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Provinciales, par amour de la vérité, ce que Fou appellerait aujourd'hui une campagne de presse. Il s'est cru obligé de répandre avec autant d'éclat qu'il le pouvait, non ses arguments à lui seulement, à l'exclusion de ceux qu'il réfutait, mais les uns et les autres, afin que le sens commun fût mis en demeure déjuger. « Empêchez les gens d'honneur de votre parti, mes Pères, de voir mes Lettres, puisque c'est le seul moyen qui vous reste pour conserver encore quelque temps votre crédit. Je n'en use pas ainsi des vôtres : j'en envoie à tous mes amis; je souhaite que tout le monde les voie...1 ». Combien cette démarche est opposée à celle des politiques, qui conduisent tout avec timidité, avec mystère, intéressés qu'ils sont à dérober à l'examen leurs opinions, auxquelles ils avouent par là qu'ils ont eux-mêmes peu de foi ! L'homme de cœur et qui ne craint rien, rien que de se tromper, demande qu'on lui explique tout, et qu'on exige de lui pareillement qu'il explique tout. Le faux, qu'il attaque chez autrui et dont il se veut lui-même défendre, paraîtra comme faux à cette épreuve, et perdra son venin; on en concevra de l'aversion, on en rira, comme cela est permis et juste; et par ce remède, de la discussion publique et franche, on en sera guéri. « Il ne faut que publier cette étrange maxime, pour vous ôter toute créance...2 ». « Je n'écris que pour découvrir vos des-