Essais poliliques el philosophiques, p
plification et une sorte d'impatience du détail (1). Dans la Logique, il analyse et il critique de très près la théorie politique à laquelle l'emploi dela méthode géométrique avait conduit James Mill : Les hommes sont déterminés par leurs intérêts égoïstes. Les gouvernants ne gouverneront conformément à l'intérêt des gouvernés que si ce dernier coïncide avec le leur. Cela ne s’obtiendra que s’ils sont responsables, c’està-dire sous la dépendance de la volonté des gouvernés.
Stuart Mill remarque que la conclusion repose sur deux prémisses, « dans chacune desquelles un certain effet est considéré comme déterminé par une seule cause et non par un concours de causes », ce qui n’est pas conforme à la réalité. L'erreur de méthode s’explique par les préoccupations polémiques des benthamistes : il s’agissait d’obtenir la réforme électorale (2). Mais la faute n’en demeure pas moins grave. Dans une page d’un sens critique très avisé (3), Mill précise les inconvénients de cette attitude. Assurément les philosophes en question, dont la haute valeur n’est pas contestable, n’ont jamais pensé que leur théorie enferme tout ce qui est nécessaire à l'explication des phénomènes sociaux ;
1, Cité par G. Lyon, p. 985, col. 2.
2, Mill nous dit dans l'Autobiographie (p. 151) que son père aurait dû répondre simplement à Macaulay : « Je n’ai pas eu l'intention d’écrire un traité scientifique sur la politique, j'ai écrit un plaidoyer en faveur de la réforme parlementaire. »