‹ La Méthode de l'Économie PolitiqueChapitre 74 sur 102 · Principes, 1. I, ch. VIII, $ 5, &. [, p · texte numérisé non relu

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tes, en gros ; mais, dans ce domaine des choses simplement vraisemblables, raisonnables, on peut à peu près tout dire : rien n’est absolument vrai; rien n’est absolument faux. Selon ses goûts personnels, chaque auteur choisira ; et s’il est très libéral, très impartial, comme était Stuart Mill, il conclura, comme il conclut en effet, que les deux idées s’appliqueront selon les cas. Vraiment nous sommes ici hors de la science.

C’est parce qu’il suit le sens commun que Mill se sert si souvent du terme d’ « évidence » qui qualifie presque toujours, on le sait, les idées préconçues, les préjugés. C’est ainsi que nous le voyons affirmer que, « quels que soient les inconvénients qu’on puisse supposer inhérents à la transition d’un système de production restreint à un large système de production, ces inconvénients ne sont pas applicables à la transition d'un large système de production à un SYstème plus large encore ». On « comprend évidemment », selon Mill, les avantages qui en résultent. On sait que cette idée a été formellement condamnée parles économistes contemporains.On a remarqué (1) que les économistes qui prétendent s’appuyer sur la psychologie méconnaissent souvent la forme kscientifique et précise que celle-ci est arrivée à revêtir ; ils se servent de conceptions courantes, vagues et vieillies. On est surpris que Stuart Mill, logicien rompu aux habitudes du travail scientifique, soit

1. Barrault, Introduction à l'ouvrage de Uannan, p. XVIII-XIX.

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tombé dans les mêmes errements.On s’est étonné (1), et nous le comprenons, que Mill, concevant l’'économie politique comme une science, ait eru qu'il pouvait la construire ou la compléter en un an el demi de travail : quel physicien ou quel biologiste aurait osé émettre pareille prétention! sans doute le caractère déductif qu’il attribuait à cette science pouvait l’encourager à penser qu’elle se laisserait construire dans un effort relativement bref. Mais la confiance qu'il avait dans les données d'une psychologie simpliste contribua, elle aussi, à entretenir cette opinion.

Mill logicien semble pourtant s'être rendu compte de l’imperfection nécessaire de son œuvre à l’époque où il l’entreprenait. Nous savons, par ses lettres à Auguste Comte, que ses lravaux d'économiste lui apparaissaient comme ayant une valeur purement provisoire (2). Ce n’est pas seulement par déférence pour les opinions de Comte quil les présentait ainsi. Il nous dit formellement (3) qu’une statique sociale sérieuse suppose un état bien plus avancé de la science de l’hommeindividuel. Cet aveu mérite d’ètre retenu. Mais, en le faisant, ce n’est pas seulement à la psychologie que Mill pensait ; c’est aussi et surtout à l'éthologie ; il voyait dans la constitution de cette

science une condition fondamentable du progrès de

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