Lettre du 7 avril
o. Lettres des 20 octobre 10ii, 2G décembre 1655,15 mars 1658.
moments d'étiage, il lit, pour s'approvisionner de sujets, ou bien il combine les parties d'un tableau, mais il ne veut ni peindre, ni même « ruminer » une composition. Au travail de la création, la totale présence d'esprit est nécessaire. Ce n'est pas à l'excitation ni au bouillonnement de l'imagination que se reconnaissent ces heures de productivité heureuse: mais à la lucidité dans l'aperception des rapports: représentons-nous par exemple un de ces matins clairs où l'esprit plus enfonçant découvre, avec une vérité, toutes ses conséquences dans une belle perspective linéaire. Tandis que la surproduction tumultueuse des images serait dispersive, Poussin au travail demeure rectiligne ; il ne souffre pas que sa piste soit traversée par d'autres recherches. Quand j'ai, dit-il, les mains à une chose, je ne la « veux pas quitter qu'elle ne soit faite ; alors j'aurai l'esprit libre ' ».
Cependant la mise en train peut être activée par la contemplation. « Je ne me sens jamais tant excité à prendre de la peine et travailler, comme quand j'ai vu quelque bel objet2. » A cet effet, Poussin avait orné son atelier de certains morceaux antiques d'un galbe pur; telle une tête à demi restaurée de Ptolémée Dionysos, « la plus noble qui se voie3 ». Ayant reposé ses yeux sur ces bons exemplaires, il se mettait à