DES/ARDINS. H£TH. CL. FR
82 LA MÉTHODE DES CLASSIQUES FllAiSÇAlS.
chaleur de la bataille une fois tombée, il se demanda s'il n'y aurait point quelque raison dans les observalions que l'Académie présentait avec mesure et gravité. 11 songea que s'il pouvait parvenir à joindre aux beautés naïves qui avaient enlevé l'admiration de la foule, l'exactitude des règles que les savants louaient dans les poèmes anciens, il grandirait encore et dépasserait le Cid,
Toute l'année 1658 fut occupée de ces réflexions troublantes; tantôt il se pliait à ce que la poétique autorisée recommandait, tantôt il se révoltait contre ce joug arbitraire. « 11 ne fait plus rien, écrit Chapelain le 15 janvier 1659% et Scudéry a du moins gagné cela, en le querellant, qu'il Ta rebuté du métier, et lui a tari sa veine. Je l'ai, autant que j'ai pu, réchauffé ef encouragé à se venger et de Scudéry et de sa protectrice (l'Acadômie sans doute), en faisant quelque nouveau Cid qui attire encore les suffrages de tout le monde, et qui montre que l'art n'est pas ce qui fait la beauté; mais il n'y a pas moyen de l'y résoudre ; et il ne parle plus que de règles et que des choses qu'il eût pu répondre aux académiciens, s'il uVûL pas craint de choquer les puissances, mettant au reste Aristote entre les auteurs apocryphes, lorsqu'il lie s'accommode pas à ses imaginations. » Cepeu- * Luit 5 les conseils goguenards de Chapelain ne furent