Principes, 1. II, ch. II, $ 3-4, t. IT, p
on décide ceux qui existent déjà à faire des achats plus considérables. » Ainsi voilà un mécanisme psychologique, simple application des principes généraux de la nature humaine, qui établit le double aspect de la loi de l'offre et de la demande : l'influence de l'offre et de la demande sur la valeur et celle de la valeur sur l'offre et la demande.
On pourrait multiplier les exemples. A chaqueïinstant (1) Mill formule une hypothèse, au sens mathématique du mot ; et il déduit une proposition nouvelle en s’appuyant sur les principes généraux de la nature humaine, les lois économiques déjà démontrées, et les définitions posées. Au fond, c’est bien le procédé des mathématiciens qu'il emploie ; c’est bien la méthode « géométrique » de James Mill qui lui a fourni le type du raisonnement économique. Mais nous savons comment il la complète ; il tiendra compte de la multiplicité des causes ; après avoir raisonné sur un cas très abstrait, il introduira les uns après les autres les éléments qui entrent en action. Considérons sa théorie fameuse des valeurs internationales. Il étudie d’abord l'échange de deux marchandises, en laissant de côté les frais de transport; puis il introduit la considération de ces frais ;
puis il considère un plus grandnombre de marchan-
1. Voir p.ex. au t. II des Principes : p. 126 (théorie de la circulation du papier non remboursable) 4 p. 175 (théorie des valeurs internationales); p. 312 (influence des progrès de l’industrie et de la po-
pulation sur les rentes, profits et salaires).
dise ; puis il considère l'influence des perfectionnements apportés à la production ; et il tient compile enfin de l'aptitude du Pays à répondre au changement apporté dans la produetion par l'ouverture du commerce extérieur. Mill déduit l'influence exercée par chacun de ces éléments, et, partant d’une hypothèse très simple, il se rapproche peu à peu de la réa. lité concrète. Il évite ainsi le reproche encouru par la méthode de son père, qui simplifiait à l’excès les faits étudiés. Mais si les éléments considérés sent plus nombreux, c’est toujours par le même procédé, par la déduction, qu’il les met en œuvre.