Corresp. avec G, d'Eichthal, p
de façon générale l'excès de systématisation dont font preuve les écrivains français : « ils sont tellement satisfaits de la clarté avec laquelle leurs conclusions découlent de leurs prémisses qu'ils ne s’arrèlent pas à comparer les conclusions avec les faits : et cependant c'est seulement lorsqu'elles ont subi l'épreuve de cette comparaison que nous pouvons être certains que ces prémisses contenaient tout ce qui est essentiel à la question. » Dans l’Æssai sur la définition et la méthode de l'Economie politique (1), Mill, après avoir montré que la méthode a posteriori ne permet pas de trouver la vérité, établit qu'elle est néanmoins fort utile, car elle permet de vérifier les résultats de la déduction.
La préoccupation essentielle de Mill vient justement de ce que, dans notre raisonnement, nous ne tenons compte que de quelques facteurs ; et il se peut que nous en oubliions de fort importants. Dans Ja lettre citée plus haut, il nous dit (2) : « L’erreur provient rarement de ce que nous posons des prémisses fausses, mais généralement de ce que nous négligeons d’autres vérités qui limitent et modifient la portée des premières ». Dans l’Æssai (3), il explique que nous ne sommes jamais sûrs de connaître tous les éléments ; le fait même que nous nous attachons à une sorte
particulière de causes nous portera à négliger les