Au Loutre
:i. A Saint-PétefiLo:.. -
tagc) n'est point du tout un tableau d'histoire : on ne découvre le principal personnage que dans un lointain fondu avec le ciel : tournant le dos au bocage qui remplit tout le cadre, seul, à l'écart vers la mer, juche sur un promontoire que sa silhouette couronne cl prolonge, le cyclopc fait monter sa cantilène dans le silence; on ne sait même si l'onde sonore arrive aux groupes épars qui folâtrent ou travaillent ça et là. Le Paradis terrestre* (ou le Printemps) n'a point de centre; il est divisé en deux par un bouquet de feuillage noir; d'un càté l'or du couchant baigne une campagne heureuse; de l'autre, la nuit froide est venue; voyez le croissant lunaire qui tremble dans une eau sombre. Découvrez-vous cependant le premier couple humain, aussi insignifiant qu'un couple de chevreuils blottis dans l'ombrage?
Ainsi nulle ordonnance logique, nulle dramaturgie; je dirais presque : nul sujet. Si vous proposez d'appeler ce tableau le Déluge, souvenez-vous qu'il est intitulé aussi Y Hiver, et je vous ai indiqué qu'il représente mieux encore la Désolation du cœur. On parle des « Quatre Saisons », qui correspondent à ces quatre scènes de l'Ancien Testament; on pourrait soutenir aussi que ce sont les « Quatre âges », les « Quatre tempéraments », ou ces quatre modes musicaux dont Poussin explique les effets. De même dans le Dalla