‹ La méthode des classiques françaisChapitre 55 sur 82 · II. p · texte numérisé non relu

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comme le même Félibien les nomme. Le peintre, ditil, « a fait que toutes les actions de ses ligures ont des causes particulières qui se rapportent à son principal sujet ». Ainsi, bien que le spectateur doive « entrer dans le particulier des figures », l'unité est sauve, — entendons l'unité dramatique, l'unité du fait. L'attention rayonne autour de ce fait unique pris comme centre, tout en se donnant le spectacle de la polyphonie des sensibilités humaines. Par exemple, dans Y Extrême-Onction, on reconnaît à la mimique des assistants le degré de parenté de chacun avec le mourant, son tempérament et ses habitudes. Dans la Bébecca, les gestes des filles groupées autour de la fontaine signifient, ici la curiosité, là l'envie, ici l'admiration, là l'indifférence : tout l'index du traité Des Passions de l'âme, de Descartes. Dans la Manne (dont j'ai donné déjà une analyse psychologique de la main de Poussin même), faites attention à cette jeune fille qui regarde en haut et tient le devant de sa robe pour recevoir le présent céleste : reconnaissez ici « l'humeur dédaigneuse de ce sexe qui croit que toutes choses lui doivent arriver sans peine, ne voulant pas se baisser comme les autres pour recueillir la manne, mais la reçoit du ciel comme s'il ne la répandait que pour elle1. » Voilà donc, dans une grave page biblique, une petite malice contre lesfemmes. 11 faut fureter, il faut

i. C'est une observation présentée aux Conférences de F Académie royale, et reprise par Félibien, p. K7<

cent coups d'œil successifs et analytiques, pour - cette unique histoire. Remarquez à présent que compositions ingénieus s, que Poussin y a

dépensé d' espril . d'invention précieuse de détail, sont dans son œuvre ee qui a le plus ses Héraclhu el ses Pertharite.

Mai- il lui arrive — sans qu'il g) iss prendre garde — de composer par un principe tout autre, en laissant là l'unité d'histoire, en ne -attachant qu'à l'unité de sentiment. Ce n'est plus alors sur Aristote qu'il se règle, il n'emprunte rien de la poétiqi théâtre; il se conforme à ses émotions personnelles et non- donne ses pensieri a lui. Les ouvrages composés par ce second procédé sont ceui qu'on peut dire Félihien « considérables par leur simplicité- ». Nous en voyons, au Louvre, a Chantilly, à Berlin, à rj^rmito^pdeSaint-f^étersbourg, une vingtaine d'échantillons très purs.

A l'analyse logique, ces tableaux ne >e tiennent Que font ces ébats de baigneurs, de pêcheurs et de nautoniers avec l'accident d'Eurydice*, qui parait au premier plan? Hercule1 tirant hors de la caverne le corps de Cacus n'est qu'un épisode perdu dans l'immense paysage agrémenté de rocher-, de nymphes, de bateaux glissant sur un miroir d'étang et d'arbres pleins d'un calme mjslère. Le Polyphème (de l'Ermi-

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