Utilitarisme, p
2. Utilitarisme, p. 53, Cf. Douglas, p. 217 ; Belot, pe 109 n. 9.
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sacrent l'éducation et l'opinion publique, est la seule qui s’impose par elle-même à l'esprit » ; et la coutume donne au devoir « une auréole ». De même nous voyons Mill admettre, dans les Principes,que la coutume, l’usage viennent contrarier dans leur application les lois de l’économie pure : celles-ci sapposent en quelque sorte un milieu neutre et des individus qui calculent tout. Mill remarque (1) que dans les pays même où règne la concurrence la plus active, la coutume exerce une influence considérable sur les profits : il sera admis, par exemple, que 50 ?/, est Le profit convenable dans le commerce de détail ; et cette croyance, cette opinion sociale viendra modifier, atténuer les effets de la libre concurrence. Mill a consacré tout un chapitre (2) à développer l’idée que les rentes ct les prix sont déterminés non seulement par la concurrence, mais aussi très souvent par la coutume. [Il estime sans doute que le rôle de la coutume va diminuant ; mais il est encore considérable. Cette influence, on ne la comprend que si on la rattache à des états sociaux déterminés. Ainsi, dans l'Inde, les paysans fermiers ne sont aucunement considérés comme tenanciers de gré à gré ; ils ont le droit de conserver la terre, en payant le terme fixé par un usage très ancien ; si les grands propriétaires veulent l’augmentcr (et ils ne s’en font pas
faute), ils sont obligés de trouver un prétexte, un
1. Principes, 1. IL, ch. XV, 8 4, t. I, p. 471. 2, Principes, 1. II, ch. IV, t. I, p. 278 sqq.
biais, ce qui serait inutile sous un régime de libre concurrence. Dans l'Europe moderne, quand le serf se fut élevé à la condition de franc tenancier, il fut considéré comme possédant sa terre à perpétuité à des conditions fixes : la redevance était déterminée par l'usage social et non par la coneurrence.
Ce chapitre est assurément un des plus vivants, un des plus neufs dans l’ouvrage de Mill. On sent qu’il a eu, un moment au moins, le sentiment vrai de la vie sociale : il n’a pas seulement affirmé, il a senti que la vie économique est liée à toute l’activité sociale, en dépend effectivement.
Ceci nous montre que, si les branches particulières de la science sociale peuvent être utilisées par l’économiste, celui-ci tirera surtout profit des découvertes de la sociologie générale. Le rôle de celle-ci est de nous faire connaître des états de société (1), c'est-à-dire « l’état, en un même moment, de tous les faits sociaux les plus importants » : degré d'instruction de la masse ; état de l’industrie ; état et répartition de la richesse ; distinction des différentes classes sociales ; forme du gouvernement : état des croyances, etc... Il y a une corrélation, un consensus entre ces différents éléments. La science sociale aura à étudier les lois de leurs coexistences. Mais l’état actuel dépend de l’état antérieur : et c'est essentiellement dans leurs successions que nous aurons à
étudier les états de société. La sociologie générale