PATES
exposées précédemment. Voici en quoi elle consiste : Dans le cas type d'une fracture ouverte polyfragmentaire par balle de l’humérus au tiers moyen, on anesthésie le blessé (penthotal) pour procéder à l'épluchage et à l’esquillectomie du foyer. Ce temps étant achevé, on met en place un drain traversier perforé allant de l'orifice de sortie à l'orifice d'entrée du projectile -avec crins de raprochement. Puis on réduit sous écran la ou les fractures. Dernier temps : pose du plâtre.
On utilise des bandes plâtrées (7 à 9). Un aide maintient autant que faire se peut, la contention (celle-ci n'a pas besoin comme on pourrait le croire à première vue d'être parfaite; il suffit d'être très approchant). On enroule alors les bandes plâtrées en commençant par le haut. On plâtre ainsi le bras, le coude et l’avant-bras en prenant la main et en laissant les doigts et le pouce libres. Pendant le temps d'appareillage du bras, un aide exerce une traction sur l'avant-bras au pli du coude tandis qu'un seconde exerce une contre extension à l'aide d'une serviette roulée appliquée au creux axillaire; celle-ci a en outre l'avantage de protéger cette région délicate et de permettre Île moulage du plâtre à ce niveau.
Découpage des fenêtres : Les deux extrémités du drain bombent sous le plâtre au niveau des orifices d'entrée et de sortie du projectile. On découpe à ces endroits des fenêtres qui permettront la surveillance des plaies, l'ablation du drain et les soins. Le blessé doit être mobilisé aussi tôt que possible et rester le moins possible au lit où le poids n'agit plus. Pas
d'écharpe pour la marche, qui risquerait de diminuer le poids de l'appareil. On voit ici que le coude étant fixé, cette dernière condition peut être remplie. Îl n'en était évidemment pas de même dans les appareils qui laissaient le cou-
de libre.
Problèmes techniques et valeur de la méthode
A la lumière des travaux que nous avons cités, on voit que la méthode du plâtre pendant pose un certain nombre de problèmes.
échoue du plâtre :
Plusieurs techniques nous ont été proposées pour la réalisation de l'appareil plâtré : il y a les partisans de la gouttière préparée à l'avance et fixée par des bandes plâtrées et les partisans du plâtre circulaire par bandes plâtrées.
La première de ces techniques ne nous semble pas heureuse pour les raisons suivantes :
— difficulté de bien appliquer et de bien maintenir une attelle plâtrée, surtout en fixant la coude à angle droit.
— Je but qu'on se propose est de construire un plâtre lourd de traction plutôt qu'un appareil de contention.
: — Le matelassage d'un plâtre n'est pas indispensable s'il n y a pas de lésions cutanées et si le plâtre est correctement appliqué c'est-à-di-
Se VUE
re sans serrer. Par contre il peut, en retenant l'eau, empêcher le plâtre de prendre.
Il vaut donc mieux, à notre avis, utiliser des bandes de tarlatane préparées à l'avance, soigneusement plâtrées, de 12 cm environ de largeur. Elles seront trempées au fur et à mesure de leur emploi et enroulées sur le membre, non comme pour fixer un pansement mais comme un tapis que l'on déroule sur le sol.
En ce qui concerne les limites du plâtre
On peut, soit le faire remonter au tiers supérieur du bras, soit ainsi que le préconise M. Botreau-Roussel, le limiter au coude. Il est évident que l'on cherche, en faisant ainsi remonter le plâtre, à contenir le foyer de fracture. Mais d'autre part, la fracture étant supposée réduite, on a donné au coude un angle définitif que l'on ne peut plus modifier.
M. Botreau-Roussel a été amené à supprimer complètement le segment brachial du plâtre américain à cause des fractures ouvertes. C'est en effet une avantage très appréciable que de pouvoir aisément réaliser l'épluchage du foyer de fracture sans avoir à manipuler un appareil à ce niveau après l'intervention et au moment des pansements ultérieurs .
Voici ce qu'écrit M. Botreau-Roussel à ce sujet :
«- L'expérience m'a prouvé que, tout au moins pendant la phase de réduction des quarante-huit premières heures, il y a intérêt à ne plâtrer que l'avant-bras. Certes du point de vue théorique cela peut paraître choquant. Si parfaite que soit la réduction en position debout, le