‹ La méthode des classiques françaisChapitre 66 sur 82 · Provinciale*. XII. p. (il · texte numérisé non relu

Provinciale*. XII. p. (il

'J. Provinciales, XV, p. 144.

Il n'est donc pas naturel à l'homme de raisonner juste. Mais comme il est obligé de raisonner juste, non seulement pour trouver le vrai dans les sciences, mais encore pour se conduire, pour n'être pas malheureux et perdu, il faut bien qu'il l'apprenne.

Il est d'ailleurs capable de l'apprendre, s'il le veut; car il y a en lui une certaine faculté de consentir à ce qui lui aura été bien expliqué : c'est le « sens commun », faute duquel toute discussion réglée, toute entente entre les hommes et toute science même seraient impossibles. Le « sens commun » ne suffit pas, sans doute, à nous faire faire, automatiquement, des raisonnements justes, mais il nous permet, une fois avertis, et si nous le voulons, de saisir le défaut des raisonnements qui ne sont pas justes. Seulement, il faut le vouloir, il faut avoir « du cœur ». Or cette volonté de se délivrer de l'erreur, ce « cœur » ou ce courage, condition nécessaire pour être éclairé par « le sens commun », il n'est au pouvoir d'aucun homme de l'engendrer chez d'autres hommes. Pascal dit à ses contradicteurs : « Si vous n'avez pas de sen> commun, je ne puis pas vous en donner1 ». Enlendez-le bien : ce n'est pas du « sens commun » que les jésuites manquent, puisque celui-ci, par définition, est commun à tous les hommes, mais du courage de le consulter sincèrement, et ce courage,

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