‹ La Méthode de l'Économie PolitiqueChapitre 68 sur 102 · Essai, p · texte numérisé non relu

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autres. Plus nos déductions seront serrées, plus notre système sera cohérent, et moins nous serons aptes à saisir ses lacunes. La confrontation de ce que donne notre théorie et de ce que noustrouvons dans l'expérience nous montrera si nous avons négligé des éléments importants. Enfin, dans la Logique (1), après avoir reconnu les difficultés de la méthode déductive appliquée à une matière aussi complexe que la vie sociale, il ajoute que le véritable remède se trouve dans la vérification. « Le fondement de notre confiance, dansune science déductive concrète, n’est pas le raisonnement a priori mème, mais l’accord de ses résultats avec ceux de l'observation a posteriort. »

Mais la collaboration des deux méthodes, a priori et a posteriori, peut être entendue de deux façons (2). On peut déduire les conclusions parle raisonnement et les vérifier ensuite par l’observation : c’est ce que Mill appelle la méthode déductive directe. On peut aussi obtenir d’abord ces conclusions sous forme de conjectures au moyen de l'expérience spécifique et les rattacher ensuite aux principes de la nature humaine par desraisonnements a priori, qui jouent alors le rôle logique de vérification : ce sera la méthode déductive inverse. Selon Auguste Comte, cette dernière méthode est la seule applicable en sociologie ; et Mill reconnaît qu’elle convient seule à certaines

1. Logique, 1, VI, ch. IX, S 4, &, II, p, 490. 2, Logique, L. c.

mie

recherches, celles qui concernent l’évolution de la société dans son ensemble : la multitude des circontances y rendrait infructrueuse la méthode directe ; et, par un heureux hasard, c’est dans ce cas que nous obtenons les meilleures lois empiriques. Au contraire, lorsqu'il s’agit des sciences sociales particulières, telles que l’économie politique, la méthode directe est d’application à la fois plus facile et plus nécessaire : d’une part le nombre des circonstances y est bien moindre, et d'autre part il serait vain, comme nous le verrons, de chercher à y obtenir des lois empiriques.

Nous allons examiner successivement les trois phases de la méthode, en gardant toujours présente à l’esprit cette idée que les phénomènes étudiés sont très complexes, et que nous ne manions pourtant

qu’un nombre restreint de leurs éléments.

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