‹ La Méthode de l'Économie PolitiqueChapitre 98 sur 102 · V. plus haut, ch. IL, $ 4, section A · texte numérisé non relu

V. plus haut, ch. IL, $ 4, section A

eErinetoes, Je UEP;che 1; SA 6e IT, p-12:

celles desquelles résulte la nécessité de restreindre la population, par l’effet de considérations tirées de l'état actuel de la société, état dont il est permis à ceux qui en proposent un autre de ne pas tenir compte.» L'idée de la malléabilité des institutions humaines explique que Mill ait pu témoigner, à l’égard des projets de transformation des socialistes, d’une sympathie qui a été croissant au cours de sa vie. L'importance qu’il accordait à l’idée d’évolution sociale n’a pas seulement aidé Mill à admettre la possibilité d’une activité réformatrice dans les institutions qui règlent la distribution des richesses. Elle l’a conduit aussi à concevoir une dynamique économique qu’il faut distinguer de la dynamique sociale générale et qu’il a essayé de construire dans le VI:livre de ses Principes (1): après avoir étudié « les lois économiques d’une société qui n'aurait ni changements ni mouvements »,il étudie ces changements, les Lois qu’ils suivent, le sens dans lequel ils s’opèrent. Il prétend « joindre une théorie du mouvement à la théorie de l'équilibre, la dynamique de l’économie politique à sa statique. » C’est là une des parties les plus originales de l’œuvre : pour le prouver, il suffira de rappeler qu’elle se termine par le beau chapitre sur l’«état stationnaire » que nous avons déjà résumé, et par le chapitreégalement célèbre sur l’«avenir probable des classes laborieuses ». Son idéalisme trouve ici l’occasion de s'exprimer : Mill croyait,

1. Principes, 1. IV, spécialement ch, I, $ 1 (observations prélimi-

naires), t, [I, p. 293.

comme Auguste Comte, qu'en définitive les idées mènent le monde (1) ; il considérait le progrès industriel comme un fait, et il voulait croire au progrès moral. Mais ce qui nous intéresse par-dessus tout, c’est cette volonté très ferme de se représenter l'humanité en marche vers l’avenir.

Dans ces conditions, il serait certainement inexact de prétendre que Mill n’a pas fait aux données et aux considérations historiques leur place dans la science économique. À la fin de sa carrière surtout, il a senti que les savants qui prétendent étudier la société ne Peuvent pas se passer de l’histoire ; dans l’opuscule sur Auguste Comte il parle (2) avec quelque dédain des « philosophes qui, comme Bentham, spéculent sur là politique sans base historique d'aucune sorte »,. Il rapporte l'opinion de Comte que toute vérité politique est strictement relative, et implique comme corrélatif un état donné de la société; et il ajoute (3) ; « Cette conviction lui est commune maintenant avec tous les penseurs de son siècle » ; il est seulement étonnant qu'on ne soit pas arrivé plus tôt à cetteidée ; Comte a eu le mérite de l’adopter quand la maniére opposée de penser était encore générale.

A l’époque même de ses grands ouvrages, nous avons vu que Mill ne dédaignait pas de faire appel à l’histoire. Sans doute la méthode qu’il préconisait

MPLogique, JV, Che X56 7, DUT p. 528.

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