méthode : on la comprendra mieux sans doute en la voyant appliquée. C’est ce que nous essaierons de faire ; mais il ne faut pas garder d’illusions sur la portée de ce genre de renseignements. Le grand traité de Mill a une valeur incontestable ; il a présenté sous une forme limpide et demeurée classique les doctrines fondamentales de la science économique ; il les a mème perfectionnées sur quelques points. Mais sa valeur vient de l’éducation de Mill plus que du soin qu'il apporta à la rédaction de son ouvrage. Il ne faut pas oublier que nous sommes en présence d'une œuvre hâtive : M. Edwin Cannan (1) à insisté sur ce point en des termes peulêtre un peu vifs, mais en somme avec raison : il cite le texte de l’Autobiographie (2) où Mill nous dit que ses Principes furent écrits beaucoup plus rapidement que sa Logique, et que n'importe lequel de ses ouvrages ; il n’y travailla en effet que depuis l’automne de 1845 jusqu'à la fin de 1847, et encore s’était-il interrompu pendant six mois pour rédiger les articles du Morning Cronicle sur la question d'Irlande. Evidemment, si Mill put rédiger aussi vite, c’est parce qu'il connaissait parfaitement son sujet depuis long-
temps ; mais justement on doit craindre qu’il n’ait
1, Cannan, p. 519.