‹ La Méthode de l'Économie PolitiqueChapitre 69 sur 102 · DONNÉES PSYCHOLOGIQUES ET ÉTHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

DONNÉES PSYCHOLOGIQUES ET ÉTHOLOGIQUES

Toute déduction suppose un point de départ. Au moyen âge, les scolastiques raisonnaient sur les assertions contenues dans les livres saints et les auteurs graves. Les mathématiciens prennent pour bases de leurs constructions logiques les définitions. Où l’économie politique trouvera-t-elle les éléments de sa construction déductive ?

Ce ne sera pas dans uneintuition, analogue à celle

que Descartes mettait à la base de toute science. M. Fernand Faure a remarqué (1) que l’on s'était souvent mépris à cet égard, et que l’on avait eritiqué Stuart Mill en oubliant qu’il fut toujours un adversaire résolu de la métaphysique et de l'intuition : il cite ce texte, en effet caractéristique, du second livre de la Logique : « La pensée que les vérités extérieures à l'esprit peuvent être acquises par intuition, indépendamment de l’observation et de l’expérience, est, j'en suis convaincu, en ce temps-ci, le grand auxiliaire des fausses doctrines et des mauvaises institutions.» Au moment même où il rédigeait sa Logique, Mill écrivait à John Sterling qu'il essayait de laisser de côté la controverse relative à la perception intuitive des réalités les plus hautes, pour étudier les lois de la recherche de la vérité au moyen de l’évidence extrinsèque, par le raisonnement et l'induction (2). Toutes ses tendances le portaient à se méfier de l'intuition, puisqu'il cherchait toujours à expliquer, comme acquis, ce que la philosophietraditionnelle considère comme primitif; sesidées sur ce point sont exprimées surtout dans l’'Examen de la philosophie d Hamilton (3). Pour un partisan

1. F, Faure,p, 278, col. 1; cette méprise a été commise, par exemple, par Macleod, Principles of economical philosophy, 2 64,.t. 1 P. 19 sqq.

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