‹ La Méthode de l'Économie PolitiqueChapitre 77 sur 102 · Logique, L. c., 81, t. IT. p · texte numérisé non relu

Logique, L. c., 81, t. IT. p

2 Principes, 1. 1, ch. VIL, $ 5,t. I, p. 126.

éthologiques. Mill rapporte l’opinion d'un industriel de Zurich sur les aptitudes diverses des ouvriers de nationalités différentes (vers 1840): les Italiens et les Français ont surtout le mérite de comprendre vite, de s'adapter à la diversité des circonstances ; les Anglais, très tôt spécialisés, possèdent à fond leur métier, les Saxons ont une culture générale plus soignée et peuvent, après un court apprentissage, aborder des tâches nouvelles. D’après le même observateur, Mill mentionne l'influence de la culture intellectuelle sur la valeur morale, et le déplorable effet que produit le manque d'éducation sur les ouvriers anglais ; c’est là qu’on voit bien linfluence qu'ont eue les circonstances sur la formation de leur men:talité, et l'importance d’un changement de condition ; si les ouvriers anglais sont les plus habiles dans leur spécialité, ils sont aussi les plus débauchés, les plus déréglés des hommes ; « quand ils sont débarrassés de la discipline de fer dans laquelle les retiennentles patrons en Angleterre, et qu’ils sont traités avec l’urbanité et les égards que, sur le continent, on a l’habitude de montrer aux ouvriers mieux élevés, les ouvriers anglais perdent tout à fait l’équilibre : ils ne comprennent plus leur position, e! au bout d’un cer- Lain temps ils deviennent indisciplinables et inutiles ». L'action combinée des conditions antérieures d’existenceet des circonstances actuelles sur le caractère et par suite sur la conduite de l'individu, voilà ce que nous ferait connaître l’éthologie ; et l’on comprend

son importance pour une science sociale qui prétend

se déduire de la connaissance scientifique de l’individu. Nous sommes réduits, il est vrai, à deviner quels progrès l’éthologie aurait pu faire accomplir à la science sociale.

Ce sont donc des élements psychologiques et éthogiques qui seront à la base de l’économie politique. Très souvent on mentionne en outre certaines données d'ordre physique ; et l’on pense surtout à l’existence d’une quantité limitée de terre, et à la loi du rendement non proportionnel du sol. C'est là assurément un point important ; et l’on ne peut supposer que Stuart Mill, tout pénétré des idées de Malthus, l’ait négligé : au reste Mill expose lui-même (1) la loi en question et il insiste sur son importance primordiale. M. Douglas a insisté (2), non sans de justes motifs, sur l’importance que Mill attache aux facteurs d’origine externe. Il va même jusqu’à affirmer que les circonstances qui agissent sur l’homme sont pour Ja plupart, d’après Mill, d’origine « naturelle »et non d’origine humaine. IL faut s’entendre. Il n’est pas douteux que Mill n’ait attaché une grande importance à l’action des circonstances extérieures sur l’homme. Mais le fait physique ne prend un intérêt social, ne devient digne d'être considéré par l’économiste qu'au moment où il se traduit par un

fait humain.

L’exemple même qui semble nous obliger à faire

1'#Princrnes, LM Che XI ES DT p.200:

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