‹ La méthode des classiques français: Corneille, Poussin, PascalChapitre 37 sur 74 · Lettre (à M. de Chambrai), du 7 mars · texte numérisé non relu

Lettre (à M. de Chambrai), du 7 mars

im LA MÉTHODE DES CLASSIQUES FRANÇAIS.

peintres*. » Nous verrons tout à l'heure quelle reclierche du paihétique et quelle entente des harmonies le conduisaient dans ce travail de combinaison. Notons ici, sans plus, que c'est pour lui le moment décisif et créateur; c'est alors surtout qu'il n'admet en son imagination rien de passif ni de suggéré ; il veille à ne pas reproduire, mais à produire. Or ce qui est autonome en Poussin, ce qui est Poussin même, c'est son jugement'; il l'exerce donc sans défaillance sur tous les possibles qui lui tombent en l'esprit ; il délibère et ne choisit qu'enfin, par des raisons qu'il a toutes pesées et vérifiées, sans se laisser mener par quelque autorité que ce sôit. Aussi à toutes les accusations qui viseront sa composition, répondra-t-il : « Adsum qui feci. J'ai des raisons pour tout, j'ai tout prévu. » — Si, dans le Frappement du rocher quelques pointilleux trouvent à reprendre sur ce que l'eau soudainement jaillissante s'écoule dfins un lit qui semblait préparé déjà, Poussin accepte le débat, car « il est bien aise qu'on sache qu'il ne travaille pas au hasard », et il sort trois raisons de bon sens et distinctes, qui le justifient d'avoir voulu qu'il v eût là une rigole toute creusée, si bien que cette rigole était logiquement nécessaire, et que ceux

i. Entretiens..., II, p. 373.

2. a La répétition, et cette action de ruminer, recuire, repasser par l'eslamine de la raison, et encore plus élabourer, pour en faire une résolution plus solide, c'est le jugement. » Charron, Sagesse (1601)

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