‹ La méthode des classiques françaisChapitre 9 sur 82 · DE5JARDINS. MÉTH. CL. FR · texte numérisé non relu

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matique de notre poète. Il suffit à présent d'avoir noté quelle place elle tient dans sa façon de se représenter la vie humaine; nul doute que sa façon de vivre ne s'en soit ressentie. Et l'on voit pourquoi Corneille passe pour un auteur de peu de tendresse : c'est qu'il a marqué à la tendresse sa place, fort grande, mais subordonnée. Il exprime avec candeur tout son sentiment dans une lettre à Saint-Évremond : « J'ai cru, jusqu'ici, que l'amour était une passion trop chargée de faiblesse pour être la dominante dans une pièce héroïque; j'aime qu'elle y serve d'ornement et non pas de corps, et que les grandes âmes ne la laissent agir qu'autant qu'elle est compatible avec de plus nobles impressions. Nos doucereux et nos enjoués sont de contraire avis1. » / Jusqu'ici nous n'avons vu dans Pierre Corneille rien qui justifie le nom de « grand » qu'on lui attribue — sauf peut-être sa parfaite bonhomie. Ce simple trait, en revanche, est la marque des artistes vraiment grands par l'âme, un Albert Durer, un Poussin, un Jean-Sébastien Bach. Leur originalité, loin qu'ils s'en soient donné le spectacle, parai! s'être empreinte dans leurs œuvres à leur insu. Corneille, de même, eut ses plus grandes audaces sans le vouloir, sans le savoir peut-être. Il sait bien qu il compose et écrit mieux que ses rivaux: il ne paraif

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