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L'unique condition, pour ce triomphe de la vérité, est qu'elle soit publiée, et c'est ce qui nous regarde, c'est à quoi nous sommes appelés. « Jamais les saints ne se sont tus. 11 est vrai qu'il faut vocation. » Mais de ce que quelqu'un sent en soi cette impérieuse « nécessité de parler », cela lui apprend justement qu'il « est appelé »... Et alors « il faut crier d'autant plus baut qu'on veut étouffer la parole plus violemment... '» La discussion libre et publique est l'épreuve décisive, la pierre de touche que l'erreur ne saurait supporter. C'est pourquoi Pascal juge que le P. Yalérien, capucin, diffamé sous cape par les jésuites, a fort raison de leur jeter ce défi : « Je déclare hautement et publiquement à ceux qui me menacent, que ce sont des imposteurs insignes..., s'ils ne découvrent ces crimes à toute la terre. Paraissez donc, mes accusateurs, et publiez ces choses sur les toits, au lieu que vous les avez dites à l'oreille, et que vous avez menti en assurance en les disant à l'oreille2 ».
Pour son compte, Pascal est si confiant en cette efficace de la publicité que, malgré son goût de plus en plus vif de la retraite, il a essayé justement dans ses
1, Pensées, éd. Brunschvicg, n° 920. Notes contemporaines des dernières Provinciales et les complétant. Je ne crois pas que ce soit abuser des textes que d'inférer de ceci que Pascal fut, par anticipation, un partisan décidé de la liberté de la parole (liberté des réunions, liberté de la presse). Mais y fut-il conduit parce qu'il était un savant et un critique, où parce qu'il fut persécuté ? — « Le silence est la plus grande persécution t>. dit-il.